Balenciaga, Girbaud, Miyake, Gaultier, Dior

   

      

   

   

      

   

   

      

 
       
            
            

Balenciaga Nicolas Ghesquière, chez Balenciaga,
aime plonger dans les archives du maître espagnol pour mieux les faire
revivre au XXIe siècle. Les origines de Cristobal Balenciaga et la
renaissance espagnole ont inspiré au créateur français une collection
légère et impressionnante dans la technique. De la simplicité d’une
robe blanche en satin de soie très 50 à peine gonflée par un jeu de
pinces, à la complexité d’une veste marquis en dentelles et
mille-feuilles de mousseline aux poignets et au col plissé dressé, en
passant par des ensembles pantalon hispaniques en damassé de soie grise
ou bleutée imprimé de dentelle, Ghesquière navigue dans l’architecture
du vêtement. Les structures se dévoilent: coutures en biais du
taffetas immaculé aux corsets du soir lingerie. La transparence permet
de lire les lignes de cette robe de soie et dentelle très glamour ou
ces pantalons bouffants XVIIIe construits trop grands à la taille.

Vivienne Westwood  (AFP)Jimmy Hendrix en bande son. Thème du défilé: "Active Resistance to Propaganda". A plus de 60 ans, Vivienne Westwood
n’a rien perdu de son esprit rebelle qu’elle transmet à ses vêtements.
Si les extravagances ont baissé d’un ton, restent les volumes que
la créatrice britannique maîtrise et où le travail de la coupe est
visible:

robe grise juponnée, sans manches, et robe fourreau en faille noire
bouillonnée dans le bas, sans oubliée la petite jupe plissée courte et
la robe en toile à matelas vieux rose fendue. Habillée en tailleur
pantalon ou en robe du soir, avec le visage de Che Guevara sur la
poitrine ou en taffetas de soie, la femme Westwood a du caractère.

Marithé et François Girbaud  (AFP)Chez Marithé et François Girbaud,
temple du jean et de la technique, la collection dessinée par Claire
Campbell, propose une vision printanière mais également city qui défile
dans un labyrinthe de plastique vert. Résulat: des impressions de
petites et grosses fleurs multicolores sur des robes blanches, des
rayures matelas, des pantalons brodés, des délavés, des froissés
permanents, des découpes "laser" sur un débardeur version marcel ou en
bas des longues jupes et des pantalons gypsy brodés strass diamants…
A noter un thème blanc avec une jupe blanche fleurie d’une guirlande de
fleurs à porter avec un débardeur. La palette, étendue, est colorée:
fuschia, bleu, vert, blanc, marron, noir…

Issey Miyake  (AFP)Naoki Takizawa pour Issey Miyake
est inspiré cette saison par les forêts de bambou et l’art primitif. Sa
collection, très féminine, intitulée "Singing Bamboos" est poétique à
souhait. C’est une respiration dans le tumulte ambiant et une
invitation à un voyage au long cours. Ici, des drapés rythment des tops
asymétriques alors que des plissés s’échappent de sarongs longs
élégants. Là des indigos délavés, traités en plissés coulissés,
rappellent encore les contrées lointaines comme cette robe, dos nu, aux
imprimés bleus ou cet original tailleur-jupe, blanc, sur lequel grimpe
des imprimés de feuillages verts. Des fibres et des liens se lacent et
se nouent sur les épaules, le devant des buste, le long des hanches ou
dégoulinent d’une coiffe légère. Le macramé ajoute un côté artisanal
aux robes. A contrario, certaines robes et tops sont laissées nature en
toute simplicité -surpiqûres blanches sur une robe noire en coton- sans
autre devoir que d’habiller le corps avec élégance. On a aimé, au
final, un incroyable bustier en paille tressée d’une jolie tonalité
caramel qui s’accompagnait d’une jupe-crinoline dans la même matière.

Jean-Paul GaultierJean-Paul Gaultier  (AFP)Sol
jonché de paille, sons de cloches et chaleur moite: l’été, avec
Jean-Paul Gaultier, se passera à la ferme. La blouse paysanne, rebrodée
de lettres rouges ou noires au point de croix, est quasi obligatoire,
avec le pantalon, qui remonte au dessus de la poitrine. Gaultier fait
défiler deux petits enfants et, pour le final, une jeune femme
ronde dont le physique contraste avec les femmes brindilles
habituelles. Le couturier français n’oublie pas ses costumes taillés à
merveille, qui rendent les hommes et femmes élégants. Les robes
fleuries avec inserts de dentelles noires ou écrues sont faciles à
vivre tandis que la dentelle crochet sur une jupe en denim et des
boléros sculptés de grosses ficelles attirent le regard.

Dior  (AFP)Dior
a inauguré les défilés sous la nef du Grand Palais rénové, le premier
du genre avec une collection de robes couleur chair, imprimées de
dentelle noire ou de très fins rubans en cuir cloutés, de vestes de
cuir noir. John Galliano se serait-il assagi ? Progressivement,
l’anticonformisme refait surface avec une série travaillée sur
l’envers, où la construction armurée d’un manteau ou d’une jupe devient
visible. Puis arrivent les robes en organza avec des convulsions dans
le bas, imitées par un manteau en cuir tabac. Enfin robes et jupes
deviennent des trésors d’architecture entre gaufré et smocké. A noter
des jaunes, violets et verts plus joyeux. Bernard Arnault, PDG du
groupe Dior (qui regroupe Christian Dior Couture et le groupe LVMH),
était particulièrement "fier d’être la première maison à occuper le
Grand Palais avec son architecture extraordinaire". Il a critiqué ceux
qui "s’inquiètent de la mondialisation", estimant qu’"en France on a
tendance à l’autoflagellation". "Dior et surtout Louis Vuitton
embauchent du personnel dans leurs ateliers en France. On critique le
luxe alors que c’est un domaine qui a le plus de réussite. On fabrique
en France avec des artisans français, on vend aux Chinois et en plus on
gagne de l’argent!", s’est-il exclamé.

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