CHANGER DE CAP POUR ALIGNER ECONOMIE, ENVIRONNEMENT ET SOCIÉTÉ

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Malgré les discours affichés publiquement, dans les entreprises, la transition écologique et sociale et la RSE est souvent reléguée au second plan, avec des budgets et des moyens humains et techniques limités. Pour réussir la transition écologique, il nous faut changer de cap en reliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. L'entreprise à visée régénérative doit travailler son business model pour que les actions engagées soient viables. Notre conviction c'est que cette viabilité repose sur des nouveaux produits / services.
 

Les professionnels de la RSE traversent une crise de sens

Sylvie est responsable RSE dans une grande entreprise industrielle, et elle témoigne pour Novethic que la plupart des gens dans le monde de l’entreprise n’en ont rien à faire de la crise écologique, la priorité c’est le business : “Globalement, les gens s’en foutent, il y a une certaine apathie. Ils ont beau s’inquiéter, la plupart d’entre eux font l’autruche aussi. Personne ne voit vraiment ça comme une crise existentielle.” Dans son entreprise, elle porte à bout de bras les sujets RSE, mais décrit la frustration de ne pas parvenir à mobiliser autour d’elle. “Les gens sont pris dans leur quotidien, ils ont la pression de leur hiérarchie, ils ont des objectifs financiers… alors la RSE, ça passe au second plan”.
 
“On n’y est pas du tout”, commente pour Novethic Patrick d’Humières, spécialiste du management de la RSE, qui ajoute “dans leur majorité, les démarches RSE sont encore peu transformatives et systémiques, et ne portent pas sur l’ensemble des objectifs de durabilité.” Les entreprises tendent en effet à se focaliser sur une sélection réduite d’ODD, négligeant les autres : les ODD portant par exemple sur le réchauffement climatique, ou sur l’emploi et la croissance “sont largement priorisés par les entreprises françaises” quand ceux liés à la pauvreté ou à la biodiversité sont encore souvent oubliés. 
 
Changer le cap du développement durable 
 
Changer de cap c'était déjà le titre du livre de Stephan Schmidheiny qui prônait le développement durable pour réconcilier le développement de l'entreprise et la protection de l'environnement. Celui çi c'est traduit par l’utilisation d’instruments économiques dans la mise en œuvre des politiques publiques de protection de l’environnement, avec un volet contraignant pour les entreprises dans une logique pollueur-payeur. 
 
Cette démarche soulève deux objections majeures. D’une part, il est admis depuis longtemps que la valeur des biens communs, dont l’environnement est un exemple type, ne peut être obtenue à partir des méthodologies reposant sur le consentement à payer . Les bien communs ne sont pas marchands, la nature, la vie n'a pas de prix. D’autre part, le niveau optimal de pollution ou de dépollution calculé à partir de valeurs économiques n’a aucune base écologique, et s’avère totalement déconnecté des réalités biophysiques. "The Green Economy: Environment, Sustainable Development and the Politics of the Future" Michael Jacobs.
 
Il en est de même coté consommateurs avec la logique du consentement à payer plus cher un produit responsable. Comme si il y avait une taxe éthique. L'environnement apparait souvent comme une contrainte de plus au moment de l'achat. L'enjeu est de relier les engagements écologiques avant tout avec la qualité du produit mais aussi valoriser les impacts sur la nature, la société et plus largement la qualité de vie. Si 73 % des sondés attendent des enseignes des prix compétitifs, les préoccupations environnementales ne sont pas pour autant écartées. Ainsi, ils sont 45 % à attendre qu'elles soutiennent les agriculteurs français et 39 % qu'elles valorisent les produits made in France. source
 
Il nous faut sortir de ce compromis institutionnalisé forgé de règles qui orientent et guident l’action économique et sociale pour une période donnée, jusqu’à ce que s’aggravent les tensions non résolues par le compromis au point de le déstabiliser. Ainsi, le modèle de développement écologiste ne doit pas reposer sur un compromis avec la nature, mais plutôt sur un compromis au sujet de la nature, sur la base duquel sera établi un schéma particulier d’interaction entre les humains et les écosystèmes conforté par une représentation de la nature largement partagée. "Fondements d'une sociologie économique de l'environnement" Corinne Gendron 
 

Principaux fondements d’un business model régénératif

Les modèles économiques régénératifs s’ajoutent aux modèles économiques durables et circulaires en mettant l’accent sur les systèmes socio-écologiques (Berkes et al., 2000), basés sur une compréhension de la planète en tant que système vivant, ce qu’on appelle l’hypothèse de Gaia (Lovelock, 1988).

Ils proposent également le nouvel objectif et le nouveau cadre de la santé planétaire et du bien-être sociétal et avancent un récit motivant qui ne vise pas seulement la réduction des impacts négatifs (zéro net) ou l'équilibre entre la création de valeur économique, sociale et environnementale (triple résultat), mais invitent à une redéfinition de la relation entre l'homme et la nature.

Les business models régénératifs mettent également l’accent sur les questions de leadership et de spiritualité, ainsi que les droits de la nature et des animaux et le rôle des communautés autochtones dans la reconnexion des humains et de la nature. Towards regenerative business models: A necessary shift? 

 

Cap vers la régénération

La régénération entend remettre le vivant, qu’il soit humain ou non humain, au cœur de chaque décision en mobilisant une coalition de parties prenantes autour d’une activité économique ancrée dans un territoire.

Pour évaluer la transformation régénérative, Bpifrance Le Lab, Lumia et la CEC ont élaboré un cadre d’analyse qui repose sur cinq dimensions (ici)

1 – Voir beaucoup plus loin que le climat et intégrer la complexité 

2 – Se reconnecter au vivant tout au long de la chaîne de valeur 

3 – Transformer en profondeur son modèle économique 

4 – Développer une gamme de produits ou services compatibles avec le vivant 

5 – Placer l’humain au coeur des transformations

 

Les piliers de la régénération

A l’occasion des « lauriers de la régénération » nous avons mis en valeur les entreprises les plus engagées et 4 grandes orientations se sont dégagées pour favoriser l’émergence des innovations dans les entreprises à visée régénérative. LES PIONNIERS DE LA RÉGÉNÉRATION #LAURIERS2024

  • Réconcilier Économie et Écologie

L’économie régénérative s’oppose à l’idée conventionnelle selon laquelle la croissance économique nécessite fatalement l’exploitation intensive des ressources naturelles. Elle propose, à contrario, de contribuer aux écosystèmes : de la biodiversité à la santé humaine en passant par le carbone.

Le modèle économique de l’économie régénérative, c’est l’économie de la mutualité qui postule que les ressources naturelles et humaines sont à valoriser comme capitaux de l’entreprise au même titre que le capital financier et que la création de valeur s’effectue dans des relations mutuellement bénéfiques entre les parties prenantes réunies dans un intérêt commun.

  • Inscrire l’offre commerciale comme premier levier de transformation

Transformer le business model des entreprises passe par le lancement de produits et de services issus de pratiques régénératives.

Pour trouver un modèle économique viable, encore faut-il commercialiser des offres alternatives, des produits et services issus de pratiques régénératives qui rencontrent les attentes des consommateurs responsables.. Et ceci à un prix raisonnable alors que l’inflation baisse mais incite toujours à revoir ses priorités.

Ces produits issus de pratiques régénératives du vivant  transformeront l’entreprise progressivement en entreprise régénérative au fil des innovations lancées.

  • Poser un cadre pour guider l’action

Les équipes au sein des entreprises ont besoin d’un cadre qui permet à la régénération d’émerger au sein d’une nouvelle gouvernance, de type Bcorp.

Il en est de même pour les coalitions de parties prenantes afin de réussir à s'accorder sur les pratiques à adopter et les valoriser via des labels comme ROC ou des systèmes de type planet-score dans l’alimentation ou clearfashion dans le textile.

En effet, les pratiques régénératives doivent être certifiées par des organismes tiers sur base des cahiers des charges. Les impacts aussi bien dégénératifs que régénératifs doivent être communiqués en toute transparence aux consommateurs, usagers et habitants.

  • Le leadership régénératif

Une attention particulière à été portée sur comment, à travers ses interactions avec les autres parties prenantes chacun contribue à la « régénération » de l’autre. Par exemple, en lui prêtant une écoute empathique permettant à chacun d’être compris dans sa singularité, y compris dans ses vulnérabilités, et de développer son potentiel propre. 

L’entreprise régénérative nécessite un changement de modèle mental. Sortir de la prédation des ressources naturelles, humaines mais aussi financières. Adopter la régénération dans une logique de prendre soin du vivant

Elle demande enfin un ré-alignement des parties prenantes au niveau local pour délivrer ensemble des services socio-écosystémiques. Avec un changement de gouvernance pour donner une voix à toutes les parties prenantes de la qualité de vie dans un territoire, y compris la nature et les générations futures puisque nous sommes tous vivants.

 

L'entreprise à visée régénérative doit travailler son business model pour que les actions engagées soient viables. 

🤘 Notre business model canvas de l’entreprise régénérative c'est à la fois un outil et une série d’ateliers pour lancer de nouveaux produits, services issus de pratiques régénératives avec son réseau de partenaires ou un projet territorial à visée régénérative. https://lnkd.in/erZGmfb5

Dans l​​a ​lignée des ​nouvelles directives CSRD​, le business model canvas de l’entreprise régénérative​ permet aux directions RSE de prendre la mesure de leurs impacts et de mettre en place un cadre opératoire avec les parties prenantes internes et externes afin de limiter les risques, les impacts négatifs et de mettre en valeur leurs contributions positives au niveau d’un territoire comme la France.

Le REGEN BMC permet aux directions innovation de concilier la résilience des activités économiques et la régénération de la nature avec un plan de transformation porté aussi bien en interne par les équipes marketing que les achats que par les partenaires clés de l’entreprise en externe.

Le REGEN BMC permet enfin de réunir tous les habitants d’un territoire autour d’un projet à visée régénérative mené par la collectivité locale seule à même de réunir l’ensemble des parties prenantes dans un intérêt commun.

 

LE BUSINESS MODEL CANVAS DE L'ENTREPRISE REGENERATIVE (V5)
https://online.flippingbook.com/EmbedScriptUrl.aspx?m=redir&hid=57293793

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