Fin octobre, un
bouquetin intrépide a débarqué sur des milliers d’écrans. Il s’agit de
la version 8.10 de la distribution Linux Ubuntu, Intrepid Ibex en VO.
Hein ? Mais pourquoi donc Libération se met-il à parler de ce
genre de trucs obscurs qui ne concernent qu’une poignée
d’informaticiens barbus ? Sans doute parce que cette idée reçue n’a
plus de raison d’être. Linux, qui est un système d’exploitation au même
titre que Windows de Microsoft et OS X d’Apple, se tourne vers le grand
public et devient petit à petit très accessible. Récit d’une transition
pas si compliquée.
J - 17.Seize ans. Seize ans que j’utilise Windows. En tout cas
depuis mon premier PC, en 1992, qui tournait sur Windows 3.11. Pourquoi
en serait-il autrement pour ce nouveau portable ? Parce qu’aujourd’hui,
on a le choix. On peut juste se demander quel est le système qu’on va
utiliser. Juste se poser la question. Ce portable n’étant pas destiné à
faire tourner des jeux vidéo, un petit bilan des applications s’impose.
Internet ? J’utilise Firefox. Bureautique ? C’est Open Office. Vidéo ?
Un petit programme qui s’appelle VLC, etc. Ils fonctionnent sous
Windows, mais ce sont des logiciels libres. Et ils tournent
naturellement sous Linux, système libre par excellence. Et parce qu’il
est libre, Linux est gratuit. La réponse semble donc évidente. Mon
portable tournera donc avec Ubuntu, la version (on appelle ça une
«distribution») de Linux la plus accessible au néophyte.
Jour J. Je reçois (enfin !) la bête. Je l’allume. En guise de
bienvenue, pas de «Windows», mais un joli «Ubuntu». Déjà, ça semble
étrange. En introduction, il me demande juste de choisir un identifiant
et un mot de passe. Trois clics plus tard, je découvre l’interface.
Sobre, fonctionnelle. Un menu «applications» pour avoir accès aux
programmes. Un menu «raccourci» qui permet d’ouvrir l’explorateur de
fichiers avec des liens directs vers des répertoires «photos», «vidéo»,
«musique». Mon réseau Wi-fi est repéré. Je rentre la clé de sécurité,
et hop, c’est connecté. Presque trop simple.
J + 1. C’est pas tout ça, mais pour utiliser un ordinateur pour
autre chose que lampe d’appoint, il faut des logiciels. Un Windows tout
nu, à part jouer au démineur, ça ne sert pas à grand-chose. Le principe
même de la distribution, qui est une sorte de compilation de logiciels
de base, change tout. Chaque distribution de Linux (les autres
s’appellent Debian, Mandriva ou Fedora) est donc livrée avec sa propre
sélection. Pour Ubuntu, on retrouve donc, dès la première mise en
route, Firefox, OpenOffice, un logiciel de musique, un autre de vidéo,
un gestionnaire de photo, etc. Et un démineur !
J + 3. Linux, c’est sérieux, c’est austère, ça rigole pas. En
tout cas, c’est ce que je me disais. Mais là, depuis quelques heures,
je m’amuse à faire gigoter des fenêtres comme des Flamby, à les
regarder se consumer quand je les ferme, le tout dans une surcharge
d’effets visuels délirant. Je désactiverai ça : rigolo mais encombrant.
Il y a même le truc terrible qui s’appelle «le cube». Un coup de souris
bien placé, et zwing, l’espace de travail passe en 3D. Et on peut alors
changer de bureau. C’est un peu le truc que montre tout utilisateur de
Linux qui veut épater la galerie. Mais ça marche…
Crédit: nawer.freecontrib.org
source : Libération
Posté sur : levidepoches.fr/echange
Posté par : Loïc LAMY

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