publicitaire depuis 1968.
C’était un temps déraisonnable où la pub scandait «Lâchez les
chevaux» (de votre voiture Chrysler), décrétait que «Pour un
conducteur, l’eau peut être plus dangereuse que l’alcool» (ben oui,
les grosses flaques, c’est dangereux), quand elle ne poussait pas à
se taper une Kronenbourg à boire au choix «avec la langue», «avec les
oreilles» ou «avec le nez». C’était la fin des années 70. La loi Evin
n’avait pas encore été votée. La pub télé venait de naître (le 1er
octobre 1968 avec un spot pour Boursin). Enfin, on peut se replonger
avec délice dans cette époque florissante, quand, dans une totale
liberté, on pouvait vanter la vitesse de pointe d’une bagnole (quand
même 157 km/h pour la Simca de 1969), la picole, la fumette et les
confiseries qui font des bourrelets ( «Mars, un coup de barre et ça
repart» ). Un tout nouveau site (leclubdesad. org) vient en effet
d’être mis en ligne par le Club des directeurs artistiques (lui aussi
né en 1968), qui s’échine à promouvoir le meilleur de la création
publicitaire. En remettant chaque année des prix. Et maintenant en
offrant (c’est gratuit) une mémoire en forme de banque d’images à
cette chose si éphémère qu’est la pub.
«Pas une ride». Au total, quelque 75 000 images et spots. Rien que le
meilleur, dans lequel on peut se balader (par produits, par année,
par médias, agences, etc.). Evidemment, c’est un peu râpé si l’on
recherche désespérément des spots façon «Dans Banga, y a de l’eau».
Mais il est intéressant de voir à quel point chaque décennie a ses
tendances publicitaires, par exemple celle «des années 90, plus
sophistiquée et moins bavarde», comme le note le publicitaire Gabriel
Gaultier de l’agence Leg qui a oeuvré à la naissance de ce site.
«Mais on peut aussi retrouver des marques disparues, s’apercevoir que
des pubs, comme celles d’Eram, par exemple, n’ont pas pris une ride,
ou encore que des marques comme Kookaï n’ont pas varié d’un iota dans
leur façon de communiquer.»
olivier de kersaintgilly pourquoitucours

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