Rassemblement de jeunes créateurs d'entreprise lors du OuiShare Summit de Londres en décembre 2014. © Stefano Borghi
Nos gouvernants se préoccupent-ils suffisamment de technologie ? Alors que Barack Obama vient de s'entourer d'une nouvelle poignée de créateurs pour préparer le "Global Entrepreneurship Summit" qui se tiendra à Nairobi en juillet, quelque 1 000 entrepreneurs français ont décidé d'ouvrir les portes de leurs sociétés au grand public, du 28 au 30 mai. Ce dernier n'a-t-il pas beaucoup à gagner de la nouvelle donne qui s'invente en ce moment ? "Il faut accélérer. Se donner les moyens de faire plus", expliquent-ils. Voici leur appel.
1 000 entrepreneurs de la French Tech mobilisés pour l'emploi et l'innovation
"À regarder mois après mois cette fameuse courbe du chômage qui ne veut pas s'inverser, on pourrait être tenté de baisser les bras. Pourtant, tout ne va pas si mal, et les statistiques masquent parfois des réalités bien diverses. À l'image de Lengow ou BlaBlaCar, les startups innovantes françaises sont en croissance et recrutent. Certaines proposent même plus d'une centaine de CDI sur les douze prochains mois. En somme, la création d'emploi dans les startups françaises est une réalité bien tangible et une chance pour notre économie.
Un chômage inversé
Paradoxalement, la France fait face à un problème d'un nouveau genre. Faute de candidats qualifiés et malgré les 5,2 millions de chômeurs recensés par Pôle emploi le mois dernier, certains postes peinent à trouver preneurs. Les emplois que nous créons aujourd'hui sont différents de ceux d'il y a dix ans. Les outils, les compétences, les technologies, les enjeux se développent de telle sorte que l'écart s'est creusé entre les besoins des entreprises qui grandissent et les compétences des individus qui y candidatent. Résultat : derrière des mots barbares et des anglicismes tels que data scientist, développeur ruby, growth hacker, product manager, UX designer, ce sont des emplois bien français qui ne sont pas pourvus. C'est ce que nous nous sommes résolus à appeler le chômage inversé.
Réapprendre à apprendre
Il faut repenser les formations au regard d'un monde en constante mutation. Ce dont la France a besoin aujourd'hui, c'est d'un New Deal pour l'emploi et l'innovation porté et incarné par la société civile. Le projet de Grande École du numérique va dans ce sens. Il faut accélérer. Se donner les moyens de faire plus. Les formations professionnelles et continues doivent être profondément remaniées pour former les jeunes et les moins jeunes à un univers professionnel mouvant et incertain. Inspirons-nous de ce que font les écoles de code pour adultes à l'image du Wagon et de Simplon qui forment des développeurs en neuf semaines. Ou encore de la plateforme de cours en ligne OpenClassrooms qui vient d'annoncer un partenariat avec Pôle emploi. Innovons dans l'éducation, soyons agiles. Certaines compétences que l'on n'enseigne pas encore sont déjà devenues indispensables dans la plupart des entreprises.
Trois jours de rencontres et d'échanges
Mais pour que les choses bougent, c'est d'une prise de conscience individuelle et politique de ce qui est en train de se jouer dont nous avons besoin. Voilà pourquoi les entrepreneurs se mobilisent. À l'occasion de Startup Assembly, du 28 au 30 mai partout en France près de 1 000 entrepreneurs ouvrent leurs portes et vous invitent à partager le quotidien d'une entreprise innovante. Parmi elles, plus de la majorité embauche. Étudiants, salariés, chômeurs, curieux, enfants, élus y sont conviés. Venez nous rendre visite, apprendre, découvrir, partager, trouver un emploi peut-être, et construire la France du XXIe siècle."
Meryl Job, fondatrice de Videdressing
Mickaël Froger, cofondateur de Lengow
Patrick Amiel, cofondateur de Wengo
Marc-Arthur Gauthey, organisateur du OuiShare Fest et créateur de Startup Assembly
Sabine Safi, cofondatrice de 1 001pharmacies
Jean-Daniel Guyot, cofondateur de Capitaine Train
Vincent Ricordeau, fondateur de KissKissBankBank
Grégory Lefort, fondateur de Azendoo
Paulin Dementhon, fondateur de Drivy
Robin Dauzon, cofondateur de Bankin
Clément Alteresco, fondateur de Bureaux à partager
Marc-David Choukroun, cofondateur de La Ruche qui dit oui
Antoine van de Broek, cofondateur de Mutinerie
Antoine B., cofondateur du collectif citoyen les 100 Barbares
Sacha Loiseau, fondateur de Mauna Kea Technologies


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