La confiance de nos sociétés dans l’économie semble avoir quelque
peu disparu. Le politique tente de nous rassurer, mais les
licenciements secs et les manques de dividende donnent à l’hiver
sortant une impression d’été faussement indien. Un extrait du NY Times et de David Brooks auquel j’adhère, à propos de l’ère dans laquelle nous sommes entrés grâce / à cause de la crise :
“Dans ce nouveau corps de pensées, on obtient une
image très différente de la nature humaine. La raison n’est pas comme
un cavalier sur un cheval. A la place, l’esprt d’un individu contient
une panoplie d’instincts, stratégies, intuitions, mémoires et habitude
qui rivalisent pour la suprématie. Un processus largement inconscient,
irrégulier, idiosyncratique détermine lequel de ces joueurs internes
prend le contrôle de notre comportement à n’importe quel moment. Le
contexte – qui déclenche des manettes conduisant à des réponses- joue
un rôle prépondérant (…) Mais une économie est une société de confiance
et de fois (…) L’esprit économique des gens ne peut pas être manipulé
de façon aussi simpliste que les mécanistes keynésiens ne l’imaginent.
A l’heure actuelle, les niveaux de confiance économiques et politiques
vont dans des directions opposées. Politiquement, la mode est à
l’optimisme, mais en dépit des milliards dépensés et des milliards à
venir, et bien l’esprit économique se recroquville. Les penseurs
“mécanistes” de droit et de gauche se posent comme des empiristes
rigoureux. Mais l’empirisme basé sur une vision inexacte de la nature
humaine n’est qu’une prison.”
Si on découpe cette réflexion, plusieurs pistes ressemblent étrangement à ce qui se passe dans les médias sociaux :
- consécration de la modernité liquide : les citoyens/consommateurs ont de moins en moins de temps pour résoudre, prioriser et
choisir quelles solutions/produits sélectionner pour résoudre une
myriade de problèmes. L’esprit humain a donc trouvé en ligne un
formidable outil : aller au plus vite, identifier quels sont les carrefours de confiance leur permettant d’allouer un temps plus efficace à la réduction de leurs problèmes - Dieu n’est plus idéologique mais pragmatique : seul compte l’efficience. La confiance
n’est donc plus un élément d’attachement à une entité physique
reconnue, mais bien plutôt un construit fait de plusieurs influences,
consacrées par l’expérience des citoyens, qui, en la partageant, font
circuler la réputation comme nouvelle monnaie d’échange. L’empirisme
n’est plus déductif d’un courant de pensée (en clair : c’est bien beau
d’observer les agents d’une société, encore faut-il se libérer d’un
prisme d’analyse), d’une utopie, d’un canevas préétabli, mais bien inductif,
faisant remonter l’ensemble des conversations vers la construction de
grandes lignes, de catégorisations. On est là aussi proche de l’idée de
démocratie de la réputation présente dans les médias sociaux - Appel à la sagesse des foules ( The Wisdom of Crowds
) : il s’agit donc de s’appuyer sur ceux qui sont les entités réelles
de l’économie, à savoir les individus, et sur la somme de leurs
expertises, intuitions, et même contradictions. Je ne crois pas à une
autorégulation magique hors de tout contrôle institutionnel; par contre
je crois que ces leviers de contrôle ne doivent plus se faire au niveau
vertical mais bien au niveau horizontal, au milieu des flux de
réputation, par des instances élues. Je n’ai pas la science infuse, si
j’en lis plus, je l’écrirai par ici…
Pour aller plus loin :
- La démocratie de la réputation et Read Write Web
- Internet et démocratie sur le blog des talentueux Emmanuel et François
Et la remarquable présentation de Laurent François :
Auteur : Laurent François
Source : Citizen L
Crédits photo : campagne Diesel Liquid Space
Publié par : Nicolas Marronnier
Publié sur : le vide poches / planning stratégique

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