Le sigle « glamour » d’économie collaborative, ne désigne aucunement un caractère coopératif, mutualiste ou solidaire au sens où nous pouvons le concevoir, c’est à dire tourné vers l’intérêt général de la communauté des participants

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Comme le précise très justement Hugues Sibille du Crédit Coopératif, ce sigle « glamour » d’économie collaborative, ne désigne aucunement un caractère coopératif, mutualiste ou solidaire au sens où nous pouvons le concevoir, c’est à dire tourné vers l’intérêt général de la communauté des participants, et pas uniquement vers celui de quelques actionnaires. En réalité, derrière l’économie collaborative, il y a toujours du numérique, mais il n’y a pas qu’une économie solidaire. Il y a un nuancier qui va d’associations sans but lucratif comme Wikipedia ou OpenStreetMap à des sociétés commerciales fiscalement ingrates comme Uber ou Airbnb.

Dans ce paysage en trois dimensions que dessinent la lucrativité économique (bénéfices nets en monnaie internationale), la lucrativité sociale (amélioration de la sécurité, de la justice, de l’éducation, de la qualité de vie, éradication de la misère) et lucrativité environnementale (augmentation des ENR, diminution des émissions, des polluants et des déchets, augmentation des circuits courts et fermés), l’essentiel des acteurs numériques, tout en comblant un déficit social ou environnemental réel (Kisskissbankbank, LaRucheQuiDitOui..), se trouveront en réalité polarisés à plus ou moins long terme vers une lucrativité économique du fait même de leur forme juridique. 

L’économie collaborative va donc enfanter des acteurs majeurs, captant une part importante de l’économie mondiale, remodelée pour y faire participer les « amateurs », mais n’intégrant pas au fond de contraintes d’intérêt général dans leur modèle économique. Doit-on s’en offusquer ? Le capitalisme numérique devrait-il être un mutualisme 2.0 ?

lire l'article http://pezziardi.net/2016/02/19/luberisation-joyeuse-ou-la-deprofessionnalisation-du-monde/

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