Semaine de la Publicité
03/02/2009
Ils sont sortis de l'école il y a quelques mois. On les
retrouve aujourd'hui chez Publicis Groupe, où ces jeunes diplômés nous
font part de leur première expérience. Reportage de Grégory Méra.
Alors, heureux ? De jeunes
salariés* en agences racontent leurs bonnes et mauvaises surprises.
Témoignages à bâtons rompus, où tout nouveau ne rime pas toujours avec
tout beau, surtout pour les jeunes commerciaux.
L'ambiance
«Les
rapports sont détendus et peu formels. Tout le monde se tutoie,
s'habille comme il veut. En plus, il y a des tas de jolies filles !»
Jérémie, directeur artistique, vingt-trois ans
«C'est
pas la fête tous les jours mais, quand même, on se marre bien.
L'ambiance est souvent détendue. Les collègues sont plutôt sympas,
jeunes et ouverts d'esprit.» Clément, directeur artistique Web,
vingt-trois ans
«Ça se la joue beaucoup.
Tout n'est bien souvent qu'apparence. À quoi ça sert de se tutoyer si
l'on n'échange rien ?» Marie, directrice artistique, vingt-cinq ans
«Il
y a un esprit de compétition parfois malsain. En “open-space”, tout le
monde se surveille, voire cafte au boss à la première occasion.» Laure,
chef de pub, vingt-sept ans
«Personne ne se
tire dans les pattes. Dans mon agence, on fonctionne à l'entraide. Sans
aucun snobisme ni a priori.» Régis, concepteur-rédacteur, vingt-deux ans
L'intérêt du travail
«Le
boulot est passionnant. On travaille sur des marques prestigieuses et
des problématiques intéressantes face à des interlocuteurs annonceurs
de haut niveau.» Benoît, commercial, vingt-trois ans
«On
nous fait tout de suite confiance. Deux mois et demi après mon
embauche, j'ai pu présenter mes travaux pour des compétitions sur de
très gros clients.» Pierre, directeur artistique, vingt-quatre ans
«J'ai
énormément d'autonomie. C'est un luxe. Peut-être que c'est parce que je
suis dans une petite agence.» Jérémie, directeur artistique,
vingt-trois ans
«La possibilité de passer
d'une problématique à une autre et d'un budget à l'autre est très
stimulante. Cette variété nous permet de rester toujours en éveil.»
Valérie, conceptrice-rédactrice, vingt-trois ans
La charge de travail
«On
bosse souvent le week-end ou en dehors de ses horaires de travail avec
un défraiement des plus minimes. Mais, quand on aime, on ne compte pas
!» Régis, concepteur-rédacteur, vingt-deux ans
«La
vie en agence, c'est souvent 60 heures par semaine. Si les agences
payaient les heures sup, elles auraient depuis longtemps fait faillite
!» Pascale, commerciale, vingt-six ans
«Le
commercial en agence se doit d'être toujours “au taquet” et “sous
l'eau”, sinon c'est mauvais signe pour lui : ça sent le sapin ou du
moins le placard…» Laure, chef de pub, vingt-quatre ans
«Ce
que nous faisions en trois mois à l'école se fait en quinze jours à
l'agence. Il faut savoir faire des concessions sur sa vie privée.»
Pierre, directeur artistique, vingt-trois ans
La reconnaissance
«Le
directeur de création ne cesse de nous encourager. Je ne m'attendais
pas à être couvée de la sorte.» Virginie, directrice artistique,
vingt-quatre ans
«Parfois, on est dans la
mesquinerie pure et simple. Exemple : on nous refuse le remboursement
d'un repas commandé à l'agence à minuit lors d'une compétition, sous
prétexte qu'on ne l'a pas négocié par avance.» Muriel, commerciale,
vingt-huit ans
«Outre les salaires pas
mirobolants, le management est désastreux. Un petit merci ou bravo, ça
ne coûte pourtant pas grand-chose.» Laure, chef de pub, vingt-quatre ans
La relation avec les clients
«Le plus dur, c'est de savoir encaisser et résister à la pression énorme du client.» Muriel, commerciale, vingt-huit ans
«Avant
de bosser en agence, j'imaginais des clients tombant de leur chaise en
voyant une créa. Mes collègues m'ont dit que ça n'arrivait jamais…»
Éva, directrice artistique, vingt-cinq ans
«La
pression du client, ça fait quand même avancer. On doit être un maximum
ingénieux et s'adapter pour arriver à ses fins.» Benoît, commercial,
vingt-six ans
«Je bosse depuis quatre ans et
je peux dire que les relations avec les annonceurs se sont dégradées
terriblement. Aujourd'hui, c'est la guerre.» Greg, commercial,
vingt-neuf ans
«Quand on arrive en agence,
on veut faire la pub qui nous ressemble. Malheureusement, les
annonceurs sont beaucoup trop frileux. C'est parfois frustrant.»
Laurent, concepteur-rédacteur, vingt-quatre ans
«Les
annonceurs ont une perception des agences très dégradée. Nous sommes
devenus pour eux des prestataires comme les autres : des exécutants
sans dimension de conseil.» Olivier, commercial, vingt-sept ans
«Nous
n'avons pas toujours la même perception du consommateur. Un choc des
cultures. C'est comme si l'agence était toujours fixée sur la demande
et les annonceurs toujours fixés sur l'offre.» Gregory, commercial,
vingt-quatre ans

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