« éduque-nous pour nous rendre plus puissants »

« éduque-nous pour nous rendre plus puissants »

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Nous avons décidé de prendre notre bonheur en main

Après les années 90 de repli sur nous-même, de déprime, et de besoin de protection. Nous pensons à nouveau que le bonheur est à  portée de main. L’énergie est revenue, même si réservée à nous-mêmes, à nos proches : « les temps sont durs, mais j’ai appris à nager ».

Mais il n’existe plus de « règles à suivre » et nous ne comptons plus sur la société, sur un projet collectif ou un leader politique pour l’atteindre.
Le bonheur réside dans les " petites choses de la vie ", on le cherche en soi ou auprès des siens, aujourd’hui plutôt que demain. Il n’y a plus de chemin à suivre pour l’atteindre (bien travailler pour avoir une promotion, se marier pour la vie…).
Le meilleur recours : soi-même. " De plus, on note un renouveau d’intérêt pour tout ce qui est " microsocial " : vie de quartier, associations et opérations caritatives, humanitaires, tous ces lieux et activités collectives – toujours à taille humaine – qu’on fréquente par affinités.

Et nous nous sentons parfois bien seuls face à la pression de la société et aux multiples possibilités qui s’ouvrent à nous.
Nous devons : être heureux, amoureux, adulant/adulé, séduisant/séduit, participant, euphorique et dynamique…Il est interdit de vieillir, il faut être « innovant », « tendance », être "glamour" et toujours à la recherche d’un « mieux », « aller plus loin », « bouger », « être à la pointe ».
On nous dit que les gens normaux font « comme ceci » ou « comme cela », qu’il faut « faire ceci », ou « faire cela ». Face a ce mimétisme terroriste, on a honte de ne pas suivre le mouvement, de ne pas faire comme tout le monde, de ne pas y arriver…
De plus, le rythme s’est accéléré…La mode change plus vite mais surtout elle ne plus porte son diktat que sur nos vêtements…mais aussi sur les montres que l’on porte au poignet, nos meubles, nos murs, nos voitures, tous les objets électroniques vite obsolètes…mais aussi sur ce que l’on pense, ce que l’on est, sur notre identité, et notre culture…
Après cinq ans de vie à l’étranger, on peut n’avoir plus rien à dire dans un dîner entre amis…et se sentir exclu !
Et biens sûr cela affecte nos enfants, notre partenaire, nos parents, nos amis…et nous ne savons plus très bien « où nous en sommes ».

Plus que jamais les media ont un rôle « d‘éducation » à jouer.
Les médias délivrent « du savoir en tranches » : facile d’accès, pratique, facilement utilisable. Avec par exemple « super nany », « vis ma vie », « Ca se discute », « relooking extrême »…à la TV. Les magazines avec leurs suppléments «voyage », « mode » et des articles tels que « comment perdre dix kilos en trois semaines/comment récupérer son ex copain » ont depuis longtemps joué ce rôle ambiguë « entre information et formation ». On peut citer simplement quelques animateurs radio Macha, Difool, Cauet pour signifier l’évolution du genre à la radio.
On les attend maintenant à la fois sur du plus lourd et du pointu à l’image de « c’est pas sorcier », « les maternelles », « le magazine de la santé » voire même du divertissement intelligent avec « la nouvelle star » (qui nous apprend aussi ce que c’est que de bien/mal chanter). Certains magazines plus ciblés réussissent très bien.
Et on se demande si ils ont vraiment compris qu’aujourd’hui « l’expert c’est celui qui est comme nous» et non pas des pros d’opérette ou des stars de seconde zone à qui on pose des questions qui ne les concernent pas. Ils devraient avoir noté la montée du journalisme citoyen, et donc faire participer davantage les individus au contenu éditorial (et arrêter d’épier sur les forums internet).
Pour finir, à force de vouloir répondre aux questions qu’on pourrait se poser, ils tournent en rond alors qu’ils pourraient susciter la réflexion « poser des questions et dire qu’ils ne savent pas ».

Pour les marques, il y a là une opportunité réelle d’aider ces individus consommateurs.
Les exemples de marques qui nous apprennent à mieux Consommer, Vivre, Etre sont nombreux : de EDF qui nous apprend en ce moment à mieux consommer l’énergie qu’elle nous vend, à la fondation Danone qui nous apprend à mieux manger en passant par Signal qui visite nos enfants à l’école, à la fondation Cartier ou l’association pour les fruits et légumes qui nous éveillent à travers l’art.
Il est vrai que si informer les consommateurs en délivrant leur message et en le répétant si besoin c’est bien, convaincre en éduquant c’est mieux surtout s’il y a une modification des habitudes et de nouveaux comportements d’achats à la clef.
Pourtant le vrai défi pour les marques n’est pas dans « se substituer aux media « pour produire du contenu, « de s’effacer pour gagner en crédibilité » en créant des entités indépendantes ….
Elles doivent nous « rendre plus puissant », et nous aider concrètement.
En arrêtant de stimuler le manque, mais en donnant des occasions de plaisir, de joie, de partage, en augmentant notre puissance d’agir et de jouir : n’est-ce pas cela l’empowerment, impossible à traduire en français ?
C’est en s’associant plus aux initiatives des associations, des collectivités locales que les marques pourront concrètement nous aider (et libérer de l’espace publicitaire).

                              

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