
93% de la population française possède aujourd’hui un téléphone mobile, et lui consacrerait en moyenne une heure et demie par jour (We Are Social, 2017). Mémoires artificielles et outils de gestion personnels, ces nouveaux compagnons entendent faciliter notre quotidien au point de devenir incontournables. Seulement, à trop se reposer sur eux, ne risque-t-on pas de délaisser nos propres facultés intellectuelles et plus particulièrement notre mémoire interne ? Des premières études qui se font l’écho de ces inquiétudes tirent la sonnette d’alarme quant à une utilisation intensive et démesurée de ces outils. Capacité d’attention et de mémorisation seraient amoindries, et les jeunes générations se retrouvent en première ligne face à ces risques. Alors que le numérique tend à s’imposer à l’Ecole, pour le meilleur comme pour le pire, les UP Conferences, en partenariat avec Planet, vous proposent de réfléchir aux conséquences de l’externalisation de la mémoire humaine, et de cerner l'impact profond de ce bouleversement technologique et socioculturel aux multiples facettes.
Sociologue de l’imaginaire et co-fondateur d’Eranos, Michael Dandrieux abolit la séparation entre conscient et inconscient pour porter un regard nouveau sur les sociétés. Il décrypte ainsi les relations que les individus entretiennent avec le rêve, la magie et le mystère pour mieux comprendre l’évolution des comportements. Mais dans un monde habité par la technologie, et ou l’ennuie n’existe plus, quelle place reste-t-il à l’imagination ?
Neuropsychologue, directeur de l'unité de recherche Inserm-EPHE-université de Caen et président du conseil scientifique de l'Observatoire B2V des mémoires, Francis Eustache est incontestablement l'un des meilleurs spécialistes français de la mémoire. Parmi ses différents programmes de recherche, il dirige l’unité de recherche Inserm "Neuropsychologie et imagerie de la mémoire humaine" avec laquelle il étudie les mécanismes de la mémoire et des maladies qui y sont liées, et observe de près l’impact des nouvelles technologies sur notre capacité de mémorisation et de concentration.
Docteur en psychologie et Maître de conférences en psychopathologie à l’université de Rouen, Lise Haddouk travaille sur le champ de la cyberpsychologie et de la télépsychothérapie. A ce titre, Elle étudie l’impact de la révolution numérique sur le comportement, le développement cognitif et l’attitude sociale des individus, et plus spécifiquement des plus jeunes.
Armen Khatchatourov, philosophe et ingénieur chercheur à la Télécom École de Management et Membre de la chaire Valeurs et Politiques des informations Personnelles de l’IMT, porte ses réflexions sur « l’éthique by design ». Il réfléchit ainsi à la place à accorder aux aspects éthiques dans la conception des machines intelligentes pour permettre aux consommateurs d’adopter une utilisation responsable et consciente de ces nouveaux dispositifs.
Après des études en communication digitale et de journalisme à Sciences Po Paris, Mathilde Saliou partage désormais sa passion pour le monde de la tech et l’intelligence artificielle au sein de Planet, un média jeune et innovant qui appréhende la complexité des révolutions fascinantes que nous sommes en train de vivre sous formes d’histoires simples, courtes et originales.
Michael Dandrieux, Francis Eustache, Lise Haddouk et Armen Khatchatourov seront réunis à l’occasion de cette nouvelle UP Conferences. Ensemble, et sous la conduite de Mathilde Saliou, ils éclaireront l’impact de la révolution numérique sur les individus, pour permettre à chacun de prendre le recul nécessaire quant à l’utilisation de ces outils qui portent en eux des promesses encore contradictoires.

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