Le 7 décembre dernier Isaac Getz, professeur à l’ESCP, et Brian Carney, membre du conseil éditorial du Wall Street Journal Europe, donnaient une conférence rue de l’Université à Paris, pour illustrer la performance de trente entreprises dirigées par leurs employés. Un des exemples de réussite citait l’entreprise GORE, connue pour ses textiles isolant. Les chiffres peuvent impressionner avec une croissance annuelle de 15% et un chiffre d’affaires de $2md. Le slogan de Gore: « Make money and have fun! » Durant une heure, Isaac & Brian ont déroulé leur spectacle bien huilé pour que l’audience garde la bouche en rond et se précipite sur le livre avec la dédicace offerte en bonus.
Comme vous le devinez, je suis resté moins enthousiaste car le concept de gestion des entreprises par les employés n’est pas nouveau. La théorie remonte au XIXe siècle. Les Espagnols et les Argentins l’ont pratiqué avant que des expériences d’auto-gestion apparaissent dans les années 50 en France. Je pense que l’auto-gestion pose une vraie question sur l’identité du capitalisme qui oppose traditionnellement les propriétaires des moyens de production et les prolétaires. C’est pourquoi le terrain culturel doit être propice à ce type d’entreprise libérée. C’est sans doute pour cela que nos deux auteurs ont largement visité les pays du Nord de l’Europe dont la responsabilité sociale est souvent avant-gardiste. Cependant, la crise a effectivement provoqué des reprises forcées d’entreprises par les employés sous forme de coopérative.
Je me suis posé la question de la motivation des auteurs pour publier Freedom Inc. en 2009 et je vois deux réponses possibles:
- Réchauffer une vieille théorie sur la base de trente expériences contemporaines pour que les employés révoltés rêvent de diriger les entreprises qui n’ont respecté aucune morale avant et pendant la crise déclarée en 2008;
- Développer un lien entre l’influence des opinions émises sur les réseaux sociaux et la nouvelle gouvernance des entreprises
Isaac m’a expliqué brièvement qu’ils avaient travaillé sur ce livre depuis plusieurs années, avant même que les réseaux sociaux n’occupent une place prépondérante face aux pouvoirs installés. Les auteurs ont trouvé opportun de publier leur recherche au moment où nos sociétés aspirent à de nouvelles formes de gouvernance qui replacent l’Homme au centre du processus de production. Dommage qu’ils n’aient pas voulu rebondir sur la montée en puissance des réseaux sociaux externes comme internes aux entreprises qui ont plus de chance de concerner une majorité d’entreprises dans les cinq ans qui viennent que la théorie de l’entreprise auto-gérée.
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SOURCE : blogasty
PAR: alexis mouthon
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