Image : Laur Fisher en vidéo sur la scène de Lift, photographiée par Ivo Naepflin.
Sur la scène de Lift, le grand écran plongé dans le noir joue une étrange musique. C’est le son de Wikipédia. Plus précisément, c’est la musique des mises à jour des articles de l’encyclopédie collaborative mondiale. Pour Laur Fisher (@lehhf), qui apparaît en vidéo, c’est la musique du progrès de la connaissance et des possibilités qu’offre le numérique pour l’intelligence collective. “Je travaille au Centre pour l’intelligence collective du MIT qui étudie comment les outils collaboratifs et ouverts peuvent résoudre des problèmes qu’on ne saurait adresser autrement. Je veux résoudre le problème du changement climatique”. Le souci est que nous sommes trop lents à résoudre ce problème. “On tente de le résoudre depuis plus de 40 ans… Si la Cop21 à Paris a établi un important accord pour avancer de manière collective, le travail est loin d’être terminé. S’il est difficile pour les pays de tenir leurs objectifs et engagements, l’accord ne sera peut-être pas suffisant pour faire diminuer les gaz à effet de serre rapidement. Nous sommes confrontés à une situation complexe.”

Image : Laur Fisher en vidéo sur la scène de Lift, photographiée par Ivo Naepflin.
Changement climatique : les solutions individuelles ne suffiront pas !
Pour affronter cette complexité, Laur Fisher et le MIT ont lancé l’initiative Climate CoLab. Une plateforme de discussion en ligne où quelque 50 000 contributeurs travaillent ensemble pour sélectionner les meilleures propositions pour résoudre le changement climatique. L’idée est de démonter les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés en plus petites unités et de solliciter des solutions de la communauté via des concours, évalués par des experts. Cette méthode a permis de repérer des projets aussi divers que SunSaluter, un dispositif à très faible coût pour améliorer de 30% l’efficacité des panneaux solaires en leur permettant de s’incliner en suivant le soleil. Ou encore une solution de compensation des émissions carbone du transport maritime (qui représente 80% du fret mondial) via des droits de douane calculés sur les consommations énergétiques des bateaux. Ou encore, une solution de cryptomonnaie mondiale pour les entreprises et organismes qui limitent leurs émissions de CO²…

Image : le projet SunSaluter, un dispositif pour améliorer l’efficacité des panneaux solaires.
Pour Laur Fisher, les solutions individuelles ne suffiront pas à adresser le problème climatique. Il faut imaginer des combinaisons de solutions. Climate Collab est une plateforme qui sert à créer des stratégies pour proposer des solutions et estimer leurs effets. Les meilleures idées ne viennent pas toujours des experts, souligne la jeune femme, en évoquant les propositions de Dennis Peterson, un informaticien de Caroline du Nord, qui a proposé plusieurs idées qui ont été sélectionnées et récompensées par les experts de Climate Collab. Pour Laur Fisher, “les nouvelles technologies permettent de concevoir des solutions plus efficaces, pas seulement parce que la technologie optimise les solutions, mais d’abord parce qu’elles permettent à des gens de travailler ensemble pour améliorer les propositions”, conclut-elle en invitant les gens à rejoindre la plateforme et à y formuler des propositions. “Un jour, comme pour Wikipédia, il y aura aussi une musique pour célébrer les propositions autour des solutions climatiques. Ce sera la symphonie du monde qui se réunit pour résoudre le problème du changement climatique.”

Image : page d’accueil de Climate Collab.
Le numérique : outil de collaboration planétaire
Pour Daniel Kaplan (@kaplandaniel), modérateur de cette session et délégué général de la Fondation internet nouvelle génération – et directeur de la publication d’InternetActu -, l’idée de cette session est venue d’une provocation née d’un document de prospective (.pdf) publié par la Fing : si les transitions écologiques ont un but, elles ne connaissent pas le chemin pour y parvenir, à l’inverse, si la transition numérique transforme le monde, elle ne sait pas toujours dans quel but. Ces 2 transitions ont besoin l’une de l’autre pour coordonner leurs objectifs à leurs moyens. Il est nécessaire de rapprocher les acteurs du changement climatique des acteurs de la technologie.

Image : l’initiative Transitions² de la Fing.
Comme le soulignait Laur Fisher, depuis 40 ans que nous sommes conscients du problème climatique, nous n’avons pas fait d’avancées importantes pour réduire nos émissions de carbone. Or, ces 40 dernières années sont aussi celles du développement informatique et numérique. Si ce dernier n’a pas créé le problème climatique, on ne peut pas dire que jusqu’à présent il n’ait aidé à trouver des solutions faciles ou simples, explique Daniel Kaplan dans sa présentation.
“Oui, nous faisons face à des problèmes complexes. Et pour les affronter, nous devons faire un pas de côté. Le changement climatique, l’acidification des océans, le manque d’eau potable, la disparition des terres arables… Tous les indicateurs nous montrent que nous sommes en train de dépasser nos limites. Or nous sommes 7,3 milliards sur notre planète, bientôt 9 milliards. Et nous n’avons pas de planète de rechange. Comment vivre ensemble sur la même planète ?”
lire l'article : http://www.internetactu.net/2016/03/01/de-la-transition-numerique-a-la-resilience-ecologique/

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