Pour 66% des Français, Nicolas Hulot est « la personnalité qui
représentera le mieux la défense de l’environnement au cours de la
prochaine campagne présidentielle ». C’est le résultat d’un sondage
publié hier par Le Journal du Dimanche (réalisé
par l’Ifop du 2 au 3 décembre 2006). Loin devant Dominique Voynet, la
candidate officielle des Verts, qui ne réunit que 14% des personnes
interrogées.
Il n’est pas ici question de mettre en cause la sincérité et le
talent de Nicolas Hulot. Il a su, avec Ushuaïa, sensibiliser le grand
public au futur de la Terre bien mieux que beaucoup de militants de la
cause écologique. Un peu à la manière d’un Yann Arthus-Bertrand. Il a
le sens – et ce n’est pas péjoratif -du spectacle, de la mise en scène,
de la dramatisation. Il n’a pas enfourché, comme nos écologistes
politiques, tous les combats de l’extrême gauche, au risque de se
marginaliser et d’oublier les fondamentaux de la défense de
l’environnement.
Cela dit, la montée en puissance de l’animateur de TF1 est,
à bien des égards, révélatrice de la dictature médiatico-sondagière. En
quelques mois, d’éditos en petites phrases, de réunions au sommet en
photos de unes, on a construit son personnage de candidat. Le sera-t-il
en définitive ? C’est une autre question. Dans tous les cas, le sondage
du JDD restera comme le dénouement d’un feuilleton, d’une
vraie série télévisuelle. Avec ses suspenses, ses rebondissements et
son happy end.
La même spirale, mais cette fois descendante, a broyé Dominique
Voynet. D’abord, une désignation par son camp qui lui a valu les
quolibets de tous les commentateurs. Puis des papiers sur le thème «
Dominique Voynet ne s’est pas fait une place dans la précampagne ».
Peut-être, justement, parce que les médias en question n’ont
d’attention que pour le couple Sarkozy-Royal… Mais, pour la candidate
verte, le mal est fait : elle est, d’une certaine manière, déjà hors
course, presque ringardisée. Il faut lui trouver un remplaçant. C’est
chose faite. Même si, bien sûr, on ne peut pas exclure un come-back.
Comme à la télé.
Dans cette affaire, il n’y a aucune « main invisible », aucun tireur
de ficelle, aucun grand ordonnateur. Simplement, une mécanique, une
logique. Celle que produit l’alliance médias/sondages quand elle s’applique à une élection où la personnalité du candidat finit par éclipser toute autre considération.
Faut-il se résigner ? Les médias ont besoin de nouveaux visages. Ils
carburent à la chair fraîche. Le phénomène des people – qui n’a rien à
voir avec les stars de jadis – en témoigne. Ils sont le quart d’heure
de notoriété à la Warhol. Jusqu’ici, le monde politique avait échappé à
cette dialectique. Mais, comme un Jacques Chirac, tout cela a pris un
coup de vieux. Vite, du neuf !

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