Crédits : Peter Michel
La démocratie communautaire
se traduit principalement par
l'itinérance communautaire et l'engagement communautaire.
L'itinérance communautaire
consiste à choisir de faire un bout de chemin avec différentes communautés
d'enjeux, et de voyager ainsi dans des ensembles communautaires ouverts. Cela
demande une certaine autonomie qui se cultive par la fréquentation de
communautés d'enjeux pertinentes pour l'évolution personnelle.
L'engagement communautaire
consiste à s'investir dans les enjeux communs selon ses propres possibilités et
besoins et à y prendre des initiatives et des responsabilités selon la
gouvernance démocratique de chacune.
La démocratie communautaire
et rendue possible par l'émergence de l'âge du Sens et des communautés de Sens
et par le laboratoire de la mutation de civilisation engagée avec internet et
les espaces virtuels.
La démocratie communautaire
repose sur les avancées théoriques et pratiques de l'Humanisme
Méthodologique.
Il affirme que toutes les
affaires humaines s'inscrivent dans des communautés d'enjeux et pour cela
doivent être gérées en commun.
Il considère qu'elles doivent
l'être dans le Sens du bien commun qui vise à l'exercice et au
développement de la liberté responsable des hommes et de leurs communautés
d'enjeux.
La « démocratie
communautaire » doit être située vis-à-vis des grandes doctrines du
passé en voie d'obsolescence.
Du communisme ou du socialisme
elle garde le Sens du bien commun et des valeurs communautaires. Elle refuse le
collectivisme radical, étatique et révolutionnaire ou l'indépendantisme libertaire,
anti-humanistes.
Du libéralisme ou du capitalisme
elle garde la foi en l'homme et aux entreprises humaines, qui contribuent à
l'intérêt communautaire. Elle refuse l'individualisme radical, égoïste ou
aveugle au bien commun, ou la loi des systèmes, anti-humanistes.
Ces deux logiques déviantes ont
submergé toute la pensée politique, économique et sociale des siècles
précédents.
Les deux principes fondateurs qui
en sont issus répondent à l'aspiration générale de Sens et de cohérence, de
liberté et de responsabilité que la période de crise a fait apparaître.
Elle intègre les aspirations de liberté
responsable comme enjeu d'accomplissement humain. Elle reconnaît l'égale
dignité des personnes humaines, différentes selon leurs origines et les
conditions de leur existence. Elle reconnaît la fraternité comme le
nécessaire partage des enjeux communautaires et des contributions personnelles
et collectives selon les capacités et vocations particulières de chacun.
La « Démocratie
Communautaire » n'est pas une synthèse mais un dépassement. Elle intégre
le meilleur des héritages mais aussi l'invention d'une réponse d'un autre âge,
celui qui émerge de la mutation de civilisation engagée.
Sur le plan philosophique
ce n'est ni un syncrétisme ni un relativisme mais une nouvelle cohérence de la
pensée pour l'action et l'accomplissement humain. Elle est compatible avec
toutes les religions mais en refuse les intégrismes et les dogmatismes purement
formels. Elle est laïque c'est-à-dire qu'elle reconnaît la liberté des
consciences et leur expression dans le
champ communautaire, dans le respect des conventions démocratiques.
Sur le plan politique,
elle pose la gouvernance démocratique comme principe et pratique, avec :
-
la démocratie élective pour désigner l'autorité
repère du Sens du bien commun. - la démocratie représentative pour représenter les
différentes facettes de la vie collective, les communautés et les acteurs
concernés pour établir les projets cohérents et appropriés. - la démocratie participative pour la définition et
la réalisation des actions communautaires par les populations et acteurs
concernés.
Sur le plan économique la
démocratie communautaire pose l'économie comme la production et l'échange de
biens et services au sein d'une communauté d'enjeu. Les valeurs économiques se
mesurent sur les échelles de valeurs caractérisant le Sens du bien commun et
ses valeurs de référence. Elle suppose des régulations communautaires, inta et
intercommunautaires
L' « économie
communautaire » prend en considération la différence entre les économies
de proximité dans l'espace relationnel direct, les économies de marché à toutes
les échelles des grandes communautés et d'ensembles communautaires, l'économie
monde qui demande une gouvernance du Sens du bien commun de la communauté
humaine.
Le « capitalisme
communautaire » est la concentration communautaire démocratique de
ressources pour entreprendre la production de biens et services à l'échelle de
l'économie et de la communauté de valeurs concernées (fonds communautaires,
intra et extra communautaires).
Sur le plan culturel,
chaque communauté est appelée à développer ses modes de vie selon sa culture et
à cultiver ses potentiels et ses talents selon une vocation propre, au service
de l'accomplissement des personnes et des groupes qui la constituent. Elle est
appelée à un développement approprié et donc durable, en cultivant les valeurs
qui expriment son Sens du bien commun.
La démocratie communautaire
s'appuie notament sur :
-
la socio performance comme critère d'évaluation et
méthode de développement des communautés d'enjeux. - les espaces virtuels d'activité comme médiations de
la constitution et du développement de nouvelles communautés d'enjeux
grâce notamment à de nouveaux usages d'internet. - les médias et métiers de médiation comme moyens de
consolidation intra communautaire ou de relations intercommunautaires. - la mondialisation qui est la généralisation des
mondes communautaires conjugués à toutes les échelles - le paradigme du Sens comme principe simultané de
connaissance, d'orientation et d'action et l'intégration des trois termes
Savoir, Vouloir, Pouvoir (S.V.P). - les méthodes de l'Ingénierie du Sens et des
cohérences humaines.
Les fondements de la
« Démocratie communautaire » sont enseignés et développés dans le
cadre de l'Université de prospective humaine.
Auteur : Roger Nifle
Source : journal.coherences.com
Publié par : Nicolas Marronnier
Publié sur : le vide poches

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