Portrait du consom’acteur

Ecommerce-360

crédit: accel6.mettre-put-idata.over-blog

Il faut en premier lieu en finir
avec les clichés anciens. “Le panorama est complexe, reconnaît Gilles
Lipovetsky, théoricien de l’hyper-modernité. Le consommateur n’est plus cet
être complètement aliéné par la marchandise, obsédé par la vitrine, subissant
de façon complètement passive le matraquage publicitaire. Aujourd’hui, il
s’informe, marchande, arbitre et compare en permanence.” Cet activisme qui
était auparavant le fait d’une infime minorité s’est déployé en grande largeur
grâce, en très grande partie, à la diffusion de l’usage d’Internet.
“L’accélération a eu lieu en 2002 avec l’arrivée de l’ADSL. Quasiment toutes
les catégories de Français, et plus seulement des jeunes, se sont alors
approprié l’outil dans des proportions élevées, supérieures à 70 % chez les
35-49 ans”, analyse Sophie Blanco de l’agence Média M.

Un changement majeur : s’il est
exagéré de dire qu’Internet a tout changé, il n’est pas besoin d’être un
technophile béat pour constater que le e-commerce a un effet radical, celui de
redonner la main aux acheteurs. “Neuf fois sur dix, l’achat sur un site est
motivé par la recherche de prix intéressants. Normal : en activant un moteur de
recherche, vous êtes sûr de trouver la meilleure offre commerciale”, analyse
Flavien Neuvy, responsable de l’observatoire du Cetelem. Or la crise du niveau
de vie pointée par les déclinologues – et souvent réelle pour les ménages qui
ont eu à subir la flambée des prix du logement, des transports et de
l’alimentation – a constitué le plus puissant des aiguillons pour aller surfer.
“Pour atténuer la dureté des temps, les ménages comptent de plus en plus sur
eux-mêmes et se débrouillent pour se fabriquer du pouvoir d’achat à revenu
égal”, analyse Michel Ladet, vice-président de Sociovision. Et Internet joue
ici un rôle en pleine expansion. Avec plus de 8 millions de fréquentations sur
son site, Pierre Kosciusko- Morizet, PDG cofondateur de priceminister.com,
confirme la tendance. “Le consommateur acceptant de moins en moins de subir le
rapport marchand affirme sa volonté de reprendre le pouvoir.” Sa méthode ?
Echanger des informations avec les gens qu’il juge bien plus crédibles que les
messages publicitaires : ses homologues consommateurs. D’où le succès
grandissant sur la Toile des sites de consommation, forums, blogs et autres
comparateurs de prix. Une stratégie mise au service quasi obsessionnel –
ludique autant qu’intéressée – de la quête du prix bas.

Une démarche qui n’est plus
depuis longtemps l’apanage exclusif des plus pauvres. “Tous radins ! Vive
l’achat malin” est devenu le cri de ralliement de la société française. Un vrai
consensus national autour de la fréquentation des hard-discounters, en passe de
devenir le (dernier ?) lieu de mixité sociale. Toutes catégories confondues,
les Français y réalisent désormais près de 15 % de leurs achats
alimentaires. 

Logolne 

Philippe Plassart

Posté par :  Loïc LAMY

Publié sur : levidepoches/planningstratégique
Source: Le nouvel économiste

Laisser un commentaire