PARIS,
29 jan 2006 (AFP) – La flanelle impose sa douceur grise chez Yves Saint
Laurent, les fleurs valsent avec les rayures chez Paul Smith et le
reptile se glisse entre les pièces blanches, noires ou argentées chez
Ann Demeulemeester, au troisième jour des défilés de prêt-à-porter
masculin pour l’hiver.
![]() Présentation d’une création signée Yves Saint Laurent, le 29 janvier 2006 à Paris – Photo : Olivier Laban-Mattei/AFP |
Stefano Pilati chez Saint Laurent signe d’amples manteaux gris
perle à grandes poches, anthracite doublé de fourrure, autruche crème
avec un grand col de fourrure, d’autres ceinturés, aux discrets
carreaux gris.
Les vestes cultivent la même allure souple et
élégante optant pour des carreaux ou des rayures discrètes sur fond
gris, du gris chiné, parfois des nuances crème, avec une pochette
blanche, un foulard de soie tombant d’une poche, une grande écharpe de
laine. Elles accompagnent des pantalons de flanelle ou de tweed,
éventuellement à revers.
Pour le Britannique Paul Smith, qui
avait recréé sous la verrière de l’école des Beaux-arts un intérieur
anglais où ne manquaient ni les fauteuils clubs, ni le service à thé ou
la carafe de whisky, la grisaille de l’hiver s’oublie une nouvelle fois
dans les rayures et les fleurs qui se conjuguent sur les chemises et
les gilets.
![]() Présentation d’une création par le britannique Paul Smith, le 29 janvier 2006 à Paris – Photo : François Guillot/AFP |
De la chemise à la cravate en passant par le gilet, les rayures se
télescopent. Les chemises et les vestes s’ornent de broderies —
arabesques, motifs géométriques indiens, scènes de chasse. La
lavallière noire chasse parfois la cravate qui n’hésite pas à briller
dans des nuances dorées, argentées ou lilas.
De son côté, Ann Demeulemeester joue avec le blanc et le noir, le lamé argent, de délicats imprimés reptile.
Un
pantalon droit lamé argent s’accompagne d’une veste grise, une veste
imprimé phython cache une chemise noire ourlée de blanc ou se porte
avec un pantalon noir dont la ceinture argentée dépasse à l’arrière.
Une chemise à rayures et jabot se glisse dans un pantalon imprimé
reptile et s’accompagne d’une veste de velours bleu nuit ceinturée
ouverte.
Une veste de velours noir arbore des poches béantes,
laissant apparaître une doublure crème, comme en contrepoint au revers
crème du col. Une autre, argent avec des boutons noirs, se porte
ceinturée sur un pantalon blanc.
Les hommes se coiffent de
chapeaux melon noirs, de bérets ou s’enveloppent dans de gros pulls
dont les capuchons tombent sur la poitrine.
Un grand manteau
duveteux noir suscite des applaudissements de même que la rockeuse
new-yorkaise Patti Smith qui fait un tour de piste à la fin du défilé,
une clarinette à la main.
Le Hollandais Jeroen Van Tuyl, dont
c’était le premier défilé à Paris, signe un vestiaire au classicisme
atténué par des allusions aux années 80.
La pochette d’un strict
costume gris se transforme ainsi en poche à soufflet, ou bien le
costume s’ouvre sur un pull noir au profond décolleté en V V. Une
cravate pailletée brille sur une chemise rouge, de longues écharpes
s’ornent aux extrémités de petis cubes argentés brillants. L’homme ne
porte qu’un seul gant, en paillettes argentées, de grandes lunettes
teintées, éventuellement un bijou argenté autour du cou.
Il aime
les gilets lie de vin dissimulant partiellement une chemise rayée noire
et rose à empiècements blancs, ou une cravate lie de vin sur une
chemise rouge glissée dans un pantalon corail.



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