pourquoi tu cours ?


Dans la vie, c’est le bonheur, que veulent tous les
hommes;
mais lorsqu’il s’agit de voir nettement en quoi consiste ce qui peut
réaliser la vie heureuse, ils ont un nuage devant les yeux. Non certes,
il n’est pas facile de parvenir à la vie heureuse; car chacun s’en
éloigne d’autant plus, qu’il court plus rapidement après elle, s’il a
manqué le chemin : quand le chemin conduit en sens contraire, la
vitesse même augmente la distance. Il faut donc, avant tout, déterminer quel est pour nous l’objet à rechercher; ensuite, regarder de tous
côtés par où nous pourrons y tendre avec le plus de célérité. Ce sera
sur la route même, pourvu qu’elle soit droite, que nous saurons de
combien chaque jour on avance, et de combien nous aurons approché de ce
but, vers lequel nous pousse un désir propre à notre nature. Tant que
nous errons çà et là, en suivant non pas un guide, mais un bruit confus
et des cris discordants qui nous appellent vers différents points, la
vie s’use en égarements, cette vie qui est courte, et qui le serait
lors même que jour et nuit nous travaillerions pour le bien-être de
l’esprit. D’après cela, qu’il soit décidé où nous allons et par où nous
passerons, non sans l’assistance de quelque homme habile qui ait
exploré les lieux vers lesquels nous marchons;
car il n’en est pas de
ce voyage comme des autres : dans ces derniers, un sentier que l’on a
pris et les gens du pays, à qui l’on demande le chemin, ne permettent
pas que l’on s’égare; mais ici le chemin le plus battu, et le plus
fréquenté, est celui qui trompe le plus.
Rien donc n’est plus important pour nous, que de ne pas suivre, à la
manière du bétail, la tête du troupeau, en passant, non par où il faut
aller, mais par où l’on va. De la vie bienheureuse Sénèque

pourquoitucours est un collectif de planneurs stratégiques. (clic pour acceder au site)

Une réponse à « pourquoi tu cours ? »

  1. Avatar de De Cosse Brissac Eglantine
    De Cosse Brissac Eglantine

    Je fuis, tu fuis, nous fuyons… Qui aujourd’hui ne court pas, ignorant après quoi, sans savoir où, mais toujours plus vite dans une société érigeant la mobilité en culte et fustigeant l’archaïsme de ceux qui rechignent à sacrifier aveuglément ce qui est au nom de ce qui sera. Difficile de ne pas suivre le mouvement. Difficile de ne pas déposer sur la rive croyances et espoirs, de ne pas plonger dans le fleuve, oubliant ses rives et laissant se noyer toute soif d’absolu.
    Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d’entendre la petite phrase qui, à elle seule peut faire basculer une vie : « Où cours-tu ? » Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier. Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-mêrne est celle de chacun de nous.  » Où cours-tu ?  » Si tu contraire nous faisions halte – ou volte-face – alors se révélerait l’inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous
    ou cours tu …le ciel est en toi
    christiane singer

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