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"Voyage au pays des chasseurs de tendances“ (Observatoire des tendances/René Charles Duringer)
Demain ne meurt jamais
Prospectivistes, futurologues, tendanceurs, devins, gourous, observateurs… Le registre lexical est large ! Comment définir un chasseur de tendances ?
René Charles Duringer : Le chasseur (ou chasseuse) de tendances exerçant au sein d'une entreprise ou en tant que conseil externe revêt de multiples visages complémentaires voire opposés. Une même volonté les unit : une quête insatiable pour découvrir les aspects du futur. Comme le dit Isabelle Musnik, directrice de la rédaction et des contenus INfluencia, j'ai été "contaminée par le virus de la curiosité dès la seconde au lycée". En fait, les chasseurs de tendances viennent de tous les horizons : écoles de commerce, économie, culture, médical, RH, ingénieurs, luxe…
En somme, une grande variété de styles…
René Charles Duringer : Chacun développe son métier en fonction de sa personnalité et caractérise son activité selon sa vision : "prospectiviste, chercheur de tendances, essayiste, curieux, tendanceur, captologue, expert en tendances, planneur stratégique, consultant en prospective et stratégie, créativophile…" (NDLR : termes issus du livre "Voyage au pays des chasseurs de tendances").
L'ADN culturel du chasseur de tendances, sa fibre personnelle, joue pour beaucoup dans son propre style. Cela explique une telle diversité dans les approches, et vraisemblablement, l'effet de halo autour du label "Chasseur de tendances".
Est-il alors possible de délimiter au moins leur "territoire de chasse" ou d'actions ?
René Charles Duringer : S'il est difficile de catégoriser les chasseurs de tendances, il en va de même lorsqu'il s'agit de délimiter un "territoire" d'actions. Très récemment, j'ai vécu au sein d'une communauté que j'anime sur Linkedin et rassemblant 7 000 personnes intéressées par les tendances, une sorte de schisme sur le sujet. La polémique portait sur l'étendue de leur rôle :
– Pour certains, ce métier revient à être uniquement chasseurs de tendances et donc observateurs, capteurs de signaux de changements, etc. Leur travail s'arrête à la collecte : veille prospective, tendances sociologiques, cahiers de style…
– Pour d'autres, chasseur de tendances va de pair avec acteur de changements. La finalité de leur métier est de participer aux changements : élaboration de produits nouveaux, agents de transformations dans l'entreprise… Certains, qui sont plus tournés vers le sociétal, veulent même changer le monde !
Là aussi, chaque chasseur de tendances a son propre style et surtout va répondre aux demandes de ses clients. Il n'y a pas LA bonne posture.
Quel est le profil des entreprises qui s'adressent aux chasseurs de tendances ?
René Charles Duringer : Il est difficile de distinguer un profil type. Entreprises du secteur automobile ou agroalimentaire, de l'industrie du luxe, de la banque, des assurances, du jardinage… Aucune limite !
Plusieurs raisons vont décider les entreprises à faire appel à un chasseur de tendances :
– la recherche d'innovations constantes portée par un management mature/proactif ;
– une forte dépendance des consommateurs et la volonté de devancer sans cesse leurs exigences ;
– un environnement concurrentiel très menaçant ;
– la prise de conscience d'une mort certaine en cas d'immobilisme prolongé.
Mais au-delà, il est réellement important de créer un couple créatif entre le domaine de l'entreprise et l'activité du chasseur de tendances. C'est ce binôme qui va permettre de dynamiser la réflexion interne, développer la créativité des entreprises ou son écoute des tendances sociétales, faciliter les changements et l'innovation…
Une entreprise en avance sur son temps voudra des innovations plus dissonantes que celle qui fonctionne de façon "old school" et ne souhaite qu'une sensibilisation aux tendances "mainstream".
Quelle est aujourd'hui la problématique d'un chasseur de tendances opérant dans une entreprise ?
René Charles Duringer : Il va se retrouver confronté à un environnement qui n'est pas forcément prêt à changer sa vision ou à admettre de nouvelles façons d'agir. L'exercice de ce métier est souvent périlleux dans une société en crise qui a peur du changement, allergique à la prise de risques et à toute remise en cause. Comment dans un tel système, casser des formatages culturels et faire passer des idées nouvelles ? C'est tout l'art d'un chasseur de tendances qui doit conduire avec doigté un exercice pédagogique tout en restant lui-même soumis à certaines contraintes alimentaires/matérielles…
Comment fonctionne un chasseur de tendances ?
René Charles Duringer : Certains comme Vincent Grégoire, chasseur de tendances au sein du pôle "Art de vivre" chez Nelly Rody, vont s'imprégner de tout ce qui passe, être de véritables éponges autant des faits d'actualité que de détails de la vie quotidienne. D'autres sont plus dans la certitude et un peu moins à l'écoute. Ils ont un positionnement pointu… deux ou trois idées phares et les voilà autoproclamés gourous ! Une partie se comporte comme des observateurs pendant qu'une autre privilégiera le storytelling et qu'encore une autre fera le choix de s'impliquer dans la mise en œuvre de nouveaux produits et services. C'est toute la différence entre écrire une pièce de théâtre et la jouer.
Possèdent-ils une méthodologie d'action commune ?
René Charles Duringer : J'ai voulu écrire un livre sur le sujet avec Catherine Champeyrol en vue de modéliser une méthodologie et des processus de travail mais nous nous sommes aperçus que la tâche était extrêmement complexe. En attendant, j'ai conduit plusieurs interviews compilées dans "Voyage au pays des chasseurs de tendances".
La plupart se refuse à jouer les "Madame Irma"… et ont pour priorité, dans l'exercice de leur profession, la rigueur, la vérification des sources et la possession d'un savoir ou d'une culture dans leur domaine de prédilection. Viennent ensuite l'intuition, le goût des autres et du travail, la curiosité insatiable, l'écoute continuelle des faits du quotidien, (au bistrot ou au Mac Do du coin) et une certaine forme de refus des sources d'information conventionnelles comme la TV !
Néanmoins, à la suite de mes entretiens j'ai réussi à retenir 22 sources d'inspiration qui constituent le cœur du réacteur des chasseurs de tendances.
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