Le design fiction, un nouvel outil pour se projeter dans le futur. Par Nicolas Minvielle et Olivier Wathelet, auteurs du livre « Jouer avec les futurs », ou « comment utiliser le design fiction pour faire pivoter votre entreprise ».


La station Arts et Métiers, à Paris. (Crédit : Stephen Butterworth /Wikimedia Commons)

La station Arts et Métiers, à Paris. (Crédit : Stephen Butterworth /Wikimedia Commons)

Pour se projeter dans le futur, il existe pléthore de techniques allant de la créativité à la prospective. Toutes offrent des voies entre le présent et des futurs probables et préférables, à risque ou vertueux.

Étrangement, et jusqu’à une époque récente, les efforts parfois considérables engagés dans ces technologies de projections faisaient l’impasse sur cet autre versant de la créativité humaine qu’est la science-fiction et, plus largement, les imaginaires de la culture populaire. Ceux-ci contribuent pourtant à matérialiser des futurs possibles, et sont à ce titre une sorte de grand laboratoire d’idées.

Le design fiction est à la croisée de ces deux univers. Cette pratique, nommée pour la première fois au milieu des années 2000 par l’américain Bruce Sterling, auteur de science fiction, fait depuis lors l’objet de nombreux développements dans le champ du design.

Il s’agit de l’usage délibéré de prototypes diégétiques pour suspendre les résistances face au changement. Autrement dit, le design fiction est un ensemble d’artefacts mis en scènes, donnés à manipuler à des individus pour qu’ils se confrontent à un monde possible.

La culture de l'innovation

Le futur devient alors un prétexte pour envisager le présent autrement et surtout décider de nouvelles orientations pour agir. Pour certains, à l’instar des designers britanniques Anthony Dunne et Fiona Raby, le design fiction a avant tout une portée critique. Il doit s’extraire des enjeux de commercialisation et de production, et illustrer explicitement les limites de partis pris contemporains.

Parallèlement à cette veine polémique, la posture d’autres designers tels que Julian Bleecker est de montrer les liens entre la science-fiction et les imaginaires techniques de l’industrie. En réponse à la vision pessimiste qu’entretiennent certains analystes de la culture de l’innovation [1], il a montré les nombreux échanges existants entre ces univers.
De sorte que les emprunts partagés s’avèrent des leviers créatifs puissants pour débattre des orientations de l’innovation.

 

lire la suite de l'article : https://www.wedemain.fr/Le-design-fiction-un-nouvel-outil-pour-se-projeter-dans-le-futur_a1993.html

Laisser un commentaire