Vivre ensemble sans police: les limites du pyramidal. C’est un système dispendieux qui a besoin de ressources infinies. Le pyramidal n’est pas durable. La liste des griefs est si longue pour opmiser l’intellitive que nous devons exporer d’autres form

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Il existe me semble-t-il deux types
de pyramidal, qui s’influencent l’un l’autre, se provoquent l’un
l’autre, mais que je peux tenter de dissocier pour faciliter la
discussion.

Le pyramidal structurel

Les grandes entreprises ou les gouvernements sont structurés
hiérarchiquement pour des raisons d’efficacité. Il faut savoir qui fait
quoi, qui est responsable de quoi, qui reporte à qui…

Selon Shirky, les organigrammes seraient apparus en 1855 sous l’impulsion de David McCallum, un manager de la New York & Erie Railroad.
C’est risible. Les Américains auraient tout inventé. Les Égyptiens
n’ont pas eu besoin de la théorie pour passer à la pratique lorsqu’ils
construisirent les pyramides. Quand on veut qu’une chose soit faite,
surtout lorsqu’elle est de vaste ampleur, les hommes recourent depuis
longtemps au pyramidal.

Ils ne choisissent pas cette solution parce qu’elle est la meilleure
dans l’absolu mais parce qu’ils savent qu’elle fonctionne et que les
hommes se prêtent au jeu.

Si d’autres méthodes d’organisation apparaissent, si elles font leur
preuve, elles concurrenceront le pyramidal structurel qui peu à peu
devrait être délaissé. Personne ne se battra pour le défendre.

Le pyramidal autoritaire

Un autre pyramidal, beaucoup plus indicible, imprègne toute la
société. Nous supposons, presque tous, que, pour régler les situations
de groupe, nous avons besoin d’une autorité supérieure. C’est devenu
une position idéologique, souvent inconsciente, souvent même
spirituelle, pour laquelle en revanche des gens sont prêts à mourir.

Comment en sommes-nous arriver là ? Moins en détail que Buchanan, Shirky évoque la Tragedy of the Commons de Garrett Harding.

Si des bergers peuvent amener leurs bêtes sur un champ communal,
c’est le berger qui viendra le matin et laissera ses bêtes le plus
longtemps se nourrir qui empochera plus d’argent lorsqu’il vendra ses
bêtes.

En théorie, les bergers peuvent se mettre d’accord pour se partager
équitablement le champ mais qui les oblige à respecter leur promesse ?
Rien. Ils ont alors tendance à épuiser le champ et à détruire le bien
commun.

Pour empêcher cette gabegie, nous avons déduit la nécessité d’une
autorité supérieure. Nous avons choisi de vivre dans une société
policée… Et comme la police elle-même exige une police, les couches
hiérarchiques se sont peu à peu accumulées.

Dans un même temps, nous devenions de plus en plus nombreux, nous
vivions dans une société de plus en plus complexe, la tendance au
pyramidal autoritaire se coupla alors avec la tendance au pyramidal
structurel. Nous avons fini par croire qu’il n’y avait plus d’autres
façons de vivre. Le système s’est verrouillé sur lui-même, les
puissants finançant la dette des pauvres pour stabiliser les couches
hiérarchiques.

D’autres mondes

Côté structure, le pyramidal n’est qu’un mode possible, d’ailleurs
assez peu utilisé dans la nature. Nous découvrons aujourd’hui,
notamment grâce au net, les vertus de l’auto-organisation.

Côté autorité, contrairement à ce que laisse entendre Shirky, nous découvrons aussi des pistes pour nous extraire de la Tragedy of the Commons.
Elles n’ont pas été mises en œuvre mais elles existent. Nous ne pouvons
plus dire que la seule façon de régler les problèmes de vivre ensemble,
c’est par une forme ou une autre d’autorité.

Je suis conscient que nous allons devoir travailler sur ce sujet et
faire des expériences. J’entrevois une solution que Shirky m’a aidé à
clarifier. Il évoque trois modes d’action collective et tente de faire
le point sur notre situation.

  1. Partager. À l’aide d’une plateforme, en l’absence
    d’une autorité organisatrice, nous savons partager des photos, des
    vidéos, des news, des expériences… Il a été facile de passer à
    l’auto-organisation dans ce domaine parce que les organisations ne s’y
    sont jamais intéressées à cause des coûts de gestion.
  2. Créer. À l’aide d’une plateforme, en l’absence
    d’une autorité organisatrice, nous commençons à créer des œuvres
    collectives : wikipedia, le logiciel libre, les semences libres… Les
    organisations classiques et auto-organisées entrent peu à peu en
    compétitions.
  3. Vivre ensemble. Dans ce domaine, les structures
    pyramidales ont encore la main. Shirky dit ne pas voir d’avancées dans
    ce domaine, je suis moins pessimiste. La gestion de la crise de l’eau en Inde est un début de solution pratique de la de la Tragedy of the Commons.

N’existe-t-il pas dès à présent une astuce pour imaginer une
nouvelle façon de vivre ensemble ? Une façon qui règle la Tragedy of
the Commons sans le recours au pyramidal ?

Ma femme m’a suggéré une piste : et si on essayait de se placer dans
le cas « créer » ensemble ? Les bergers ne partagent plus un prè mais
les revenus de la crémerie du village à laquelle ils amènent leur lait.
Le bien commun source de discorde est devenu un élément d’une œuvre
collective. En conséquence, comme nous savons qu’il est possible de
créer collectivement sans autorité supérieure, il est aussi possible de
vivre ensemble sans autorité supérieure.

Cette intuition n’est pas une démonstration. Je suis bien loin d’une
systématisation. D’ailleurs, elle n’aurait aucun sens. Il faut encore
une fois essayer et résoudre les problèmes uns à uns.

Si l’industrie du logiciel libre y parvient, d’autres industries y
parviendront, la société y parviendra. Quand ? C’est une autre question.

http://video.google.com/googleplayer.swf?docid=4239550001256540398&hl=fr&fs=true <a href="http://vtsc.info/en/publication/">optical communications</a>

Grâce à Phyrezo, je viens d’écouter cette conférence de Jean-François Noubel.

Si Noubel et moi nous intéressons à l’intelligence collective, nous
l’abordons par des perspectives diamétralement opposées et j’espère
complémentaires.

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