
http://insightquest.blogspirit.com/archive/2011/11/07/une-journee-pour-deux-approches-creatives-paris-2-0-et-crea.html
Le 3 novembre 2011 on pouvait dans la même journée avoir deux aperçus de méthodes d’innovation et de créativité très différentes. A Paris 2.0 hébergé par le SEMO tout d’abord qui traitait des communautés sociales et de l’intelligence collective, et à Créa France ensuite avec une présentation de la « théorie du U » faisant appel tant à l’intelligence cognitive, émotionnelle que « somatique ». Un objectif créatif commun, deux chemins radicalement différents. Voyons plus en détail.
A Paris 2.0 on s’intéressait assez logiquement à la question des communautés sociales et plus précisément de la social-media research. Durant l’ensemble de ces conférences SEMO/Paris 2.0 on a parlé sous un même vocable de communauté sociale de trois notions en réalité très différentes et il n’était pas toujours évident durant les interventions d’en faire clairement la distinction :
- d'abord bien sûr les communautés sociales, c’est-à-dire ces ensembles d’individus interagissant sur le web autour de problématiques communes (passions, centre d’intérêt, expertise, etc…). Tel un explorateur, le marketer va pouvoir prélever de cette communauté une matière utile issue d’une forme d’intelligence collective. Préexistante au sein de medias sociaux, ou créée ad hoc pour les besoins d’une étude, une communauté doit vivre dans la durée notamment par elle-même (très forte interaction entre ses membres), c’est ce qui en fait réellement une « communauté » y compris au sein digital,
- ensuite, on parle des consommateurs recrutés pour les besoins d’une étude et invités à participer à des blogs ou à des bulletin boards. Ils peuvent être des consommateurs lambda ou être recrutés à partir de communautés préexistantes, et sont associés le temps d’une étude (de quelques jours à quelques semaines) à un travail spécifique. L’interaction entre ces consommateurs est en général limitée à échanger autour des réponses respectives qu’ils ont fournies (textes et supports multimédia) à des questions/stimuli soulevés par la société d’études. A ce titre, je ne suis pas sûr que l’on puisse parler les concernant de « communauté sociale » stricto sensu,
- enfin, des consommateurs particulièrement créatifs qui constituent une sorte de force de frappe innovante externe pour les marques. Ils peuvent disposer de compétences techniques particulières (graphistes, plasticiens, réalisateurs, designers, etc…) où être simplement des individus aux capacités créatives hors norme. Certaines plateformes permettent d’organiser leur contribution de façon extrêmement efficace. Là encore difficile de parler de communauté là où il est davantage question de sourcing créatif individuel,
On associe communauté sociale et possibilité de recourir à l’intelligence collective. Cette intelligence collective permet grâce à l’interaction des capacités cognitives de chacun des participants d’obtenir des résultats estimés supérieurs à ceux que l’on aurait obtenus par l’utilisation de ces intelligences individuelles de façon séparées. En mathématique on dirait qu’elle est sur-additive, en psychologie, on parlerait de l’un des effets de la dynamique de groupe.
A Créa France, changement d’approche avec une présentation et une mise en pratique collective de la théorie du U d’Otto Scharmer du MIT. Cette approche co-créative qui nécessite une interaction physique fait appel successivement à trois types d’intelligence :
- Phase 1 (co-initier) où l’intelligence cognitive est mobilisée afin d’observer une écoute attentive et sans jugement du point de vue de chacun des participants sur une thématique donnée,
- Phase 2 (co-sentir) où l’intelligence émotionnelle est utilisée afin d’aborder ces mêmes sujets sous un angle empathique et émotionnel, il s’agit donc de ressentir (et non simplement de comprendre) l’impact des sujets abordés par les participants en phase 1 en terme d’impact émotionnel sur chacun des membres du groupes,
- Phase 3 (presencing) et 4 (co-créer) où l’intelligence somatique (faisant appel à l’intuition, et à l’inconscient) est utilisée à plein via les sens des participants, au-delà de tout raisonnement, afin de favoriser une production symbolique et imaginaire (matériel de base pour ce type d’innovation « divergente » et de rupture),
- Phase 5 (co-évoluer) constitue un retour au cognitif et à l’exploitation concrète des symboles, idées, concepts ayant émergé, dans une optique de convergence et de retour à la problématique de départ, et à vocation enfin opérationnelle : transformer en action.
Il serait presque vain de comparer ce que l’on peut attendre d’une communauté sociale 2.0 telle qu’on les entend aujourd’hui d’une communauté réunie aujourd’hui de la pratique de cette théorie du U. La différence majeure consiste peut-être dans l’emploi massif de l’intelligence cognitive pour la première, qui va être le moteur de la créativité, et de l’intelligence émotionnelle et somatique pour la seconde. La première trouve son inspiration dans la réflexion sur le réel et a donc une vocation plus pratique et immédiate, la seconde dans la divergence et le court-circuit du réel est davantage prospective et tournée vers la recherche de solution souvent rupturistes.
Je donne ici deux références si vous souhaitez approfondir ces deux axes :
- Presencing Intitute autour de la théorie du U : http://www.presencing.com/
- Une présentation de Jeremy Dumont sur les communautés sociales et leur utilisation dans le cadre de l’innovation : http://www.slideshare.net/jeremydumont/tendances-de-linte…
Vistez http://www.insightquest.fr conseil marketing & études innovation et relation client

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