En France, certains ont vu dans la large participation des étudiants et lycéens aux manifestations anti-CPE (Contrat Première Embauche) un sursaut de conscience politique, une preuve de leur engagement politique, eux que l’on disait atones, non concernés, endormis.
Engagement politique ?
Le CPE retiré, le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) n’a pas suscité une telle mobilisation, au moment de sa mise en place comme après. Le mouvement du début de l’année 2006 n’était pas la traduction d’un engagement politique de nos jeunes, mais une réaction égoïste à une partie d’une loi qui leur était destinée. Tombé le CPE, vite oublié ont été les velléités contre le CNE, et les autres dispositions de la loi sur l’égalité des chances.
Engagement ?
Leur peur de l’avenir, leur manque de confiance les ont convaincu qu’en deux ans il leur était impossible de démontrer tout leur talent, et de prouver à leur patron à durée déterminée qu’il devait les garder. Le CPE, bien qu’imparfait, incomplet, mal présenté, avec les amendements proposés par le Président Chirac et le Premier ministre Villepin, leur proposait un défi à relever, un pari sur l’avenir, la possibilité de faire leurs preuves. Ils l’ont rejeté, préférant une vision inchangée donc rassurante à une vision optimiste de l’avenir.
Certains ont vu dans la large participation des étudiants et lycéens aux manifestations anti-CPE une victoire sur le défaitisme. Mais ne peut-on pas également parler de victoire du défaitisme ?
Car les voilà se contentant de la situation actuelle, pourtant peu flatteuse.
Julien Grimaldi.

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