
L'art d'être libres au temps des automates
par Luis De Miranda
224p. / fr / 2010
ISBN : 9782353410835
Côte : 01.021 DEM
“La Terre est notre œuvre d’art en devenir. Merci Spoutnik. (…) Nous ne devenons pas numériques : nous l’avons toujours été. Il n’y a rien à craindre de la passion de l’ordre tant que nous comprenons qu’elle est humaine comme l’erreur. Du point de vue du satellite, on comprend que ce que d’habitude nous tenons pour solide, le réel, les corps, les identités, est fluide : un flux. Et ce que nous tenons pour fluide, à savoir l’esprit, la perception, est ce qui est solide : un point de vue, un axe.”
La société ne devient pas numérique car le numérisme est le principe fondateur de toutes sociétés ; voilà le postulat de départ de Luis de Miranda. Même si des sociétés n’ont pas développé l’écriture et qu’elles ne comptent que jusqu’à trois et avec les doigts, elles sont numéraires. D’ailleurs, même les mathématiciens les plus chevronnés comptent sur le bout de leurs doigts et inventent des machines à compter, comme le rappelle Jean-Baptiste Labrune. La machine rend simplement le calcul plus aisé et permet à d’autres dispositifs de se mettre en place, et aux philosophes de réfléchir à leurs sujets.
Dans cet essai, Luis de Miranda, se demande comment les technologies numériques, rendant le monde de plus en plus digitalisé et non pas numérique, apportent des nouveaux points de vue sur notre environnement physique et mental, bouleversant nos certitudes et renforçant parfois nos croyances irrationnelles. De nos interactions avec la machine, c’est un monde-œuvre dans lequel nous avons tous notre touche de couleur à apporter qui se révèle, un écosystème de consciences qui se laisse apercevoir, un univers dans lequel la matière est un mouvement et la pensée une immobilité momentanée.
Ces appareils du nombre et du voir questionnent aussi nos perceptions et nos actions, notre territorialité et notre temporalité. Quelles sont nos marges et nos manœuvres dans ce monde d’automates ? Comment déployer sa liberté et accepter des cristallisations ? Quelle est notre champs d’action, notre capacité de création existentielle et politique ? A quoi rêvons nous et de quoi avons-nous peur avec et à travers les machines ? Comment considérons-nous – depuis la terre et l’espace – la nature, l’homme, la machine et leurs interactions ? Comment trouver un équilibre entre les normes et l'énorme, entre border et déborder au XXI ème siècle ?
Luis de Miranda, a l’art d’exposer des concepts philosophiques forts sans pour autant donner l’impression que l’on reçoit des leçons. Il a aussi la manière de le faire, ne rechignant pas à faire débattre Jésus et Nietszche sur Viméo. Dans cet ouvrage, dont la lecture ne cause pas de migraines – seulement un délicieux vertige – il développe une pensée mobile et nous invite à faire de même. Car pour les créalistes, nous contribuons tous à chaque instant à faire de la Terre une œuvre d’art totale

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