Prêt-à-porter masculin : du plus strict au plus déjanté

PARIS,
1 fév 2006 (AFP) – L’homme de l’hiver 2006 sera forcément élégant, avec
une silhouette souvent étroite, qu’il soit fidèle aux grandes maisons à
l’identité réaffirmée, ou qu’il confie son allure aux créateurs,
peut-on résumer à l’issue des collections de prêt-à-porter masculin de
Paris (27 au 31 janvier).


Défilé Givenchy – Photo : Olivier Laban-Mattei/AFP

Les frontières se brouillent entre le soir et le jour, le
sportswear et les tenues plus formelles, voire entre le masculin et le
féminin, comme chez Jean-Paul Gaultier ou Véronique Branquinho.

La
palette des couleurs reste restreinte, à dominante de noir et de
nuances automnales de gris, beige et marron, à l’exception notamment du
Japonais Naoki Takizawa qui signe une garde-robe éclatante de couleurs
pour Issey Miyake, avec beaucoup de violet, de rouge, de brique et des
rayures multicolores.

Le noir règne en maître chez Thierry Mugler
tandis qu’Ozwald Boateng chez Givenchy privilégie le vert bouteille, et
que Paul Smith reste fidèle à ses mélanges de rayures et de fleurs.

Des
imprimés "peau de bête" ou des fourrures, vraies ou fausses, apportent
une touche de fantaisie ou de sensualité dans les vestiaires plus
austères.

Chez la Belge Ann Demeulemeester, une veste imprimée
python cache une chemise noire ourlée de blanc, une chemise rayée à
jabot se glisse dans un pantalon imprimé reptile.

Encore du
python chez son compatriote Dries Van Noten, pour un pantalon et même
un costume entier, et des imprimés léopard sur une écharpe de fourrure,
une chemise, un imperméable…

Chez Emanuel Ungaro, José Lévy décline avec flamboyance le thème du tigre, avec des chemises ou des vestes tigrées.

Chez
Thierry Mugler, les vestes noires accueillent des applications de
fourrure gansée de cuir verni, le poulain d’un costume a des allures de
crocodile, une veste noire est découpée dans une peau de chameau, une
autre se pare de faux singe.

Dans l’ensemble, notamment chez
Francesco Smalto et Dormeuil, le costume traditionnel reste très
présent avec des vestes plus ajustées, aux épaules plus marquées.
Stefano Pilati, qui propose pour Saint Laurent d’amples manteaux de
flanelle souple, fait figure d’exception.

Chez Hermès, Véronique
Nichanian propose un vestiaire somptueux où l’homme est fidèle aux
matières nobles et précieuses –flanelle de cachemire, twill de soie,
crocodile– pour une garde-robe déclinée dans des nuances de gris et de
rouge.

L’homme Vuitton est un citadin chic. Chez Lanvin, il est
en outre décontracté, le cachemire et le noeud papillon omniprésent se
portant avec des baskets et un petit bonnet de laine.

Jean Paul
Gaultier brouille les repères masculin/féminin, en proposant également
aux femmes sa collection de prêt-à-porter masculin, rebaptisée
Gaultier³. Hommes et femmes se partagent une garde-robe composée de
trenchs, cabans, costumes, kilts, pantalon-jupes ou duffle-coats,
accessoirisée selon le sexe.

Plus éloignés du prêt-à-porter, Hedi Slimane pour Dior et John Galliano font preuve d’une créativité remarquée.


Présentation d’une création par Hedi Slimane pour Dior, le 31 janvier 2006 à Paris – Photo : François Guillot/AFP

Hedi Slimane signe une série de déconstructions/reconstructions de
la veste et du frac à l’élégance absolue et hors du temps, ainsi qu’une
longue cape noire ou un spectaculaire manteau de renard.

John
Galliano met en scène des hommes propulsés dans un univers plein de
bruit et de fureur. Ils portent de longs manteaux noirs, des crucifix,
des bottes, des vestes grises, un pull troué, des tee-shirts avec
l’inscription "Galliano Lone Wolf" (Galliano loup solitaire). Ils se
coiffent de chapeaux noirs, de casques dont il ne reste que le rebord,
ou même d’un bonnet mi-phrygien mi-lutin.

Par Dominique SCHROEDER

Laisser un commentaire