Depuis quelques
mois, Givenchy propose ses trois parfums, Organza, Very Irresistible et
Amarige en versions millésimées, chacune élaborée à partir de fleurs
récoltées en 2005, année exceptionnelle si l’on en croit les
spécialistes. Jasmin d’Inde pour l’un, roses de Bulgarie pour l’autre
et mimosa du Var pour le troisième. Après les vins et les champagnes,
voici donc venu le temps des millésimes pour les parfums. Manière de
renouveler son discours de marque et de différencier ses produits en
les présentant comme des êtres “vivants”, Givenchy innove de manière simple et inattendue.
Ici, pas de packagings d’exception ou de communications tapageuses,
mais un discours sur les origines des ingrédients jamais encore entendu
dans l’univers de la beauté et pourtant si fréquent dans l’univers
alimentaire. A se demander pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps
pour le voir éclore. Sans doute parce que le marché du parfum s’est
longtemps développé naturellement, sans avoir besoin d’incitations
autres qu’un nom et un flacon. Sans doute aussi parce qu’il semblait
inenvisageable pour une marque de luxe d’être tentée de regarder
d’autres linéaires pour trouver l’inspiration. Les temps changent. La
grande consommation s’inspire bien du luxe, alors pourquoi pas
l’inverse ?
En revendiquant leur appartenance à une récolte, les parfums Givenchy
cessent de se présenter comme des produits industriels pour renouer
avec la tradition de l’artisanat. Ils gagnent une âme et nous content une histoire. Pas mal, non ?
Nicolas Chomette

Laisser un commentaire