Bernard Stiegler propose de reconsidérer la nature même du travail et la manière de le socialiser et s’inspire du modele des intermittents du spectacle #cpa

Capture d’écran 2016-03-08 à 21.24.31

ECOUTER LE POCAST : http://www.rts.ch/info/economie/7514433-l-emploi-et-le-salaire-ne-peuvent-plus-etre-la-seule-voie-de-redistribution.html

En se basant sur l'analyse du prix Nobel d'économie Amartya Sen, il imagine un système permettant de nous consacrer à des activités plus épanouissantes. "Ce sera du travail, mais qui n'est pas forcément voué à être monétarisé par l'économie immédiatement." Il y en aurait de toutes sortes, allant de l'occupation de soi et des siens, au développement des savoirs en tous genres.

Le modèle des intermittents du spectacle

A la question "De quoi vivrons-nous?", le penseur propose de créer un revenu contributif, calqué sur le régime français des intermittents du spectacle. Ces derniers bénéficient d'un régime particulier d'allocation de chômage, qui fait qu'ils peuvent recevoir 70% de leur salaire toute l'année à condition de travailler 507 heures tous les 10 mois. Pour Bernard Stiegler, ce système devrait être progressivement étendu à d'autres activités.

"Les intermittents sont des gens qui produisent des savoirs de très haut niveau. Ce sont des comédiens, des metteurs en scène, des techniciens du spectacle, qui créent des choses qui ne sont pas reproductibles par d'autres", note-t-il. Et d'affirmer: "Demain, il sera de plus en plus nécessaire de développer ce type d'activités. Cela suppose de distribuer ce revenu, que l'on n'accorde qu'à la condition que les gens sachent le valoriser dans la vie quotidienne".

A l'école d'Amartya Sen

Bernard Stiegler base ses idées sur les analyses de l'indien Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998. Il montrait dans les années 1970 que les gens du Bangladesh étaient plus heureux et avaient une espérance de vie meilleure que les gens de Harlem, aux Etats-Unis.

Selon Amartya Sen, les Bangladais avaient développé des savoirs-vivre, des savoirs-faire, ou des savoirs spirituels, ce que les personnes vivant à Harlem, très prolétarisés, avaient perdus.

Laisser un commentaire