« Le stade, c’est un des rares endroits où l’on peut encore manifester publiquement »

Pour Williams
Nuytens, sociologue spécialisé dans les comportements des supporters à
l’université d’Artois, il faut "refroidir" le débat entourant les
sifflets qui ont accompagné la Marseillaise, mardi au Stade de France,
et ne pas y voir systématiquement une dimension politique.

Comment interprétez-vous les sifflets entendus au moment de l’hymne national avant le match entre la France et la Tunisie ?

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD(‘x40’)} else {OAS_AD(‘Middle’)}
   

         

    
      Des supporters de l'équipe tunisienne, le 14 octobre au Stade de France.
    

   

   
   
   

init_boite_meme_sujet = function()
{
if ( « undefined » != typeof MIA && « undefined » != typeof MIA.Ensemble && (« undefined » == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) )
{
var ensemble_id_defaut = 1107057;
var hash_url = window.location.hash;
var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/;
var ensemble_id_url = hash_url.replace(re, « $2 »);
if ( ensemble_id_url && ensemble_id_url != hash_url )
MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url
else
if ( ensemble_id_defaut )
MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_defaut
if ( «  » != «  » )
{
MIA.Ensemble.titreBoite = «  »;
}
MIA.Ensemble.initEventLoaded = true;
MIA.Ensemble.formaliseBoiteMemeSujet();
}
}
if ( (pave=document.getElementById(‘pave_meme_sujet_hidden’)) ) pave.style.display = ‘none’;
if(window.addEventListener )
window.addEventListener(‘load’, init_boite_meme_sujet, false);
else
window.attachEvent(‘onload’, init_boite_meme_sujet);

Williams Nuytens
: "La première chose, c’est qu’il faut certainement distinguer
plusieurs catégories d’auteurs. Selon qu’ils sont des supporters
français, français d’origine nord-africaine ou tunisiens, le sens des
sifflets n’est pas du tout le même. Ensuite, c’est également différent
si c’est lié à des groupes de supporters, qui ont une stratégie et des
raisons bien arrêtées, ou si ce sont des actes isolés qui ont pris une
tournure collective dans le stade.

Et ensuite, en fonction de ces catégories, quelles conclusions peut-on tirer ?

On
ne peut faire que des suppositions. Il est possible que certains
sifflent en raison de la
manière dont sont gérés les problèmes qui entourent l’équipe
de France de football. Ensuite, le fait qu’on siffle la Marseillaise
peut également être l’illustration qu’une partie
de la population ne croit plus au capital symbolique que dégage
l’hymne. Ces sifflets sont plus choquants parce que c’est dans un
espace public, que c’est médiatisé, mais ça
ne me choque pas plus, par exemple, que de manquer de respect à un
porteur
d’institution que peut être par exemple un instituteur.

Peut-on voir une dimension politique dans ces sifflets ?

Il
y a tout de suite eu la fabrication d’une dimension politique liée à
l’intégration de certaines
communautés. Personnellement, je trouve ça ridicule. Si le problème se
pose, plutôt que de s’insurger, cherchons à savoir pourquoi ils ont
parfois ces attitudes. N’oublions pas les supporters français qui
sifflent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la Marseillaise et
sa
représentation nationale, mais à cause de l’association qu’ils font
entre la Marseillaise et l’équipe de France. La première interprétation
doit se détacher un peu de la polémique et la refroidir. Je reste
persuadé que si c’est une autre équipe nationale, qui n’est pas
nord-africaine, et qu’il y a des sifflets dans le stade, on ne
polémique pas avec la même ampleur. C’est comme la banderole du PSG
présentée au peuple du Nord. Beaucoup se sont
insurgés, mais c’est une pratique très courante chez les supporters de
jouer la provocation par l’intermédiaire des banderoles. Si cette
banderole n’avait pas été présentée au moment où il y avait une sorte
d’adoration pour la culture nordiste, ça n’aurait pas eu le même
retentissement. C’est toujours une affaire de contextualisation.

Certains sifflets peuvent donc être dénués de tout fondement ?

Il
y a forcément une dimension récréative, de sociabilité festive. Je suis
convaincu que certaines gens sifflent parce que c’est l’occasion de
s’amuser, qu’il y a un jeu. Les supporters sont beaucoup dans une
dialectique de la provocation, du jeu, de "l’intox". Mais ensuite, on
fait immédiatement un amalgame et l’on donne tout de suite une
dimension politique à ces sifflets sans même savoir si c’est
effectivement le cas.

A quel point le phénomène de groupe joue-t-il dans ce type de comportements ?

Gustave
Le Bon, quand il parlait au XIXe siècle de la psychologie des foules,
disait qu’une fois qu’on est dans la foule, la conscience individuelle
s’efface pour fabriquer une conscience collective. Il y a
incontestablement un phénomène de masse. Je siffle l’hymne national,
mon voisin siffle mon attitude. Vu de l’extérieur, les deux personnes
sifflent pour la même raison, il se produit à chaud un amalgame, un
traitement de toutes les attitudes de façon homogène.

Propos recueillis par Alexandre Roos / le monde

Posté sur : le vide poches / marketing 
Posté par : jérémy dumont

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