Comme l’évaluation de la performance financière, la mise en place d'outils de mesure de la performance sociale peut s'avérer pertinente pour l’entreprise. De plus en plus de financeurs sont demandeurs de ce type d'indicateurs. Dernière en date, la Société générale qui vient de lancer sa seconde émission obligataire à impact positif. Les entreprises commencent à s’y mettre malgré l’apparente complexité de la tâche. Le cabinet Kimso les accompagne dans cette démarche depuis deux ans. Émeline Stievenart en est la directrice associée. Elle a également co-écrit un article pour la revue Recma sur le sujet. Entretien.

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Novethic : Quelle définition donnez-vous de l’impact social ?
Émeline Stievenart : L’impact social concerne les effets d’une action sur ses principales parties prenantes. L’idée est de dépasser les réalisations (nombre de jours de formation qu’on anime, nombre de personnes en situation de handicap accueillies…) en s’intéressant à ce que cela change, à ce que les actions apportent aux bénéficiaires, à leur entourage et plus largement à la société. Il s’agit de revenir au sens de l’action.
En France, on parle d’utilité sociale depuis très longtemps dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, mais les termes d’impact social, utilisés à l’étranger, sont de plus en plus courants avec le développement de l’entrepreneuriat social et de l’impact investing.
Qu’apporte le fait d’évaluer cet impact social ?
C’est pour certains un moyen de lever ou de renouveler des financements en faisant la preuve de l’utilité de l’action conduite et de la rentabilité de cet investissement pour la société. Mais mesurer son impact social permet aussi à l’organisation de mieux connaître ce qu’elle fait, ses bénéficiaires, leurs besoins, les effets générés, et d’entrer dans une démarche d’amélioration et de concertation avec ses parties prenantes.
Évaluer son impact, c’est s’inscrire dans une démarche structurée de questionnement sur son action.
Passer du discours aux actes
En France, les entreprises s’emparent-elles de la question ?
Oui, mais je ne mesure pas l'ampleur du phénomène. Kimso a été créé il y a deux ans pour accompagner des entreprises sociales, des directions RSE et des financeurs dans l’évaluation et l’amélioration de l’impact social et je vois en effet qu’il y a une appétence. C’est un sujet de discussion, qui fait débat, et on commence à passer du discours à la mesure, même si on est loin d’une généralisation.
C’est une pratique qui demande du temps et un certain budget, donc certains se disent que ce n’est pas prioritaire. C’est aussi un sujet qui peut faire peur car il apparaît comme complexe. Mais bien souvent, les organisations qui se sont lancées ne le regrettent pas.
Ce que je répète souvent c’est qu’il ne s’agit pas tant de pointer tel ou tel résultat. C’est aussi la démarche qui est intéressante. Il n’existe pas une seule et même méthode, mais plusieurs, qui s’adaptent aux besoins, aux motivations et aux ressources de l’organisation. C’est pourquoi il est primordial de commencer par se demander pourquoi on veut mesurer son impact social, ce qu’on cherche à savoir, de combien de temps et de quel budget on dispose.
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Liens utiles :
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- Méthode par groupe de comparaisons : Esther Duflo et le Jameel Poverty Action Lab
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