Tribune : Les réseaux sociaux, piliers de l’entreprise 2.0

Le facteur humain : l’entrée de la génération Y dans l’entreprise

Luc Bretones

Luc Bretones

Aujourd’hui, peut-être plus qu’avant encore, les entreprises évoluent sous l’effet du renouvellement des générations. Et celle qui entre depuis quelques années dans l’entreprise est la première à avoir grandi avec Internet. Un jeune de 25 ans embauché en 2009 avait 11 ans au tout début de l’usage d’Internet en France . Il est né au milieu des ordinateurs, des jeux sur console et a connu les premiers terminaux mobiles très jeune. Cette génération dite Y ou « digital native », qui a peur du chômage, semble moins encline à la révolte que Don Tapscott ne semble l’indiquer dans « grown-up digital ». Pourtant, elle amène avec elle de nouveaux modes de communication personnelle et de travail transposables au monde professionnel. Au-delà, elle modifie fondamentalement les modes de relation inter-personnelle et le rapport à la hiérarchie. 

Ainsi, les nouvelles générations, inspirées par les dirigeants des « success stories » entrepreneuriales ayant accompagné l’émergence du web, ont bouleversé les codes business. Le premier à être tombé peut paraître anecdotique car vestimentaire mais la relégation de la cravate au 20ème siècle industriel et à son informatique de DSI a été rapide. Plus détendus, ces jeunes sont également plus « ouverts », comme le montre l’étude comportementale « sociogeek.com » du chercheur Dominique Cardon . La distinction entre relations professionnelles et personnelles s’estompe, voire n’est plus un sujet. Une certaine partie de leur vie privée s’étale déjà largement sur Internet avec les usages des réseaux sociaux comme Facebook, comme pour leurs activités professionnelles. Les nouvelles technologies leur permettent d’être « always on » – toujours connectés – et potentiellement, dans une communication multi-interlocuteurs en temps réel permanente . Cette nouvelle possibilité estompe donc également la frontière des temps privés et professionnels puisque l’accès aux données et communications de l’entreprise n’est plus un problème de localisation. 

Par ailleurs, cette génération est née dans un monde de conversations « online » (chat, commentaires sur les blogs) où la critique fait partie intégrante du processus de consommation. Il semble donc naturel à chacun d’exprimer régulièrement sa satisfaction ou son mécontentement. Pourquoi ne pas répondre à ces interpellations une fois passé dans le giron d’une entreprise ? Et pourquoi d’ailleurs, ne pas commencer à écouter ces conversations pour déterminer son « employer of choice » – son employeur de prédilection ? 

L’entreprise 2.0 : les rôles et responsabilités évoluent

David Fayon

David Fayon

Humainement, l’entreprise devra mener une réflexion non seulement sur les actions possibles via les réseaux sociaux mais aussi sur l’organisation à mettre en place pour les gérer. C’est l’avènement de la fonction de « community manager », en charge des communautés virtuelles. Elle regroupe quatre facettes : représenter la communauté, évangéliser le marché, communiquer, écouter et analyser les billets publiés. 

La transversalité, le travail en mode projet et dématérialisé sont des basiques. Le leader, c’est avant tout le projet collectif, ses échéances, ses contraintes. La pression est moins hiérarchique qu’issue du groupe projet lui-même et de la réputation qu’on y obtient… ou qu’on y perd. Les objectifs sont définis et approuvés par le groupe et non plus par une minorité voire le seul leader. Les réunions n’ont plus d’impératif physique présentiel, mais de résultat. Deux membres d’un groupe projet pourront ainsi ne s’être jamais vus et pourtant avoir réalisé un travail remarquable. 

Cette culture des réseaux sociaux révolutionne donc la façon de travailler : connaissance à disposition de tous permettant au groupe de progresser, innovation permanente du processus. In fine, l’organisation centralisée de naguère laisse sa place à une organisation agile avec le décloisonnement des structures. Réseaux sociaux et outils du Web 2.0 jouent un rôle d’accélérateur dans ce processus. 

Dans un univers devenu complexe, où la sur-information abonde, la notion de concurrence vacille elle aussi sur ses bases historiques. La nouvelle génération sait que sa différenciation tient pour une bonne part à sa vitesse et sa capacité à rendre un produit ou un service le plus reconnu dans son domaine. 

Pour cela, la coopération et le partenariat deviennent des pré-requis à la réussite, ce qui explique le phénomène du crowdsourcing et l’intérêt pour les entreprises d’avoir des contacts avec leurs clients, prospects, partenaires, fournisseurs via les réseaux sociaux. Dans ce cadre, Facebook et Twitter peuvent permettre d’interagir au-delà du seul personnel de l’entreprise mais aussi de repérer des signaux faibles et de concevoir des solutions ensemble qui correspondent aux besoins présents ou émergents. Si j’associe les meilleurs acteurs dans leur domaine autour de mon projet, j’allie rapidité, pertinence et notoriété. De nouveaux modes de développement de projets dits « agiles » ont suivi ce besoin simple d’expression opérationnelle immédiate ou presque. Les tenants des méthodes informatiques historiques – type MERISE – ont brandi la menace hérétique, .., en vain. 

Mais alors, où cantonner les limites de l’entreprise sur la vie de l’individu et réciproquement ?
Comment protéger la confidentialité dans ces nouveaux écosystèmes élargis, sans pour autant brider la collaboration et l’innovation ? 

Ce sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre le 8 décembre prochain lors de la 14ème rencontre annuelle de l’Institut G9+ sur le thème de « l’Entreprise face aux réseaux sociaux ». 

Par Luc Bretones, représentant Institut G9+ et co-animateur Essec Business & Technologie et Centrale Marseille IT et David Fayon, auteur de "Web 2.0 et au-delà", Économica et co-auteur de "Facebook, Twitter et les autres…", Pearson, à paraître le 26 février 2010. 


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Source : jobetic.net

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