VOUS N’AUREZ PAS NOTRE JOIE : LA JOIE COMME ÉNERGIE RÉGÉNÉRATIVE

Pouvons nous enfin nous réjouir qu’un autre futur est possible si on se retrousse tous les manches ?

L’approche régénérative est une approche positive de l’écologie qui vise à mobiliser autour d’une finalité désirable : le bien vivre tous ensemble sur terre, sans exclusion, chacun contribuant à celui ci dans une démarche de co évolution entre vivants, humains et non humains.

Les travaux d’Elke Weber montrent que nous avons un quota d’inquiétudes au-delà duquel on absorbe plus les problèmes. Nous sommes incapables de maintenir notre peur du changement climatique lorsque d’autres problèmes surviennent comme l’effondrement des marchés, une urgence personnelle, … Ajoutez à cela l’incapacité du système politique à miser sur le long terme, la tendance du journalisme scientifique à se concentrer sur ce qui est incertain plutôt que sur ce qui est sûr, et vous obtenez un cocktail détonnant d’attentisme. Mais l’écologie n’est pas que le royaume de la mauvaises nouvelles.

« Vous n’aurez pas ma joie » de Anne Ducrocq, Héloïse Turbot-Lauret n’est pas un livre de « fortiches » qui ont su slalomer entre les drames. Les fortiches, les autrices n’y croient pas. Elles ne posent pas non plus une injonction à la joie, ni ne jettent non plus à la volée un « cessez de vous tourmenter encore. Relevez-vous les manches ! Elles partagent les parcours de personnes qui témoignent de ce qu’elles ont traversé avec leur vulnérabilité, entre intuitions créatives et tâtonnements, à mains nues, et qui cultivent un consentement joyeux et une combativité joyeuse.

Un livre en écho a celui de Laure Noualhat « Comment rester écolo sans finir dépressif » qui est aussi partie à la rencontre de congénères atteints par l’écodépression et qui ont remonté la pente, forgé leur salut et retrouvé leur confiance en l’avenir.  Elle raconte que devenir écolo, c’est basculer dans les affres du doute et des drames. Les limites sont atteintes, les espèces disparaissent sous nos yeux ébahis, notre ciel fait des siennes, notre cadre de vie change à vue d’œil…

Panu Pihkala rappelle que le plaisir, la joie et la fierté apparaissent quand les personnes adoptent un comportement « pro-environnement » comme entamer une transition écologique à la maison. Panu Pihkala est un chercheur interdisciplinaire de premier plan dans le domaine des émotions et des questions environnementales. Il est également professeur associé (titre de docent) en théologie environnementale à l’Université d’Helsinki. Il explique que la motivation, le besoin d’agir et la détermination sont liés à l’envie des personnes de faire quelque chose d’utile. Le fait de faire quelque chose de concret permet aussi de se sentir à nouveau optimiste et plein d’espoir dans un monde en pleine mutation. Source

Charles Pépin le disait :“la Joie est une émotion qui nous traverse malgré … les tragédies, les injustices, la difficulté du réel”. Oui, la Joie c’est cette capacité que nous avons de voir et d’accueillir la beauté du monde et des Hommes, sans naïveté sur l’état des choses et du Monde. En clair, sans conscience, il n’y a pas de joie. C’est peut-être pour cela que l’on dit “être fou de joie” ?

Les Français sont « suffisamment » informés des risques et que force est de constater qu’ils ne passent pas à l’action pour autant.

Selon Parlons Climat nous ne sommes pas dans une phase de retournement ou d’essoufflement général du projet de transition dans l’opinion publique. source Selon eux nous ne sommes pas dans une phase de retournement ou d’essoufflement général du projet de transition dans l’opinion publique. Nous sommes à la fin d’une phase de mise à l’agenda, de sensibilisation et de mobilisation.

Alarmer sur le dérèglement climatique ne fait plus d’audience au delà des pics de chaleur et catastrophes naturelles. Le temps d’antenne dédiée à l’environnement en 2024  est en diminution de 30% rapport à 2023 (source). La biodiversité et l’érosion des ressources naturelles sont le parent pauvre du traitement médiatique des enjeux environnementaux. Ces crises sont 2 à 4 fois moins traitées que le climat.

L’importance portée à la question de l’environnement, notée par chaque individu de 1 à 10, oscille elle entre 7,6 et 8,1 depuis 10 ans, un niveau élevé, mais stable. Et on constate un repli des écogestes au profit d’une action des pouvoirs publics et entreprises. La sobriété ne fait plus recette et la décroissance ne fait pas partie des options quand on inérogge les Francais sur leurs modes vie et plus précisement leurs modes de consommation. 83 % des Français considèrent que « les gens consomment trop en France ? Mais interrogés ensuite sur leur propre situation, seulement 28 % ont le sentiment de « consommer trop » et 73 % ne considèrent pas consommer plus que la moyenne des Français. Par ailleurs, 82 % pensent avoir un mode de vie déjà sobre. Les Français ne se sentent pas directement concernés par les pratiques excessives qu’ils perçoivent dans le reste de la population. (lire la note avec les chiffres de l’ademe). 

Les approches purement techniques ou culpabilisantes ont atteint leurs limites, pour réengager la société, il faut raconter autrement l’écologie – à hauteur de vie, à partir du réel.

Un constat sans appel : l’écologie ne manque pas de données, mais de sens partagé. Un enjeu de récits.

Le WWF France a publié le rapport Récits pour une écologie populaire, né de neuf mois de travail du cercle de réflexion fondé à l’initiative de sa présidente, Alexandra Palt. Objectif : comprendre pourquoi, malgré une inquiétude largement partagée (78 % des Français se disent préoccupés par le climat), l’écologie peine à mobiliser – et surtout, comment renouer le lien entre écologie, émotions et quotidien.

Pendant neuf mois, le cercle de réflexion « Récits pour une écologie populaire » a réuni chercheurs, artistes, philosophes, journalistes et acteurs de terrain. Ensemble, ils ont confronté les savoirs scientifiques aux ressentis citoyens et fait émerger quatre récits fondateurs, capables de rendre l’écologie plus accessible, incarnée et fédératrice :

  • L’écologie du destin individuel : une réalité déjà vécue, qui montre que l’environnement n’est plus une abstraction lointaine mais une expérience intime, inscrite dans nos corps, nos foyers et nos quotidiens.
  • La reconfiguration géopolitique par les ressources, qui met en lumière comment le XXIᵉ siècle se joue désormais autour de l’eau, de l’uranium et des terres arables – faisant de l’écologie un enjeu de souveraineté et de puissance mondiale.
  • L’écologie du sensible : patrimoine, identité et transmission, qui relie la nature à la culture, aux savoir-faire et à l’attachement aux territoires, et réconcilie écologie et enracinement.
  • Le coût de l’inaction : une équation économique implacable, qui démontre que ne rien faire coûtera bien plus cher que d’agir, transformant l’urgence écologique en enjeu de justice sociale.
https://online.flippingbook.com/view/747259136/https://online.flippingbook.com/view/747259136/

Mais qu’en est il de l’imaginaire de la régénération dans les récits ?

L’approche régénérative est une approche positive de l’écologie qui vise à mobiliser autour d’une finalité désirable : le bien vivre tous ensemble sur terre, sans exclusion, chacun contribuant à celui ci dans une démarche de co évolution entre vivants, humains et non humains.

La relation de l’humain à la nature structure les imaginaires. Or la modernité à opposé la nature aux humains avec des imaginaires d’effondrement de notre civilisation ou de retour à un monde sauvage. La reconnexion à la nature est essentielle pour se projeter dans le futur avec d’autres imaginaires. Mais il s’agit pas juste de s’émerveiller, de penser comme le vivant, mais d’agir avec la nature, entre vivants. La vision multicentrique voit l’humain comme un partenaire de la nature dans la continuité de l’évolution de l’univers. Les humains diminuent leur pression sur la nature et contribuent à une santé globale des écosystèmes qui nous abritent.

En fonction de nos relations à la nature l’IPBES à déterminé 4 systèmes de valeurs qui vont être le socle de 4 imaginaires de l’écologie, dont celui de la régénération. A découvrir ici

  • VIVRE DE LA NATURE (ANTHROPOCENTRISME) La nature est instrumentalisée pour répondre aux besoins des humains.
  • VIVRE DANS LA NATURE (BIOCENTRISME) Le vivant a une valeur intrinsèque, il faut protéger les espèces non humaines.
  • VIVRE AVEC LA NATURE (ECOCENTRISME) Au sein de l’écosystème terre c’est l’ensemble des êtres vivants qui interagissent autour des ressources nécessaires à la vie.
  • VIVRE CONNECTÉ À LA NATURE (MULTICENTRISME) Les humains, dans une alliance avec les non humains, peuvent restaurer l’équilibre des écosystèmes et régénérer la nature (dont nous faisons partie) localement.

L’imaginaire multicentrique est celui de la régénération. Il est aussi appelé pluricentrique pour souligner que chacun intègre le point de vue des autres dans la recherche d’un intérêt mutuel, est celui de la régénération.

« C’est en prenant conscience du vivant que l’humain se rend capable de saisir le « tissu » du vivant dans ses interdépendances, et le « fleuve » du vivant dans sa continuité depuis l’apparition de la vie sur Terre. Or ce sont ce tissage et ces dynamiques qui rendent la Terre habitable pour nous et pour les autres, et on comprend par là que ce sont elles qu’il faut défendre, et dont il faut prendre soin ». Baptiste Morizot.

L’imaginaire de la régénération qui relie enjeux environnementaux et sociaux dans une approche pragmatique qui cherche à relier plutôt de d’opposer est donc source de motivation pour s’engager dans l’écologie dans la joie.

Nous avons posé les bases d’une écologie populaire en explorant la piste régénérative
 (a lire ici)

L’écologie populaire propose un mode de vie à la fois responsable et désirable ancré dans le quotidien des Français sur les domaines prioritaires pour eux comme l’alimentation, l’éducation, les services publics…. 

Au coeur de l’écologie populaire, la prise de conscience que prendre soin de la nature c’est prendre soin de soi et des autres. Le prendre soin c’est l’opposé de la prédation, c’est à dire l’exploitation des ressources naturelles c’est la régénération.

Ainsi les enjeux environnementaux, sociaux et démocratiques sont intrinsèquement liés dans une perspective rejouissante.

  • L’écologie populaire est un concept issu de l’écologie politique en lutte contre la prédation du vivant. Elle peut guider les actions des entreprises comme des consultants dans son application concrète.
  • Elle couvre les enjeux environnementaux et sociaux, avec un volet économique par l’innovation. En soulignant les injustices qui touchent les plus vulnérables mais nous affectent tous.
  • Le concept de  » bien vivre tous ensemble sur terre, sans exclusion » permet de passer de la lutte CONTRE la prédation pour définir une vision qui guide nos actions POUR les Français. C’est la piste de la régénération du vivant.
  • Un recentrage sur un socle d’enjeux qui concernent les Français dans leur vie quotidienne, en particulier l’alimentation, la santé, les services publics et l’éducation. Ce qui permet de redevenir populaire en adressant ce qui est populaire.
  • Avec l’écologie populaire, il s’agit de poser une vision de la société écologique future en se basant sur des valeurs communes. C’est une écologie du soin, du familier, du « moins mais mieux», du local.
  • L’écologie populaire est un vecteur d’innovation sociale qui remodèle les liens sociaux et développe de nouveaux services solidaires. Et d’innovations qui contribuent à la biodiversité par exemple en reliant la santé des sols (grâce à sa biodiversité) et la santé humaine dans des produits à acheter.
  • Au delà des classes populaires les plus vulnérables, une ouverture sur les classes moyennes qui se sentent elles aussi vulnérables dans une société qui se délite.
  • Vers un changement de modèle d’affaires. 79% des Français pensent que les entreprises ne doivent plus chercher la croissance économique à tout prix : un changement de paradigme qui montre que la croissance n’est plus vue comme le totem intouchable qu’il était encore il y a quelques années.
  • Un nouvelle comptabilité en triple capitaux. La régénération repose sur la logique de l’économie de la mutualité qui postule que la nature est un capital qui doit être placé au même niveau que le capital financier. Il en est de même pour le capital santé.

Voici une illustration de cette écologie populaire au prisme de l’ imaginaire de la régénération : « Dans une démarche novatrice en faveur de l’agriculture régénérative et responsable, Clarins est fier d’annoncer que son Domaine de Serraval a obtenu la prestigieuse certification Regenerative Organic Certified® (ROC™). Cette certification marque une première historique dans l’industrie des cosmétiques, faisant de Clarins la première marque de cosmétiques au monde à recevoir cette certification exigeante. A découvrir ici

Les lauriers de la régénération visent à mettre en lumière les produits et services régénératifs. https://noussommesvivants.co/les-lauriers-de-la-regeneration/

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