On manque tous de temps pour explorer les sujets essentiels, ceux qui ne sont pas nécessairement liés au quotidien. Chaque problème nous éloigne d'un temps libre, d'un temps pour soi, d'un temps pour la planète.
Les travaux d’Elke Weber montrent que nous avons un quota d’inquiétudes au-delà duquel on interchange les problèmes. Nous sommes incapables de maintenir notre peur du déréglement climatique lorsque d’autres problèmes surviennent comme l’inflation, les conflits à Gaza, ou une urgence personnelle, … Alors comment faire face aux enjeux de la fin du monde (et ceux de la fin du mois) qui s'additionnent dans une longue liste ?
C’est dans ces temps de repos que nous pouvons nous (re)poser les grandes questions existentielles qui sont aussi essentielles à la bonne marche de nos activités quotidiennes.
Le « temps à soi » était pour Sénèque un temps vital nous rappelle Flora Bernard, co-fondatrice de Thaé, agence de philosophie. Les stoïciens, à la différence des épicuriens, vivaient dans la cité et étaient actifs sur le plan politique. Le stoïcien pense dans la vie, et c’est pourquoi le temps à soi stoïcien doit s’articuler avec la vie active. Nous ne pouvons servir le bien commun, les autres, sans avoir ce temps de retrait des choses mondaines.
Il est aussi urgent de prendre du temps juste pour se reposer, sans penser à demain. Quand nous sommes dans l’action, nous utilisons nos ressources (alimentaires, physiques, familiales…). C’est quand nous sommes au repos que nous nous ressourçons, nous récupérons nos capacités physiques et mentales, soignons la relation aux autres, vivons à notre rythme. C’est à ce moment là que la régénération se fait afin de continuer de mener les projets qui nous tiennent à cœur en pleine forme et joyeux !
Et si ce moment de repos était utilisé pour se reconnecter à la nature ? Pour vivre à son rythme alors que l'automne s'installe ? Glenn Albrecht nous propose de raviver notre biophilie – notre amour pour la nature – notre lien au vivant – sur notre planète natale.
C'est une façon de retrouver la motivation d'adopter des comportements plus responsables, la curiosité de l'autre – humain ou non humain…l'énergie de nous mobiliser collectivement pour mieux vivre tous ensemble sur terre.

Laisser un commentaire