http://www.syti.net/Criminalisation.html
Dominique Rousseau considère que l’on ne peut plus laisser à la représentation le monopole de la fabrication de la loi. Il propose la création d’une « assemblée sociale délibérative » dont les membres citoyens seraient tirés au sort ou élus, soit désignés par des associations, des syndicats, des groupes représentatifs des différentes activités socio-professionnelles. Des citoyens « concrets » pris dans leur activité sociale. Seraient également organisées des conventions de citoyens tirés au sort à qui l’on soumettrait notamment les grandes questions de société et technologiques.
Si l’on se tourne vers le monde réel, nous constatons qu’il existe déjà une sphère citoyenne extrêmement active en France et dans tous les pays industrialisés qui analyse, délibère, informe et agit. Surtout, bien sûr, dans le domaine écologique, mais pas seulement parce que les principales organisations concernées ont dépassé la problématique environnementale pour intégrer le social. Elles deviennent en cela des acteurs « politiques » majeurs qui, en vérité, embarrassent beaucoup les gouvernants et les multinationales.
Or, ces organisations citoyennes se sont constituées et se perpétuent grâce à l’implication de bénévoles et de salariés animés par le désir d’être des citoyens actifs, informés, réfléchis, aptes à formuler un avis éclairé dans les domaines sur lesquels ils s’impliquent. Il ne s’agit pas d’élus, de représentants, de gouvernants, mais bien de personnes ordinaires qui ont acquis un vrai désir d’agir dans le sens de l’intérêt général et de l’éthique qu’ils ne confondent pas avec la satisfaction systématisée du plus grand nombre.
La réalité c’est qu’ils se heurtent aux intérêts particuliers puissants défendus par les gouvernants. Pour avancer dans le sens de l’intérêt général, ces organisations citoyennes doivent déployer des trésors de ruses, de patience, s’exposer à des risques majeurs, voire à la prison, souvent dans l’indifférence des médias. Qu’est-ce qu’un individu isolé tiré au sort offrirait de plus qu’un citoyen actif dans une association de ce type ? Pourquoi va-t-on chercher au hasard dans le public des individus atomisés, mal informés, pour participer à une assemblée sociale délibérante ?
Il est tout à fait étonnant que l’on continue à citer comme exemple le jury citoyen tiré au sort constitué il y a quelques années pour délibérer à posteriori sur les nanotechnologies. Cet exercice, organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) a donné lieu à une controverse qui n’est pas encore éteinte. Elle a provoqué une confrontation brutale entre la technocratie affairiste et les associations citoyennes investies depuis des années dans l’étude des risques de cette innovation.
lire l'article : https://blogs.mediapart.fr/alain-zolty/blog/140116/de-la-democratie-du-citoyen-et-de-lethique

Laisser un commentaire