Oui il est possible de créer une autre forme de parti politique plus connecté, communiquant et créatif (de type podemos).

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Selon Rosanvallon, si les Français ne s'aiment pas, c'est d'abord parce qu'ils ne se connaissent pas, et ne se reconnaissent plus dans leurs représentants, leurs institutions et leurs médias : ils ne votent pas/plus, ce sont les "invisibles".

La société française est « déchirée »
D'abord, la multiplication des phénomènes de repli, de rejet des autres. La recherche des boucs émissaires habituels, comme l'islam, s'accompagne d'une désagrégation de la société : les riches vivent dans leur monde, et les « invisibles » sortent du paysage. Ce déchirement se traduit par un rejet du sommet de la société – attitude antipolitique, antidémocratique, même, puisque la démocratie, c'est la production d'un monde commun.

Attitude inquiétante, car la société ne s'appuie pas seulement sur des institutions officielles, elle « tient » aussi avec des institutions invisibles, telles la légitimité – qui fonde le lien entre le pouvoir et les citoyens – et la confiance. Avoir confiance, c'est croire qu'on peut miser sur des comportement futurs. Se défier, c'est refuser de se projeter dans l'avenir avec les autres, car l'autre est perçu comme un problème ou une menace. Surtout quand on ne le connaît pas.

Mais comment expliquer qu'on ne se connaisse plus ?
La société française est coupée en deux : les grandes métropoles, marquées par la diversité, l'innovation et les emplois de demain, et une société « cassée », brutalisée par la chute de l'ancien monde industriel. Il s'agit moins d'une opposition ville/campagne que d'une opposition métropoles/villes moyennes en déclin (réparties essentiellement dans le nord, l'est et le centre du pays). Et ces deux sociétés s'ignorent.

Mais il y a une seconde explication à l'ignorance : le ­capitalisme a changé de nature. Prenez le monde ouvrier : aujourd'hui, il s'incarne moins dans la ligne de production automobile, largement automatisée, que dans les centres ­logistiques et les entrepôts. L'ouvrier spécialisé d'autrefois a été remplacé par le chauffeur-livreur ou le manutentionnaire. Le problème est qu'on utilise toujours les ­références de la société industrielle, qui disent mal les métamorphoses de notre tissu social. Les mots ne correspondent plus aux réalités.

Source : http://wwhttp://www.telerama.fr/idees/pierre-rosanvallon-la-democratie-est-fragile-et-la-violence-sociale-est-toujours-plus-proche-qu-on-ne-le-pense,106887.phpw.telerama.fr/idees/pierre-rosanvallon-la-democratie-est-fragile-et-la-violence-sociale-est-toujours-plus-proche-qu-on-ne-le-pense,106887.php

 

Dans le sondage post-électoral réalisé par l’IFOP après le premier tour des départementales, les deux principales motivations des abstentionnistes ont été les suivantes : « parce ces élections ne changeront rien à votre situation » (21%) et « pour manifester votre mécontentement à l’égard des partis politiques » (20%). La première de ces deux motivations a été plus forte encore parmi les électeurs de Marine Le Pen de 2012 (34%), tandis que la seconde a été encore plus forte qu’en moyenne parmi les électeurs de François Hollande (31%) et de Nicolas Sarkozy (24%) de 2012.

La dimension sociologique de l’abstention correspond davantage au profil des abstentionnistes « constants », ceux qui s’abstiennent à presque toutes les élections ; la dimension politique, notamment lorsqu’il s’agit d’électeurs politisés, traduit un phénomène plus récent : l’abstentionnisme « intermittent » d’électeurs qui peuvent voter à une élection et pas à la suivante, à un tour d’une élection et pas à l’autre. On notera aussi que des effets générationnels existent : dans les générations plus anciennes, même si l’on est déçu de la politique, on continue de voter car « voter c’est un droit, mais aussi un devoir civique » comme il est indiqué sur la carte d’électeur ; en revanche les plus jeunes générations, marquées par une plus forte autonomie vis-à-vis des normes sociales, vivent davantage le vote comme un « droit » que comme un « devoir ».

SOURCE :  http://www.atlantico.fr/rdv/politico-scanner/radiographie-abstention-depuis-30-ans-ceux-qui-se-fichaient-elections-et-ceux-qui-faisaient-non-vote-choix-actif-2056277.html#s8vqgIfd0xoadCQE.99

 
 
Quand on regarde les leaders de Podemos, on constate un clair rajeunissement des élites : la plupart sont des trentenaires qui arrivent sur la scène politique, et qui incitent par là les autres partis à miser sur des nouveaux candidats plus jeunes. Sur les pratiques aussi, le style est nouveau. En cela, les débats pendant la campagne électorale ont été très instructifs : il n'y a eu qu'un débat très traditionnel entre Mariano Rajoy (candidat du PP) et Pedro Sánchez (candidat du PSOE). Les autres débats étaient plus ouverts, généralement en présence de quatre candidats, et sur un ton différent dans l'affrontement. Maintenant, si l'on observe l'organisation interne de Podemos, c'est un peu plus ambivalent.
Certains éléments marquent bien un renouvellement des pratiques politiques : le système de primaires ouvertes pour désigner les candidats (à la fois les candidats en interne mais aussi ceux qui se présentent aux élections), le recours au micro-crédit plutôt qu'aux banques pour gérer les financements. Sur le site internet de Podemos, on peut aussi accéder à la comptabilité du parti, et au détail des situations financières des candidats.
Néanmoins, l'organisation interne qui a été retenue lorsque le parti s'est structuré, à l'automne 2014, reste assez classique : elle est verticale, centralisée, avec un secrétaire général qui forme son équipe autour de lui, des conseils citoyens élus à tous les échelons, et qui retirent par conséquent du pouvoir aux militants investis dans les « cercles » de Podemos, à savoir ces assemblées de la base citoyenne du parti, qui s'étaient multipliées lors des débuts de Podemos. L'organisation n'est donc pas si différente de celle des autres partis politiques. Ceux qui l'ont choisie ont validé l'idée selon laquelle il faut avoir une organisation efficace pour remporter les élections législatives. C'est la priorité absolue de Podemos, quitte, pour cela, à renier sur les principes de démocratie en interne.
 
 

Les jeunes ont-ils voté Podemos ?

C’est une de ses caractéristiques par rapport aux autres partis. Les 18-24 ans sont particulièrement représentés. Quand on observe la moyenne d’âge de l’électorat du Parti socialiste espagnol (PSOE, 22 % des voix) et du Parti populaire (PP, droite, 28 %)), c’est l’inverse : les plus de 60 ans dominent [2]. Podemos arrive à mobiliser très fortement les jeunes, traditionnellement réfugiés dans l’abstention, et les gens qui ne votaient pas ou plus. Ces derniers constituent un électeur de Podemos sur quatre lors des dernières élections européennes, quand le parti, cinq mois après sa création, a recueilli 8 % des voix. Il a pour l’instant réussi à proposer une offre partisane alternative. Le sociologue José Fernández-Albertos analyse les évolutions de l’électorat de Podemos : jusqu’aux élections européenne, ceux qui votent Podemos ont plutôt un bon niveau social, sont diplômés et issus de la classe moyenne. Ensuite, alors que Podemos devient davantage visible médiatiquement, sa base sociale s’élargit et se diversifie. Comparé aux élections européennes, il a gagné près de quatre millions de voix et arrive premier en Catalogne et aux Pays basques.

http://www.bastamag.net/Un-Podemos-a-la-francaise-est-il-possible

 
PS : on parlait deja des invisibles en 2006 http://levidepoches.blogs.com/weblog/05_evnements/page/60/
 

 

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