3 approches de la Justice Sociale (wikipedia)
La justice sociale ou justice distributive prétend aboutir à une répartition des biens "socialement juste" dans une société. Elle cherche à combattre les inégalités en instaurant une égalité de résultats.
http://www.wikiberal.org/wiki/Justice_sociale
Strict égalitarisme
Selon cette conception de la justice, les ressources devraient être distribuées de façon à ce que tout le monde possède la même quantité. Cette conception de la justice nie donc la subjectivité de la valeur. Elle a besoin d’imposer une échelle de valeur commune à tous. Cette conception de la justice est donc essentiellement matérialiste et ramène tout à des mesures quantitatives arbitraires. C'est le supplice antique du "lit de Procuste", du nom de ce brigand qui raccourcissait les grands et allongeait les petits.
L’égalitarisme a aussi tendance à être un égalitarisme relatif. Il vaut mieux que deux personnes ne gagnent rien qu’une des deux gagne un peu plus.
L’égalitarisme doit aussi spécifier l’aspect temporel. L’égalité des ressources matérielles est valable pendant quelles périodes de temps ? Juste au début et on laisse ensuite la distribution de ressources se répartir selon les choix faits par les individus (starting-gate théorie) ou doit-elle être imposée constamment ? C’est en général cette dernière solution qui est proposée par les défenseurs de l’égalitarisme strict.
Cette conception de la justice a de nombreux défauts:
- elle nie le caractère subjectif de la valeur ;
- elle est matérialiste ;
- elle est arbitraire ;
- elle réduit la liberté des gens puisqu’on leur impose ce qu’ils peuvent posséder ;
- elle ne prend pas en compte le mérite des gens : celui qui travaille plus n’a pas forcément plus ;
- selon les théories du bien-être social, d’autres distributions de ressources interdites par cette conception de la justice permettraient néanmoins aux gens d’être plus heureux.
La notion de justice sociale, fondée sur un égalitarisme implicite, fournit l'alibi de toute politique démagogique de redistribution et devient le paravent le plus cynique de l'égoïsme : pour ceux qui parlent de "justice sociale", il n'est pas question de partager avec les moins riches qu'eux, mais bien d'accroître leur propre revenu aux dépens des autres.
Par ailleurs, comme le souligne Friedrich Hayek dans La Présomption fatale, la justice sociale est auto-contradictoire : elle redistribue une richesse qui n'aurait jamais été créée dans un système égalitariste, car cette création de richesse est motivée par la quête du profit.
Justice du bien-être social
La justice du bien-être social est principalement une invention des économistes. La théorie économique est censée être neutre et ne répondre qu’à des questions du genre : quelles seront les conséquences de telle action. La théorie économique n’est pas censée indiquer les buts à atteindre.
Les économistes ont voulu étendre leur théorie afin de pouvoir conseiller les politiques. Ce faisant, ils ont introduit, caché sous des couches de mathématiques, des principes éthiques implicites totalement non justifiés.
Il y a eu, par exemple, l’utilité. Une mesure d’utilité permettant de calculer les préférences d’une population. L’utilitarisme a été abandonné s’effondrant sous les critiques.
Le concept d’utilité a été remplacé par les courbes d’indifférences et la notion de fonction de bien-être social qui est censée mesurer le bien-être d’une société dû à un état donné de la distribution de biens et services. Il y a de nombreuses fonctions différentes. Il semble presque qu’il soit possible de justifier n’importe quelle distribution en choisissant la bonne fonction. C’est l’arbitraire le plus total. Ces fonctions ne sont justifiées par rien.
La seule notion qui tient la route, mais n’est pas très utile, est la notion de d'unanimité de Pareto. On peut dire que le bien-être social a augmenté en raison d’un changement si personne ne se sent moins bien et au moins une personne se sent mieux (optimum de Pareto).
Il y a de nombreux changements pour lesquels il est impossible de conclure avec cette règle. En outre, cette règle s’appliquant à des transitions, elle ne dit rien sur la justice de la distribution initiale.
Pour finir, la notion de bien-être social nie totalement l’individu. Selon les utilitaristes, il serait même justifié de sacrifier certains individus pour le bien-être de la société.
Justice libertarienne
Toutes les conceptions de la justice précédentes se placent hors de la société. La plupart (sauf peut-être Rawls bien que le second principe parle d’organiser les inégalités) se préoccupent de situations initiales ou finales plus que des actions.
La justice libertarienne est totalement différente en cela qu’elle s’intéresse aux actions. Ce ne sont pas les situations de départ ou d’arrivée qui sont justes (et selon quels critères ? ils sont tous plus ou moins arbitraires) : ce sont les actes. Le droit de chacun est fondé sur le droit naturel. Par un contrat, le droit de l'un se définit comme étant l'obligation de l'autre. Le tribunal arbitral est l'exécution d'une clause du contrat qui oblige les parties. La décision du Tribunal arbitral oblige ainsi les parties au même titre que le contrat lui-même.
La justice libertarienne ne cherche pas l’omniscience. Elle ne cherche pas à définir a priori ce qu’est une distribution de départ ou d’arrivée juste. Elle ne cherche pas à organiser la société pour établir cette distribution.
La justice libertarienne fournit des moyens. Ce n’est pas une justice de buts mais de moyens. Elle définit ce qu’il est juste ou injuste de faire sachant très bien que ce n’est que progressivement que l’Humanité pourra définir ce qu’est une situation juste et y parvenir (ou s’en rapprocher suffisamment) si on lui en donne les moyens.

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