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Pascal Henry et Paul Bocuse dans le restaurant de ce dernier. © PAUL BOCUSE/EPA.
Depuis
toujours, Pascal Henry, 46 ans, coursier à moto, à Genève, nourrissait
un rêve un peu fou : soixante-huit jours pour dîner dans les
soixante-huit plus grands restaurants du monde, notés trois étoiles
dans le célèbre guide Michelin. Le circuit de 40.000 km, qui devait
emmener Pascal Henry aux quatre coins du monde, avait débuté le 5 mai
chez Paul Bocuse, en France, et il devait se terminer le 11 juillet au
Plaza Athénée, à Paris.
Mais le 12 juin, alors qu’il venait de
terminer son quarantième gueuleton à El Bulli, chez Ferran Adria, le
gourou espagnol de la cuisine moléculaire, le gastronome suisse a
disparu. Il ne réapparut que trois semaines plus tard, à Genève. Retour
sur l’itinéraire d’un mangeur compulsif.
Lors de sa première
étape, à l’Auberge du Pont des Collonges, Pascal Henry décrit son
projet à Paul Bocuse. Enchanté, le grand chef français lui propose de
le parrainer. Il lui avait même offert un cahier, dans lequel tous les
chefs devaient écrire le menu servi à leur hôte et y signer un
autographe. Pascal Henry avait également confié son programme au Suisse
Jacques Perrin, grand spécialiste en vins, afin que ce dernier le mette
en ligne sur son blog (http://blog.cavesa.ch). Son programme était
serré : le mardi 6 mai, il dînait à Crissier, chez Philippe Rochat. Le
7, à Valence, chez Anne-Sophie Pic. Le 8, chez Georges Blanc, à Vonnas.
Le 9, au Pont de Brent, chez Gérard Rabaey.
Dès le début, il
confie ses coups de cœur à Paul Bocuse, par SMS. Il suit toujours le
même rituel : il dîne seul, choisit le menu dégustation, paie cash et
fait signer son carnet avant de reprendre la route vers l’étape
suivante. Malgré ses maigres revenus de coursier à moto, il n’a aucune
difficulté à payer les additions. À ceux qui lui font la remarque,
Henry répond qu’il a économisé des années pour réaliser son plus grand
rêve. Il avait mis près de deux ans pour réaliser son fantasme.
Le 12 juillet dernier, le gastronome helvète déguste des bouchées
préparées selon les principes de la cuisine « techno-émotionnelle »,
dans le restaurant « moléculaire » du chef espagnol Ferran Adria. Après
avoir discuté avec des journalistes présents dans l’établissement,
Pascal Henry indique qu’il va chercher une carte de visite dans sa
voiture. Il quitte la salle en laissant son livre d’or, quelques photos
et son chapeau. Et disparaît sans payer la note.
Ferran Adria
prévient la police et Jacques Perrin signale l’inquiétante disparition
sur son blog. Mais ce n’est que le 30 juillet, après une intervention
de Paul Bocuse sur TF1, qu’Interpol lance un avis de recherche.
Sur internet, les hypothèses, plus folles les unes que les autres, se bousculent : « Mauvaise rencontre ? Enlèvement ? Empoisonnement ? Panique ? »
En Espagne, les esprits s’échauffent, le grand chef catalan Santi
Santamaria reproche à son concurrent Ferran Adria, d’utiliser des
produits chimiques nocifs pour la clientèle (Le Soir du 1er août). En pleine guerre des chefs, les médias ibériques prennent parti.
Posté sur : levidepoches.fr/echange
Posté par : Loïc LAMY
source : Le soir

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