http://www.comite21.org/docs/publications-du-comite-21/2012/comite-prospective-juin2012.pdf
La question de la transition n’est pas seulement d’ordre technologique. La dynamique collective du changement devra émerger d’une vision propre à faire rêver et, plus que d’une émulation, d’une « jubilation collective », selon Jean-François Caron60 . L’appel à la culture, dimension transversale du développement durable, est ici utile à deux titres. Selon Philippe Madec, architecte et membre du groupe de travail, « la revendication de la culture est indispensable pour lutter contre l’hégémonie de la technique et du fait métropolitain. C’est elle qui met au cœur des enjeux techniques une ambition sociale. La culture est au cœur de toute participation, et fondement du projet partagé. Elle est moyen de préserver la dimension sociale du développement durable et de prévenir la fracture sociale qu’on a déjà constatée avec le développement durable. La culture n’est plus le contexte de nos actions ; elle est la condition même de leurs accomplissements. » 61 Pour « sortir du sillon », la créativité des artistes, poètes, philosophes, sociologues, est utile car ils proposent une vision décalée, stimulante pour l’imaginaire. « L’Agenda 21 doit donc être le lieu de croisement des cultures. » (Philippe Madec)62 . Cette vision créative doit s’accompagner de nouveaux savoir-faire en matière de prospective territoriale. Nombre de villes conduisent des exercices de prospective sur la transition au post-carbone. Dans la région de Göteborg (Suède), où la population va passer de 850.000 à 1,2 million d’habitants entre 2005 et 2050, le scénario prévoit que chaque habitant utilisera seulement 25.000 kWh, soit la moitié d’aujourd’hui, l’énergie correspondante provenant essentiellement de la biomasse, de l’énergie éolienne ou marémotrice, du solaire et de l’hydroélectricité. En France, des départements et des villes se sont essayés à l’exercice prospectif pour définir les conditions d’atteinte du « Facteur 4 » d’ici 2050 sur leur territoire. Dans le cadre du programme « Ville post-carbone » initié par l'ADEME et la Mission Prospective du MEEDDTL, des territoires français ont réfléchi à leur scenario de transition vers une société post-carbone. Les travaux conduits pour la ville de Tours, par exemple, concluent « qu’il est possible d’être sur le chemin du Facteur 4 et de diminuer largement la dépendance aux énergies fossiles dans tous les secteurs grâce à la conjonction d’éléments contextuels forts, d’initiatives nationales et locales. En 2030, le territoire pourrait répondre à près de la moitié des consommations finales d'énergie en mobilisant les sources locales d'énergie renouvelable. » 63 Il faudra mettre en place une véritable politique en matière de développement des énergies renouvelables, de localisation des habitants et des activités ainsi qu’en matière de déplacements. Subsiste le problème de la mise en œuvre, c’est-à- dire du financement et de l’acceptation du scénario, des ateliers d’écriture sur 2030 montrant en effet beaucoup d’inquiétudes et une vision post-apocalyptique du futur. Ces exercices de prospective permettent d’identifier les problèmes sur un territoire et ce qui sera déterminant pour modeler son avenir à plus ou moins long terme, comme par exemple : la mobilité et l’accessibilité revues à la lumière des exigences énergétiques et climatiques ; une offre foncière devenue inaccessible aux sociétés locales ; la réorganisation d’une ville existante pour réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de

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