Est aujourd’hui légitime celui qui a décidé de l’être

Johnny Hallyday
vient de monter une société de diffusion de vins avec un
producteur de
coteau-du-languedoc. Ce vin d’assemblage, vendu à la
marque Johnny
Hallyday, coûtera 10 euros la bouteille. Longtemps,
les vedettes,
désormais appelées “people”, se contentaient d’accoler
leurs noms à des
produits supposés être proches de leurs univers.
Les voilà,
aujourd’hui, tentées de transformer leurs noms en marques.
Johnny ne
recommande pas un vin ou de boire du vin, il est le vin.
In vino
humanus. 

N’insistons pas sur sa légitimité, cela fait bien longtemps que plus personne
ne se pose cette question. Est aujourd’hui légitime celui qui a décidé
de l’être
.

Interrogeons-nous plutôt sur les motivations des acheteurs potentiels
d’un
vin “Johnny”. Parmi eux, il faudra certes compter avec les membres
de son
fan-club. Même s’ils sont nombreux, le sont-ils assez pour
constituer un
marché ? Pas sûr. Un autre type de consommateur est à
prendre en compte
: celui qui apprécie les achats “gags”, les
“collectors” et autres curiosités de
linéaires qu’il envisage comme
autant de signes qui, demain, témoigneront
de son originalité. Pour
lui, peu importe le produit, l’essentiel est dans ce
qu’il en restera. Le produit n’est pas qu’une fonction, il est aussi
un signe
. J’ai consommé, donc j’ai été. 

à suivre


Nicolas Chomette

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