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PalmaPub 2013 – Résultats from Ipsos-France on Vimeo.
Le
Web vit désormais au diapason de la société comme le montre le contenu
du Palmarès Ipsos de la Pub. Cette année, deux prix distincts vont au
digital. Un pour récompenser l’excellence d’une communication « brand
culture ». L’autre pour saluer une communication de « brand utility ».
Agnès Gilbert, Directeur Digital chez Ipsos ASI et Rémy Oudghiri,
Directeur du département Tendances & Insights, Ipsos Public Affairs,
décryptent pour nous ce palmarès.
Agnès Gilbert : les marques maîtrisent et s'approprient de mieux en mieux les codes de l'Internet.
C'est une tendance très nette cette année dans le panorama publicitaire
digital. C'est aussi vrai des mécanismes de mise en œuvre des
publicités digitales que de leurs finalités. Nous observons de plus en
plus fréquemment des communications dédiées, pensées et réalisées pour
le digital. Elles s'inscrivent en complément – ou non – d’autres médias
qui ciblent des populations différentes avec un discours spécifique.
Leur but est clair : engager le consommateur en le divertissant ou en
lui rendant service. Ce sont les deux leviers clefs sur Internet.
Un des signes de ce réel tournant est que les marques se sont mises à nous parler d’intimité dans
leurs communications sur la Toile. C'est très vrai dans le luxe où
elles nous laissent de plus en plus investir leur sphère intime. En nous
ouvrant grand les portes de leurs maisons, ces portes que nos
consommateurs n’aurions peut être pas eu l’occasion ou l’audace de
pousser dans la vraie vie, les grandes marques de luxe nous rendent
accessible l’inaccessible. Elles mettent l’exceptionnel à portée de
main. L'outil Internet leur permet d'attiser encore plus le désir et
l’envie de luxe. Elles jouent à plein le registre de l’évocation et de
l’évasion qui véhiculent leurs valeurs aspirationnelles pour nous faire
voyager avec elles. C’est du pur « brand culture ». L’utilisation à
travers le Web d’une tribune universelle pour dire : « Voilà qui je suis
et où j’ai envie de vous emmener. Laissez-moi vous surprendre. »
Rendre accessible l'inaccessible
Rémy Oudghiri : c’est un fait. Depuis 2007, le luxe
ne cesse d’être valorisé en France, comme un peu partout dans le monde.
On le voit très bien dans l’observatoire que nous conduisons en France auprès des clientèles du luxe.
De plus en plus de Français le perçoivent comme un des secteurs les
plus innovants de la période (50% des personnes interrogées en 2012
contre 42% en 2007). Face à une conjoncture qui s’est soudainement
assombrie, les Français expriment un grand désir d’évasion. Ils ont
envie qu’on les conduise ailleurs, dans un espace-temps libéré des
contraintes et des duretés de la vie quotidienne. Aujourd’hui, 65% des Français attendent des marques de luxe des « produits intemporels ». En s’introduisant de plus en plus dans le monde d’Internet, après s’en être méfié, les marques de luxe répondent à ce désir d’expérience hors du temps.
Elles se rapprochent des consommateurs, tout en respectant totalement
les codes qui font la force et la spécificité du luxe : mise en scène de
l’exception, esthétique extrêmement soignée, refus du réalisme. En se
rapprochant ainsi des consommateurs, elles ne se dévalorisent pas. Elles
offrent un peu plus de rêve tout en restant inaccessibles, car dans le
même temps, les prix de leurs produits sur le marché n’ont pas baissé,
bien au contraire.
A. G. : les marques de grande consommation et de
services sont aussi dans le registre de l’intime. Plus précisément,
elles nous parlent de notre intimité. Elles ont compris que pour parler à
un internaute de façon pertinente et opportune, il faut adopter sa
voix, lui parler d’égal à égal. Être dans la vérité du consommateur.
Du coup, c’est une tendance qui se dégage des publicités cette année :
celle de programmes traitant de la vie de tous les jours et du
quotidien, qui mettent en scène des gens comme vous et moi, leur famille
et leurs amis. Des pubs qui parlent de la vie avec ses bonheurs, ses
tracas et qui montrent comment les marques aident les consommateurs à
s’en sortir. L’exceptionnel n'est pas la règle. On recherche au
contraire le plus grand dénominateur commun. On parle à tout le monde,
car tout le monde fait face aux mêmes situations. Les annonceurs ont
compris que pour être entendu sur Internet, il ne faut pas parler de
soi. On parle de ce qu’on peut faire pour son consommateur. Ce qui se
joue alors c’est le rôle de la marque au moment décisif de la vérité consommateur. L’utilité de la marque, sa proximité avec les consommateurs et ses besoins, sa « brand utility ».
Être dans la vérité du consommateur et apporter des solutions concrètes
R. O. : cette tendance de la communication sur le Net s’inscrit dans un mouvement de fond perceptible depuis 2008. Depuis plusieurs années, les Français ont envie d’entendre parler de solutions.
Dans les enquêtes que nous conduisons, ils ne cessent d’exprimer leur
désir de proximité. Ce mot très en vogue depuis 2008 résume de vraies
aspirations : besoin de contacts personnalisés avec les marques, demande
de services qui facilitent l’appropriation des produits, plébiscite des
solutions pratiques comme le drive, le click and collect, etc. Ce désir de proximité
qui se renforce encore avec les récents scandales sanitaires, est
l’exact contemporain de la crise des institutions qui continue de
prévaloir en France. Les Français se méfient de ce qui est lointain. Ils
s’en sont toujours méfiés, mais aujourd’hui la défiance atteint des
niveaux record. Dans ce contexte, pour être écouté, il faut donc montrer
que non seulement on a bien compris les problèmes des Français, mais
que l’on est porteur de solutions simples et incontestables. Derrière
cette envie de solution, il y a aussi une envie de positif. Aujourd’hui,
être positif, c’est apporter des solutions concrètes.
A. G. : tout cela a été rendu possible par le fait
que les marques ont adopté les codes et les fonctionnalités techniques
du digital. Les marques de luxe peuvent ainsi prendre plus de temps et
d’espace online qu’ils ne le pourraient dans les médias off line.
Internet leur confère une gestion différente du temps, dans la durée et
dans la fréquence. Il leur permet de prendre la parole selon leurs
modalités. Nous voyons aussi les banques et les services adopter les
codes et l’esprit du Net pour communiquer, façon blog vidéo, en
scénarisant le quotidien avec de l’humour, du décalage du second degré,
de l’outrance… Elles ont même souvent recours à des intervenants réels du Web
pour le faire en jouant la carte de l’autodérision et du décalage. Et
puis surtout le mantra, c’est d’en rire et d’en faire rire. On
dédramatise avec la surprise, l’humour, voire l’absurde. Le langage publicitaire a ainsi adopté les codes de la société on-line.
La publicité digitale a même intégré la contrainte chronologique du
Web. Désormais, c’est l’internaute qui est le maître du temps. C’est lui
qui décide. D’où la pertinence de lui donner rendez-vous, ce
qu'illustre le format « webisode ». Dans ces épisodes courts diffusés
sur le Web, le consommateur internaute et sa vérité sont plus que jamais
au cœur du dispositif digital. Il inspire l’histoire. Il en propose le
scénario. Il est à la fois acteur, public et critique !
Si l’expérience lui plaît, il la fera vivre en s’engageant auprès
d’elle et de la marque. Il en parlera et permettra à d’autres d’y
participer. Les publicités digitales ont intégré tout cela. Toutes n'y
réussissent pas. Mais il y a là-dedans une véracité et un ton inédits.
Le langage publicitaire s'approprie les codes de la société on-line
R. O. : ce qui est frappant dans les codes du Web à l’heure actuelle, c’est leur côté hybride. La période que nous traversons est propice à l’hybridation.
Les écrans se multiplient et les pratiques s’hybrident naturellement.
La TV s’inspire d'Internet et inversement, le Web importe les codes de
la TV, produisant du même coup une culture nouvelle, mélange de
plusieurs genres et de plusieurs identités (interactive, réaliste,
horizontale, ironique…). D’une manière générale, de plus en plus
d’innovations sont hybrides. En période de crise, l’innovation combine
des éléments connus pour produire de l’inconnu. Le connu rassure.
L’inconnu procure l’émotion de la surprise. Il y a de nombreuses
illustrations de ce phénomène dans l’évolution de la consommation.
Ainsi, dans l’alimentaire, la restauration rapide s’inspire de la
restauration classique de qualité et inversement (Hippopotamus avec son
réseau RED, BOCO, avec son concept de restauration rapide en partenariat
avec les chefs étoilés). Dans l’univers de la décoration, Habitat ouvre
aux puces de Saint-Ouen un magasin dédié à ses meubles conçus dans les
années 60. Dans la cosmétique, L’Oréal commercialise du petit
électroménager de beauté (brosses nettoyantes). Partout on décloisonne,
on mélange, on inverse les hiérarchies. Partout on réinvente. Plus que
jamais, l’hybridation est source d’innovation et la diffusion de la
culture Web n’est évidemment pas étrangère à cette dynamique. Le Palmarès digital est à l’image de cette évolution.
A. G. : au milieu des années 2000, quand Internet
avait su se mettre à la porté du plus grand nombre en simplifiant son
accès et son utilisation, on avait parlé de révolution 2.0. Gageons que
la publicité vient de faire sa révolution 2.0 et que ce n’est qu’un
début.
Plus de 25 ans d'existence
Palmarès Affichage & TV
Ipsos ASI organise pour la 26ème année consécutive le
Palmarès Ipsos de la pub. Depuis plus d’un quart de siècle, cet
événement récompense les publicités qui ont le plus séduit et marqué les
Français. C’est le premier Palmarès à avoir fait entendre la voix des
consommateurs en récompensant les meilleures campagnes sur la base du «
score Ipsos » qui conjugue impact et agrément. Depuis 1986, date de la
première édition, des trophées sont décernés chaque année aux meilleures
pubs – drôles, surprenantes, touchantes, parfois émouvantes – parmi
des centaines de campagnes testées.
Depuis 1986, date de la première édition, des trophées sont décernés
chaque année aux meilleures pubs - drôles, surprenantes, touchantes,
parfois émouvantes – parmi des centaines de campagnes testées.
Fiche technique
Chaque année, plus de 1300 créations, diffusées l'année précédent le
Palmarès à la télévision et en affichage sont testées auprès des
consommateurs.
Le champ des créations publicitaires retenues dans la sélection
concerne soit de nouvelles campagnes soit de nouvelles exécutions de
campagnes existantes, testées après leur premier passage média.
Le "Score Ipsos" conjugue impact et agrément, rapporté au budget
ainsi qu’à la nouveauté de campagne. Pour le média télévision,
l’indicateur de mesure d’impact retenu est le score spécifique, c’est à
dire le pourcentage d’interviewés racontant précisément le film en
citant au moins un élément exclusif de la campagne testée. Pour le
média affichage, l’indicateur de mesure d’impact retenu est le score
d’attribution, c’est à dire le pourcentage d’interviewés attribuant la
marque correcte à l’annonce. Pour les deux médias, le score d’agrément
correspond au pourcentage d’interviewés déclarant aimer le film ou
l’affiche.
Le score Ipsos est la combinaison de ce score d’impact et d’agrément
(chacun y contribuant à part égale), rapporté au budget et à la
nouveauté de campagne.
Prix digital
Le digital s’est imposé comme incontournable sur le marché
publicitaire et Ipsos ASI a su développer son expertise en la matière.
Ses solutions digitales répondent aux besoins des annonceurs qui
cherchent à déterminer le niveau d’engagement des consommateurs online
vis-à-vis de leurs marques et mesurer les bénéfices que ces dernières en
tirent.
Pour l’édition 2013, comme pour 2012, une pré-sélection des
programmes est établie à partir de contenus conçus pour le support
digital (ils peuvent avoir été utilisés par la suite sur d’autres
supports). Ces programmes doivent présenter une vidéo disponible sur
Youtube, Dailymotion ou Viméo et appartenir à une campagne ayant obtenu
au moins 1 million de vues. Cette sélection est alors soumise au
jugement des consommateurs via le portail Yahoo! et testée selon les
critères retenus pour le score Ipsos ASI Digital établis sur la
connexion, l’engagement et la retansmission. La campagne gagnante est
récompensée lors du Palmarès. Cette année, deux prix distincts sont
remis : Brand Utility et Brand culture.

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