Aujourd’hui, dans son antagonisme avec le peuple, qu’elle est pourtant
censée servir, l’élite découragée semble se dégager de ses devoirs tout
en conservant ses avantages héréditaires.
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Il était un temps où l’élite était la crème de la Nation, sa fierté.
Aux époques difficiles ou transitoires, c’est elle qui était gardienne
des trésors du pays : la langue, la culture, l’identité, la mémoire.
Aux vraies élites – dirigeantes comme intellectuelles – incombait la
prérogative de peser sur les choix essentiels et stratégiques du pays.
Ce privilège, le plus important de ceux que les élites détenaient,
devenait aussi leur devoir. Aujourd’hui, dans son antagonisme avec le
peuple, qu’elle est pourtant censée servir, l’élite découragée semble
se dégager de ses devoirs tout en conservant ses avantages
héréditaires. Si les élites professionnelles – “les experts” – se
portent mieux, il est chaque jour plus difficile de s’engager au-delà
d’un domaine, d’une spécialité. Que faire sans l’engagement des
meilleurs dotés de vision large et de culture universelle ? A l’heure
où la croisée des chemins les mène soit vers le people, soit vers
l’expertise, le véritable destin des élites qui résistent à ce choix
est de constituer une force active à l’ombre des flashs et des
paillettes. LIRE LA SUITE

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