Economie circulaire : c’est aux usagers de décider quand l’objet devient déchet

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Le modèle de l’économie circulaire qui prévaut aujourd’hui dans les pays occidentaux promet de remplacer l’élimination systématique des déchets ménagers par leur récupération et leur valorisation énergétique ou matérielle. Leur prise en charge par une industrie spécialisée est censée réduire leur masse, et par le même mouvement approvisionner la chaîne de production en une ressource disponible, abondante et renouvelable. Ainsi le déchet, d’inutile, devient utile; jusqu’ici synonyme de chose abandonnée, il semble amorcer sa réintégration dans l’économie. Mais qu’en est-il de son intégration politique? On peut soupçonner le traitement industriel des déchets, en favorisant la première, d’avoir empêché la seconde. La situation de monopole de ce système technique efficace à grande échelle semble avoir plutôt encouragé que réduit la production de déchets, et plutôt dépossédé les usagers de leur responsabilité. Une vraie politique des déchets devrait s’affranchir des aspects purement technico-économiques du problème pour penser la qualification de « déchet » à l’aide d’autres définitions que celles que fournit l’industrie. C’est aux usagers de décider quand l’objet devient déchet; et plutôt que de se comporter en simples relais dans la chaîne de production/consommation, il faut qu’ils aient la possibilité technique et la volonté politique de retenir les objets dans la sphère de l’usage, avant de les transmettre à l’industrie qui en fera des matériaux.

 

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