Trois questions à Guillaume Grallet, journaliste avec une idée derrière la tech

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http://www.bmparisblog.com/2011/04/13/trois-questions-a-guillaume-grallet-journaliste-avec-une-idee-derriere-la-tech/

Guillaume Grallet est journaliste high tech pour Le Point, une double compétence qui annonce peut-être une tendance de fond pour le secteur. Comme nombre de ses confrères, il blogue et twitte pour recueillir des informations et partager ses trouvailles en ligne. Observateur avisé des nouvelles technologies et de l’innovation, Guillaume fait partie des Net Explorateurs, un observatoire des usages numériques.

Il a accepté de répondre à nos questions sur l’impact d’Internet sur le métier de journaliste, l’engouement pour les tablettes tactiles et les tendances high tech.

BM : Le web a changé la donne pour les journalistes : plus rapide, local, mobile… En quoi Internet a changé les méthodes de travail des journalistes ? A-t-il changé la nature de ce que les journalistes produisent ? Les journalistes de demain seront-ils naturellement bi-médias ?

GG : J’adore les outils de micro-blogging car cela permet de se tenir au courant extrêmement vite et de réagir aussi, où que l’on soit. C’est aussi une manière de partager ses « papiers », qui seront de plus en plus multimédias, avec des liens vers d’autres contenus. Mais pour le moment, Twitter me sert essentiellement d’outil de veille : c’est pour cette raison que je suis un grand nombre de personnes (plus de 2000).

Adopter les médias sociaux est le meilleur moyen pour un journaliste de suivre l’innovation en temps réel.

BM : L’information sur le web est difficilement rentable et chacun cherche son modèle. La presse a misé sur nouveaux supports numériques, et les tablettes ont semblé être une belle opportunité. Pourtant, après l’enthousiasme des débuts, les ventes chutent. A quoi est-ce dû ? Est-ce trop tôt ?

Pour l’instant, il ne s’agit pas encore d’un média de masse malgré un bon accueil sur la qualité des interfaces et des contenus. Mais cela viendra. Car les tablettes offrent un exceptionnel rendu visuel. Je crois beaucoup aux formats dédiés aux tablettes car ils mêlent la rigueur et les contraintes du papier avec la richesse du web : un espace limité, mais aussi des liens hypertextes, du son, de la vidéo…

Les tablettes, aujourd’hui encore produits de luxe en raison du prix, vont se démocratiser. Elles existaient depuis de nombreuses années sans trouver de public, mais Apple a réussi depuis peu à « créer le marché ». Je pense aussi que ces formats hybrides prendront un nouvel essor lorsqu’ils seront sur un support flexible.

BM : Quelles seront d’après toi les tendances du secteur des nouvelles technologies en 2011 ? Concentration des acteurs, cap sur la 3D et la mobilité, nouveaux réseaux sociaux, interopérabilité, énergie…

GG : La 3D est une technologie intéressante mais elle ne constitue vraiment pas une révolution en soi. Les hologrammes sont déjà plus prometteurs, mais pour les voir arriver dans notre quotidien il faudra encore attendre… Je crois par ailleurs à la multiplication des robots dans la vie quotidienne (on en parle de plus en plus et la Cité des Sciences leur consacre même une intéressante exposition), et aussi aux gadgets de plus en plus « verts » à condition que l’on garantisse leur recyclage de A à Z.

Enfin, une autre tendance à suivre de près cette année est l’augmentation de la connectivité des objets entre eux, comme Rafi Haladjian l’a très bien vu venir. Ces derniers (vélos, voitures, réfrigérateurs, balances…) seront de plus en plus reliés entre eux, de manière intuitive. Si cette connectivité accrue se fait en respectant l’exigence de vie privée de ses utilisateurs, alors elle sera à même de changer notre quotidien et de nous faciliter la vie.

 

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