On l’a vu, Nous pouvons créer une histoire qui va incarner le positionnement de la marque et surtout le rendre moins sec, le mettre dans une dynamique.
Renversons la perspective : Un des intérêts majeurs du storytelling appliqué au marketing est d’irriguer en sens les nombreuses expressions de la marque autant que de fidéliser ses consommateurs en proposant une continuité dans ses expressions ; par exemple le storytelling transformera un mailing de MD, une convention forces de vente ou encore un good will journalistes en séquences d’une histoire.
Certaines des plus belles histoires crées pour des marques sont ,à mon sens, celles que le Fooding, emmenés par l’imagination enflammée d’Alexandre Cammas, son fondateur, a su inventer pour les marques qu’il représente.
Pour le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) du cognac qui cherche à reconquérir une cible de trentenaires actifs (aujourd'hui, 6 % seulement des foyers français achètent du cognac au moins une fois par an alors que 42 % se procurent du whisky) il crée deux histoires, celles des bandistas et celles des bars clandestins, nichés à chaque fois dans des lieux incroyables.
Par exemple, pour les « bandistas », Le Fooding n’a pas mis en avant le cognac mais ses valeurs ( convivialité, aristocratie des idées et du style) et conçu une « matière » riche et appropriables, autant qu’un phénomène de société riche au cœur des trentenaires : le fantasme du travail en bande ou en réseau : nous avons tous des amis qui partagent nos centres d’intérêt et d’activité, avec lesquels nous travaillons ou nous rêverions de travailler . Ce fantasme a maintenant un nom : les bandistas, bandes à contenu culturel et créatif.
Pour transformer ce contenu en histoires relayée par la presse à cœur joie, Le Fooding a identifié toutes sortes de bandes (design, musique, hip-hop) mis à leur tête des égéries people et raconté l’histoire de chacune avec une floppée d’anecdotes. Puis Il a organisé des événements les mettant en scène (appropriation) et invité les consommateurs que nous sommes à rentrer dans l’histoire avec NOTRE bande (valorisation). Initiées en 2007, les bandistas poursuivent leur histoire en 2008.
Outre son succès et son caractère créatif, il est intéressant de voir la place de la marque dans ces histoires de Bandistas et de bars clandestins.
La marque devient le media de l’histoire au sens propre, c'est-à-dire le lieu où elle peut advenir : Au Baron, les bandes se retrouvent naturellement autour d’un Cognac. Chez Lapérouse où le Fooding réinvente les sociétés secrètes, le cognac est partie intégrante et support de l’histoire du Bar Clandé.
Il suffit de voir Jérôme Durand, le directeur marketing et communication du BNCI, prendre possession d’un des salons privés chez Lapérouse en compagnie de nombreux journalistes pour se convaincre qu’il ne s’agit pas d’une conférence de presse mais de la mise en scène d’un dîner secret. De même, ce sont les jeunes chefs qui racontent pour vous ce qui les fascine dans le cognac, sublimant le banal exercice imposé de la recette de cocktails. Enfin Catherine Robbe Grillet imagine des performances et des saynettes dans les autres cabinets privés, devant les yeux , souvent stupéfaits, des trends-setters. Là encore, le cognac « joue» dans la scène.
Au final :
1 – L’histoire devient le ferment qui sublime et donne du sens à toutes les expressions de la marque, laquelle enrichit son imaginaire des sagas « bandistas » et « bar Clandestins »
2 – La marque « joue » dans l’histoire qui s’est créée autour d’elle et réactive sa propre histoire (en l’occurrence la longue histoire entre le cognac et ces fumoirs confidentiels où l’histoire non autorisée et désobéissante s’écrivait).Ce faisant, elle sort de l’histoire anecdotique pour acquérir une portée universelle et une valeur mythique, au-delà des jugements , des tendances, de l’actualité.. .Or sortir de l’histoire pour rentrer dans la légende, comme le rappelle Terence Hill à Henri Fonda dans Mon Nom est Personne, est le destin d’une histoire réussie.
Ecrit par: Laurence Malençon
Posté par: Morgane Craye
Publié sur: levidepoches/communication
Pour plus d'information cliquez ci-après pour lire le rapport d'innovation "le Storytelling"
réalisé par les membres de courts circuits

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