Une nouvelle façon d’habiter le
Monde s’est développée : elle est essentiellement
informée par la
mobilité spatiale de biens matériels, d’informations ou de personnes.
Ce développement d’une mobilité spatiale accrue concerne le fondement
de
l’être-ensemble, de l’économie, des pratiques individuelles, du
politique ainsi
que la solution de différents problèmes posés aux
sociétés humaines.
Quelques chiffres, livrés en vrac et dans un
arbitraire total, donnent une idée de
l’ampleur de ce phénomène. Ils
ont pour but de montrer la variété des domaines
affectés par la
mobilité. 715 millions de « touristes internationaux »
dans le monde en
20021, 14 300 kilomètres parcourus par an par chaque
« Français »2, 12% des « Français » déménagent chaque année3, 25% des
Français ont un lieu variable de travail créant ainsi une mobilité de travail4,
en Suisse, 11% des ménages (environ 340 000) (Bfs, 2004) disposent d’une
« résidence secondaire »5, en Allemagne, le temps moyen consacré à la
mobilité quotidienne est de quatre-vingt minutes par jour (Destatis, 2004).
La mobilité participe donc d’un
processus d’individualisation, c’est-à-dire
d’autonomie par rapport aux
autres membres de la société. Le modèle de
l’habiter poly-topique
pourrait donc correspondre à la formule suivante de
l’individualisation
géographique : s’impliquer ailleurs, se distancier chez
soi (cf. Figure).
Figure : Les modèles des modes d’habiter mono-topique et d’habiter
multi-topique.

Les points rouges indiquent les lieux familiers, les points jaunes les
lieux non
familiers : ce modèle graphique signifie que les lieux proches ne sont plus
nécessairement ceux qui sont les mieux connus et les plus familiers.
On
voit notamment dans ce modèle que les lieux familiers peuvent être
situés à
des distances plus grandes que le rayon marquant la limite de
l’espace de proximité.

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