Open suggère Orange dans sa
nouvelle communication et Transparence prétend Leclerc. Les entreprises
ne peuvent plus être envahissantes et omniprésentes, mais
facilitatrices et modestes. Le pouvoir de l’information a changé de
camp et les entreprises doivent s’adapter à ce nouveau paradigme.
« Il faut tout faire apparaître » prétend Michel-Edouard Leclerc
avec le nouveau site lancé par les Centres Leclerc. Le distributeur
veut prouver que ses magasins offrent les prix les moins élevés et
renvoie au passé l’image traditionnelle du distributeur chez qui « tout
doit disparaître ». Serait-ce la fin de toute une civilisation
matérialiste fondée sur l’affichage de la possession. Jusqu’aux années
90, les distributeurs ne vendaient rien d’autres que des biens, puis
ils apprirent à vendre des voyages, des assurances et ils devinrent
même souvent banquiers. Mais cela ne pouvait suffire. Dorénavant le
distributeur se rend compte qu’il n’est rien d’autre que le
sélectionneur des meilleurs produits au meilleur prix pour ses clients.
Savoir devient la clé du commerce et surtout ne rien cacher qui
pourrait être retenu contre vous. Un livre sur l’histoire de Google a
justement pris le titre de « The Search » (Penguin Books, 2006) qui
pourrait être traduit par la recherche ou plus agressivement la Traque
. Rédigé par un des meilleurs connaisseurs de l’internet américain (le
rédacteur en chef du journal « The Wired ») cet ouvrage décrit le
nouveau paradigme découvert par Google : l’accès et la maîtrise de
l’information priment sur toute autre considération. Depuis Machiavel,
les pouvoirs savaient l’importance cruciale d’une maîtrise absolue de
l‘information. C’est maintenant aux individus de pouvoir partager ce
privilège.
Cette nouvelle règle scelle un contrat tacite entre le
consommateur et le distributeur. Ce dernier s’engage à faciliter la vie
du consommateur. Le meilleur produit au meilleur prix dans les
meilleures conditions d’éthique et de respect de l’environnement est
devenue la règle de la bonne distribution.
En échange, le consommateur
ne doit s’engager qu’à partager avec le distributeur une volonté
commune de transparence et d’honnêteté. C’est peu, mais le distributeur
sait qu’il ne peut demander plus à un consommateur qui a fini de rêver
devant un linéaire.
Cette nouvelle relation en marche devient possible
grâce à l’alliance d’une technologie avancée de partage de
l’information avec un niveau élevé d’éducation à la consommation. Un
consommateur éduqué n’est pas un individu diplômé mais un fin
connaisseur des arcanes de la consommation. Les marques sont
confrontées à de subtils décrypteurs.

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