En 2008, le chiffre d'affaires de Lagardère Active n'a crû que de 0,4 % à 2,1 milliards d'euros, la presse cédant 0,3 %. Le ralentissement de la croissance s'accélère-t-il en début d'année ?
Didier QUILLOT. — En France, Lagardère Active a connu une année 2008 plutôt bonne sur l'ensemble des médias, y compris au quatrième trimestre. La presse magazine s'est bien tenue, avec notamment les bonnes performances des titres Elle et Public. Nous avons même gagné des parts de marché publicitaire. La radio, tirée par Europe 1 et Virgin Radio, s'est aussi bien comportée. Enfin, les chaînes de la TNT, Gulli et Virgin 17, ont connu une croissance de plus de 100 %, et Internet a poursuivi sa progression à deux chiffres. En revanche, la presse magazine internationale a connu une dégradation de ses recettes publicitaires, en particulier en Espagne, en Italie et aux États-Unis. Ce recul de l'activité à l'étranger s'accélère en début d'année, hormis la Chine et le Royaume-Uni. Selon nos prévisions sur le premier trimestre 2009, les chiffres d'affaires publicitaires de la presse devraient reculer de 40 % en Espagne, de 30 % en Italie et aux États-Unis. De même, les recettes publicitaires de la presse et la radio en Russie devraient afficher une baisse de 20 %.
Un peu plus de la moitié de votre chiffre d'affaires est réalisé à l'étranger. Quel va être l'impact de la dégradation de la publicité, qui représente 60 % de vos revenus, sur votre résultat ?
Pour l'année 2008, les résultats du groupe seront présentés le 11 mars. Je ne peux pas commenter les chiffres avant. Pour 2009, la visibilité du chiffre d'affaires de Lagardère Active est très réduite. La baisse des recettes publicitaires du premier trimestre à l'international aura un impact significatif sur la profitabilité. Pour mémoire, 1 % de baisse du chiffre d'affaires publicitaire sur l'ensemble de Lagardère Active équivaut à 8 à 10 millions d'euros de résultat opérationnel en moins en année pleine. Cela, bien sûr, avant des mesures de réduction de coûts.
Quelles sont vos mesures de réduction de coûts ?
À l'échelle mondiale d'abord, nous allons revoir systématiquement à la baisse l'ensemble de nos frais généraux et autres charges, mais également geler les salaires et les embauches. Le groupe va réduire de 10 à 20 % ses effectifs en Espagne, en Italie ainsi qu'aux États-Unis, soit un total d'environ 250 personnes. Dans ces trois pays, nous avons déjà engagé aussi une nouvelle revue, cette fois légère, de notre portefeuille de titres. Enfin, nous avons décidé de décaler certains investissements éditoriaux et projets informatiques. Parallèlement, nous continuerons à investir là où nous détenons des positions de force et de leadership, en particulier en France. Par exemple, nous allons ainsi lancer en presse début mars l'édition du samedi du Journal du dimanche et, dans l'Internet, déployer Doctissimo en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie.
Crédit: le figaro
Source: lefigaro
Posté par Loïc MERCATI
Posté sur communication

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