Histoire du management : « L’efficacité devient une fin en soi » Au XVIIIe siècle, le management concernait la maison, les enfants et les femmes enceintes. Aujourd’hui, le monde moderne vit sous l’emprise de la gestion.

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http://www.dynamique-mag.com/article/du-manager-reporting-au-manager-humain.3737

D’où vient le management qui règne aujourd’hui dans les entreprises  ? Comment la culture des managers s’est-elle imposée dans les entreprises  ? Et que nous fait-elle  ? Qu’amène la révolution numérique dans tout ça  ? Le jeune chercheur Thibault Le Texier répond à ces questions dans « Le maniement des hommes » qui vient de paraître aux éditions La Découverte.

Rue89 : Pourquoi vous êtes-vous intéressé au management, sujet a priori aride et peu sexy ?

Thibault Le Texier : Parce que le management est un art de gouverner. Il pose des questions politiques  : comment on gouverne un groupe d’individus, comment on leur fait faire ce qu’on leur demande, avec des sanctions et des récompenses… C’est de la science politique, et je trouve ça passionnant.

Dans votre livre, vous expliquez que contrairement à ce qu’on pourrait penser, le management n’est pas né avec le capitalisme, l’usine, la grande entreprise… – mais dans la sphère de la maison.

C’est une partie occultée du management  : on l’associe toujours au «  business », mais j’ai découvert que les premiers manuels de management, au XVIIIe siècle, concernent la sphère domestique. Quand on parle de management, c’est au sujet des enfants, des femmes enceintes, des vieillards, des chevaux… L’idée centrale, c’est qu’on prend soin d’êtres dépendants  : des femmes enceintes, des enfants ou des malades. A ce moment-là, le management se fait dans un cadre intime, dans une économie domestique, et il est souvent lié à des relations personnelles.

Comment le management arrive-t-il dans l’économie et l’industrie ?

Pendant longtemps, les ingénieurs ne se sont pas du tout préoccupés d’organiser le travail. Pour eux, les gains de productivité pouvaient être atteints juste en perfectionnant les outils. Si on avait une bonne machine, on arrivait toujours à trouver des ouvriers pour les faire marcher.

Mais les gains de productivité mécanique sont progressivement devenus de moins en moins élevés. Par ailleurs, à la fin du XIXe siècle, il y a un vrai problème avec le travail  : on arrive mal à faire travailler les ouvriers, ceux-ci ne restent pas longtemps dans les entreprises… Autour de Frederick Taylor [ingénieur américain fondateur de l’organisation scientifique du travail et du management scientifique, ndlr] un groupe d’ingénieurs se dit alors  : «  Ce qui nous intéresse, ce n’est plus les machines – c’est d’étudier les êtres humains.  »

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