L’économie populaire : des activités économiques qui s’intègrent dans un ensemble de relations sociales.

 

Qu’est-ce que l’économie populaire ?

L’économie populaire regroupe les activités de groupes sociaux précaires pour satisfaire leurs besoins de base : récupération et revalorisation de déchets pour les revendre une fois réparés, ateliers de cuisine de denrées issues de la récupération, vente de rues et sur des marchés, etc. Le concept se veut plus restreint que celui d"économie informelle", en excluant les activités illégales et en se concentrant sur les enjeux de création et d’innovation que portent les personnes en situation précaire. Elle est de ce fait plus proche de l’idée d’une économie de la débrouille, qui s’appuie sur le potentiel économique de petits travaux requérant peu d’investissements.
Abdou Salam Fall et Louis Favreau expliquent, pour présenter leur travail sur la création de richesses en contexte de précarité, qu’il existe un enchâssement très fort entre l’aspect économique et l’aspect social dans ces pratiques : « Les activités économiques s’intègrent dans un ensemble de relations sociales. [Elles] supposent que les acteurs, individuels ou collectifs, utilisent des relations personnelles pour atteindre leurs objectifs entrepreneuriaux. » C’est en ce sens que l’on parle d’entreprises communautaires, fortement liées à la structure sociale.

L’idée d’une économie populaire permet également de penser la structuration sociale de la création de biens et de services et la potentielle organisation avec les autres acteurs locaux, et notamment les acteurs publics. En effet, si elle regroupe des initiatives de petits groupes d’individus, souvent familiaux, elle peut aussi porter en germe une organisation d’ampleur plus importante et un certain degré d’officialisation, voire d’institutionnalisation. Le regroupement d’activités portées par diverses personnes peut ainsi se structurer en coopératives, associations, regroupements villageois ou mutuelles.

En Argentine par exemple, ces structures jouent un rôle institutionnel avec la création de la Confédération des travailleurs de l’économie populaire (CTEP). C’est ainsi que l’économie populaire devient pleinement sociale et solidaire. Grâce à cette structuration, deux éléments entrent en ligne de compte : d’une part la constitution d’une gouvernance partagée et d’autre part le passage d’une activité économique relevant de la survie de foyers individuels à la possibilité de croissance de l’ensemble des activités avec une meilleure sécurité du travail pour les personnes. Après une reconnaissance de l’action par les pouvoirs publics, il est possible pour ces activités d’économie populaire sociale et solidaire d’être soutenues par des politiques publiques locales (voire nationales) et de l’aide au financement : un excellent exemple en est le développement de Banco Palmas au Brésil, qui, après une période d’hostilité à son activité de monnaie locale de la part des pouvoirs publics, a pu être reconnu par ceux-ci et essaimer en banques locales dans tout le pays, apportant une solution aux territoires pauvres délaissés.

Le mode d’entreprendre qu’est l’économie sociale et solidaire peut avoir des sources diverses : dans de nombreux pays étrangers, elle intègre une économie populaire regroupant les personnes exclues du marché du travail qui créent leur propre activité de façon informelle. Regroupées en structures associatives ou coopératives, elles produisent une économie issue initialement de la débrouille et qui porte des solutions concrètes aux besoins de territoires souvent pauvres et délaissés. Coopération, sortie de la précarité, activités environnementales et sociales se conjuguent dans l’économie populaire sociale et solidaire.

LIRE L'ARTICLE : http://www.lelabo-ess.org/a-l-etranger-l-economie-populaire-sociale-et.html

 

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Pour aller plus loin :
Dictionnaire de l’autre économie, sous la direction de Jean-Louis Laville et Antonio David Cattani – "Economie populaire"

Photos : via Flickr Creative Comons : Coruripe Litoral de Alagoas par Maria Hsu, Cartonera par Beatrice Murch, 21 de octubre de 2017 par Asamblea Nacional del Ecuador

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