
- C'est pas du tout ce que j'avais prévu !
- A qui le dis-tu !
Consacrer définitivement le principe de la redistribution sociale, à en faire le principe fondateur de la politique sociale, en lieu et place de la formation, de l'insertion professionnelle, etc.
"Depuis plusieurs années, on entend beaucoup parler, chez les libéraux, de cette idée de "revenu universel". C'est l'un des chevaux de bataille de Gaspard Koenig. Elle semble avoir un certain succès, beaucoup pensant que cela permettrait de tirer un "mieux" du système actuel, en le simplifiant ; un début de remède au système de redistribution étatique, en somme.
Aujourd'hui, on nous explique que le revenu universel permettra d'apporter un remède à l'Etat-providence et à la redistribution, en simplifiant le tout par une règle unique et simple : donner le même revenu de base à chacun, libre à lui, par la suite, de travailler pour s'enrichir plus ou pas, de dépenser cet argent pour son assurance maladie ou pour acheter un smartphone dernier cri. Les libéraux qui pensent ainsi font la même erreur fondamentale que les monétaristes : accepter un principe mauvais, dans un cas celui de l'existence d'une banque centrale, dans l'autre celui du rôle redistributif de l'Etat, et chercher un modèle économique et social qui soit libéral tout en intégrant ces prémisses fausses. L'intention, je ne le nie pas, est louable, et il faut bien admettre que cela pourrait donner des effets positifs à court terme. Mais à moyen et long terme, il s'agit tout bonnement d'une dévaluation de la pensée libérale qui, petit à petit, s'accomode de plus en plus de prémisses étatistes, et finit par n'être plus libérale du tout.
En réalité, les effets du revenu universel ne seront pas différents de ceux du monétarisme sur les banques centrales, et l'on va juste réussir à consacrer définitivement le principe de la redistribution sociale, à en faire le principe fondateur de la politique sociale, en lieu et place de la formation, de l'insertion professionnelle, etc."

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