Semaine de la mode à Londres : le retour de Vivienne Westwood

Nature, peinture et visions du futur:
la semaine de la mode automne-hiver 2008 a débuté dimanche à Londres
avec des inspirations tous azimuts, mais le point d’orgue est prévu
jeudi soir avec le retour de la styliste britannique Vivienne Westwood
après neuf ans d’absence.

"Je voulais du toucher, de la texture,
des coupes, et un peu d’histoire", a expliqué à l’AFP le créateur
irlandais Paul Costelloe, coutumier de l’ouverture de la London fashion
week et qui a puisé dans l’univers de l’opéra et "le style des volumes
bruts des années 40 et 60" pour ses créations.

Un jeu de
construction au cordeau également présent chez Jean-Pierre Braganza qui
a créé de l’origami en tissus avec des silhouettes futuristes
hyper-structurées, des imbrications de matières et camaïeux de
couleurs, d’imposantes épaulettes ou encore des coupes toutes en
arrondis.

Au vu des premiers défilés, l’automne sera teinté de
rouille, chocolat, bleu pétrole et rehaussé de fuchsia et rouge
écarlate. Une palette qui convient à Biba qui a copié la nature pour
ses robes en cascades de pétales de soie, et les toiles de Gustav Klimt
et dessins fantastiques de Camille Rose Garcia pour ses broderies.

Près
de 60 stylistes figurent dans le programme officiel (contre 15 en 1994)
avec des créateurs ayant une résonance internationale comme Julien
McDonald, Paul Smith, Luella
ou Jasper Conran, mais également de
nouveaux talents comme Gareth Pugh, Giles ou Bora Aksu.

Mais le
sésame le plus recherché est celui de la collection Vivienne Westwood
Red Label
, prêt-à-porter féminin, présentée jeudi soir.

"Nous
sommes de retour à la demande générale. Les ventes de toutes nos lignes
augmentent et nous avons décidé que le Red Label, qui remporte un
succès mondial et qui est si populaire au Royaume-Uni, devrait avoir
son propre défilé", a déclaré Vivienne Westwood, 66 ans, dans un
communiqué.

Evénement dans l’événement: le mannequin vedette
britannique Kate Moss pourrait faire son retour sur un podium londonien
pour défiler pour la "Reine du punk" devenue grande dame de la mode
britannique après quatre décennies d’une créativité ponctuée de
scandales.

La styliste à la crinière flamboyante a débuté sa
carrière dans les années 1970 en habillant les Sex Pistols, groupe
phare de la génération punk, alors qu’elle fréquentait leur manager
Malcolm McLaren.

Autre défilé attendu, celui de Graeme Black
vendredi matin, dernier jour des présentations. Diplômé de l’université
d’Edimbourg en 1989, il a fait des croquis à Londres pour John Galliano
et Zandra Rhodes avant de partir en 1993 en Italie intégrer les rangs
des maisons Armani et plus récemment Ferragamo.

En 2005, il a
créé sa griffe, révélée jusqu’alors à Milan. Son inspiration actuelle
provient de "l’air frais et pur de ma jeunesse en Ecosse", a-t-il dit.

Cette édition devrait à nouveau être marquée par la polémique sur la santé des mannequins.

Un
rapport commandé par le British fashion council (BFC) a émis en
septembre 2007 des recommandations dont l’interdiction immédiate de
défiler aux jeunes filles de moins de 16 ans et l’obligation de
présenter un certificat médical de bonne santé dès septembre 2008.

Mais
alors que Londres parvenait petit à petit à trouver sa place au milieu
des grands rendez-vous de Paris, Milan et New York, les organisateurs
craignent que ces contrôles ne dissuadent stylistes et jeunes filles
d’y venir.

Selon la directrice générale du BFC Hilary Riva, les
agences de mannequins "ont averti que toute action unilatérale de la
London fashion week se traduira simplement par un refus des mannequins
de travailler à Londres qui est déjà la moins attractive
commercialement" des quatre Fashion week, a-t-elle écrit dans une
lettre ouverte.

Plus de 70% des mannequins qui défilent à Londres
arrivent de l’étranger, souvent quelques heures seulement avant de
monter sur les podiums.

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source : AFP

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