Lu sur le blog de Nicolas Guillaume
Avant tout : qu’est ce que le Web2.0 ?
Le mieux est de revenir vers la définition fondatrice de O’Reilly (2005)
Plusieurs aspects du Web2.0 y sont listés :
– Architecture de participation et intelligence collective
- Le
web 2.0 repose sur la participation des utilisateurs dont
l’intelligence collective permet de filtrer et de caractériser les
contenus et les informations intéressantes (principe des vidéos les
plus vues sur YouTube ou DailyMotion). - L’architecture de participation repose sur des niveaux d’engagement décroissant avec le nombre de personnes
- Les plus impliquées publient de l’information ("user generated content") (1%)
- D’autres
enrichissent l’information (tag ("folskonomie"), rate (évaluation),
vote, commentaire, diffusion par viralité (partage)) (10%) - Les plus nombreux consomment l’information (90%)
- Les
informations acquièrent de plus en plus de valeur à mesure que les
personnes les utilisent. Les utilisateur sont des "co-créateurs" de
l’information - Exemples d’intégration de la participation des
utilisateurs : tag dans Flickr ou del.icio.us, PageRank de Google,
système de réputation d’Ebay et recommandation sur Amazon. - Outils phare de la participation : blog, wiki, réseaux sociaux
– Web as a platform
Comme
pour les contenus et informations, les utilisateurs sont amenés à jouer
un rôle plus actif dans la "co-création" et la diffusion des
applications. Les applications ne sont plus vues comme des logiciels
packagés mais des assemblages de services ("mashup applications").
L’exemple le plus cité de telles applications "mashup" est celui de housingmaps.com, qui combine les petites annonces de Craigslistavec Google Maps.
Cette
vision est plus difficile à réaliser notamment à l’intérieur de
l’entreprise. Des éléments existent avec Google Adsense, les
cartographies de Microsoft Virtual Earth ou Google Earth ou les
Services Web d’Amazon mais le développement d’application par les
utilisateurs finaux par assemblage graphique de composants reste du
domaine de l’anticipation. Les illustrations les plus avancées en étant
Microsoft Popfly et Yahoo Pipes.
Dans cette perspective,
l’adoption des technologies RSS et Web Services est clé pour ouvrir les
données et services de la plateforme vers des applications externes.
La
notion de Beta perpetuelle est aussi lié à au développement
d’application, en constante évolution car avec un couplage limité (Web
services, flux RSS) avec leur plateforme de services.
– Rich User Experience.
L’expérience utilisateur riche est une composante liée de la vision Web2.0 car :
- Le
rôle accru de l’utilisateur passe aussi par des facultés accrues de
manipulation et de représentation de l’information (par exemple avec
des représentations cartographiques) - L’enrichissement des contenus nécessite des fonctions complémentaires (édition, tagging, partage, communication,…)
- La
multiplicité des modes de consommation promue dans cette vision
s’appuie sur différentes technologies adaptées à chacun de ces modes
(application traditionnelle "desktop", application web, application
mobile, gadget,…) - AJAX est souvent cité sur ce thème mais il
n’en n’a pas l’exclusivité, les technologies d’application internet
riche (RIA) tel que Microsoft Silverlight ou Adobe Flash / AIR ayant
une couverture supérieure.
– Nouveaux business models
Généralisant
le modèle web2.0, O’Reilly le positionne comme un nouveau business
model s’appuyant sur les technologies de développement de plateforme
légère ("Lightweight Platform") permettant de développer un plus grand
nombre d’applications mises à disposition en self-service au plus grand
nombre d’utilisateurs et susceptibles, avec la "long tail", d’être
utilisées et rentabilisées.
Lorsque l’on relit le
texte d’O’Reilly sur le Web2.0 on ne peut qu’être marqué par l’absence
de référence aux réseaux sociaux et au plus célébre d’entre eux :
Facebook (celui-ci n’a été lancé qu’en février 2004).
Facebook
n’a pas encore donné la pleine mesure de ce que l’on peut attendre
d’une plateforme sociale mais il a déjà introduit un certains nombres
de concepts clés dans le collaboratif en entreprise :
- Un modèle basé sur le partage des informations (contacts, activités, applications,…)
- Une logique de centralisation et de promotion de ses contenus et activités
- Un accès libre et large aux données avec un modèle de contrôle de la confidentialité (encore perfectible)
- Une large utilisation des Flux RSS pour le suivi des profil et activités
- Des applications distribuables par viralité, librement installables, basées sur le partage des données sociales
Qu’est-ce que cela change par rapport à la vague "1.0" du collaboratif ?
Le schéma ci-dessous résume l’évolution des thématiques et outils (merci à Thomas Conté de Microsoft pour sa contribution) :
L’évolution essentielle réside dans le rôle central donné à l’individu.
Précédemment,
l’approche étaient centrée sur les informations, les documents, les
mails,… auxquels il fallait accéder et gérer les transactions
afférentes. Cette approche se heurtait à la "saturation
informationnelle" (information overflow") que ce soit au niveau du mail
ou de la recherche d’information dans les gigantesques bases intranet.
L’approche
"web2.0" privilégie l’accès à l’information via les individus. Il
s’agit de suivre les publications de contributeurs clés, de filtrer les
contenus les plus regardés, commentés ou taggés ou d’accéder à
l’information les liens ou les flux d’activité des personnes
appartenant à son réseau.
Qu’est-il possible de faire avec les outils collaboratifs actuels (Microsoft Office Sharepoint Server – MOSS 2007) ?
En fait, tout est déjà dans la boite :
- My Site : page web personnelle permettant :
- de
publier un profil enrichi indexable par le moteur de recherche de
l’entreprise (rôle, organisation, liste de collègues,….) avec des
possibilités de gestion de plusieurs niveaux de confidentialité des
informations - De stocker et partager des documents sur
internet (et remplacer avantageusement les répertoires partagés à
l’accessibilité et à la gestion difficile) - De personnaliser
l’accès et la visualisation des contenus (notamment des flux RSS) sur
sa page (webparts équivalents de "portlets" personnels)
- de
- Wiki, blog, forum de discussion, liste de tâches projet,…. : templates de site standard
- Flux
RSS : largement répandu permettant de s’abonner à une large palette
d’événement : modification de profil de contact, publication de
document dans un site ou une section d’un site,… - Recherche de personnes par proximité sociale (avec le moteur de recherche de MOSS)
- Affichage de l’information de présence des collègues listés
- Nuage
de tags, boite de dialogue en chat, insertion de gadgets Vista :
fonctionnalités complémentaires avec le Community Kit 2.0 de MOSS
Et pour aller encore plus loin :
- Knowledge
Network, un add-in de MOSS pour scanner votre messagerie et générer
automatiquement une analyse de votre réseau social et des thèmes clés
que vous traitez. Vos données de réseau et de thématique sont
éditables, modifiables, avec différents niveaux de confidentialité
paramétrables et publiables sur le serveur collaboratif de
l’entreprise. Vos collègues peuvent ensuite réaliser des recherches
spécifiques d’experts ou de points de contact sur les thématiques
saisies. Ce type de scénario est envisageable par exemple dans des
communautés qui veulent conserver un contrôle des informations
échangées (commerciaux, R&D, contrôleurs financiers, communautés
transverses à l’entreprise,….) - Excel Services qui permet de
publier une feuille excel à destination de plusieurs personnes sur un
serveur, de permettre sa manipulation dans un navigateur et gérer sa
mise à jour partagée via excel. Tout un ensemble d’applications
d’entreprise peuvent être couvertes par ce type de scénario de partage
(reporting, tableau de bord, budgétisation, simulation, gestion de
ressources,….) - Sharepoint Designer qui permet de créer des
applications de workflow de manière graphique en s’appuyant sur des
composants génériques adaptés au SI de l’entreprise crées par les
équipes informatiques. - Microsoft Popfly, un outil de création
graphique d’applications composites (cité ci-dessus) qui permet de
créer des applications en assemblant des "blocs" d’application. En
version beta grand public mais des développements sont attendus pour
l’entreprise.
Que faire dans un projet de Web2.0 d’entreprise, étant donné que les outils sont, pour une grande part, disponibles ?
- Favoriser la publication individuelle (profil individuel, blog,…)
- Favoriser les blogs dans les processus de publication (blog de communauté, blog de groupe de travail,….)
- Introduire
des mécanismes participatifs dans les contenus : possibilité de taguer,
commenter, évaluer, partager les contenus,… - Activer des
mécanismes de partage (partage de liens) et de suivi d’activités
(consultation de site, modification de profil,….) et leur utilisation - Favoriser la diffusion des informations (reporting, modification d’organigramme,…) sous forme de flux RSS
- De
manière plus générale, favoriser la collecte et la mise à disposition
des informations d’activité : reporting d’activité, gestion d’équipe,
suivi de projet,…. - Introduire des Wiki pour le travail documentaire partagé (processus qualité, CR de réunion, suivi d’activité,…)
- Favoriser la création de réseaux sociaux en entreprise
- S’inspirer
des expériences Web2.0 sur internet (Facebook, Slide.com, et pourquoi
pas un site de videos ou de photos utilisateurs d’entreprise comme
YouTube ou Flickr !!….)
Nous sommes ici dans un domaine
émergent, avec parfois des aspects récréatifs, où il est impératif
d’expérimenter aujourd’hui pour être prêt demain !!
http://nicolasguillaume.typepad.fr/nicolas_guillaume/2008/02/web-20-en-entre.html

Laisser un commentaire